L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureCrédit Mutuel : Nicolas Théry refuse un joli chèque
Le président du groupe mutualiste a décidé de quitter son poste le 4 avril dernier. Il a renoncé à toucher plusieurs millions d’euros d’indemnité.
La rémunération record du directeur général de Stellantis, Carlos Tavares - 36,5 millions d’euros au compteur -, a suscité un nouveau débat sur les émoluments des dirigeants des grands groupes français. Mais il en est un qui, plus discrètement, a refusé de toucher plusieurs millions d’euros lors de son départ surprise début avril. Le président de la banque Crédit Mutuel, Nicolas Théry, a choisi de ne pas profiter du dispositif d’indemnité de fin de mandat pourtant prévu depuis 2019 par le conseil d’administration du groupe, a appris l’Informé. Ce mécanisme lui assurait un montant équivalent à deux années de rémunération de mandataire social, soit 2,4 millions d’euros. Interrogé sur ce refus, le Crédit Mutuel nous indique que Nicolas Théry avait demandé à renoncer à ce droit dès 2022. « Le conseil a pris acte à l’unanimité de cette décision », indique l’établissement. L’ancien président n’a pas souhaité donner davantage d’explications à l’Informé.
Décidé à trouver un « autre équilibre personnel », selon une interview donnée au Figaro, Nicolas Théry a été remplacé à son poste par Daniel Baal pour devenir conseiller de la direction générale mais aussi président de la fondation du Crédit mutuel Alliance fédérale (soutien aux associations et ONG dans les territoires) et de la fondation du Crédit mutuel pour la lecture. Le quinquagénaire conserve également plusieurs fonctions à titre personnel : il est membre du comité d’éthique de la défense créé en 2020 ainsi que du conseil d’administration du musée Rodin. « C’est un patron de la nouvelle génération avec beaucoup d’éthique et qui fait les choses autrement, estime Vincent de La Vaissière, président du cabinet VcomV, qui publie chaque année un palmarès des patrons du CAC 40. Il ne fait pas partie des dirigeants voraces. »
D’ailleurs, l’ex président de la troisième banque française en termes de résultat net a gagné 923 000 euros l’an dernier, quand son homologue Jean-Laurent Bonnafé a touché 4,4 millions chez BNP Paribas (la première) et Philippe Brassac 2,6 millions d’euros au Crédit Agricole (la deuxième). Il n’a pas perçu non plus de clause de non-concurrence… contrairement à Frédéric Oudéa : lors de son départ l’an dernier de son poste de directeur général de la Société Générale, celui-ci a empoché six mois de salaire à ce titre, soit 650 000 euros.
Depuis sa démission, Nicolas Théry a reçu plusieurs sollicitations pour reprendre des responsabilités dans d’autres groupes mais il n’a pas donné suite pour l’instant. Classé à gauche, cet énarque avait rejoint le cabinet de Dominique Strauss-Kahn en 1997 alors ministre de l’économie et des finances. Il a également été secrétaire confédéral à la CFDT au début des années 2000.