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Finance - Conseil

Clearwater International : les dessous d’une transition avortée

La boutique de fusions-acquisitions subit, comme nombre de ses concurrentes, la chute du nombre de transactions. Une réduction d’un quart de ses effectifs est évoquée.

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La France n’échappe pas au marasme du marché du M&A, dont le volume a chuté de près de 20 % dans le monde en 2023. En première ligne, les banques d’affaires tentent de s’adapter à cette nouvelle donne, mais la réduction du gâteau des commissions suscite des tensions croissantes entre associés. Après ...

Ces trois démissions, révélées par Cfnews et le blog Opérations financières, pèsent lourd dans une boutique comptant une quarantaine de banquiers (avec dorénavant sept responsables). D’un point de vue opérationnel, ils avaient pris les commandes du directoire il y a plusieurs mois, en remplacement des fondateurs Laurent Camilli, Thomas Gaucher et Philippe Guezenec (devenu senior advisor l’année dernière). Cette passation devait être juridiquement gravée dans le marbre en janvier. « Ces départs sont le fait d’une erreur d’appréciation dont je porte la responsabilité, confie Laurent Camilli à l’Informé. La transmission est vraiment l’ADN de cette maison que nous avons créée en 2010 et je pensais qu’ils pouvaient en prendre les rênes, car ils le souhaitaient. D’ailleurs, un plan de rééquilibrage de l’actionnariat était prévu. » Mais rien ne s’est passé comme prévu. « Dès qu’ils ont été aux commandes, ils ne se sont pas entendus et l’ambiance s’est dégradée », relate le banquier, à la tête de près d’un tiers du capital de la boutique, aux côtés d’Arkéa (30 %) et de son associé Thomas Gaucher.

Pour beaucoup, l’élément déclencheur est avant tout la disproportion des commissions générées par Nicolas Saint-Pierre, qui ont représenté ces dernières années entre 30 et 35 % du total de la boutique (15 millions en tout l’an passé). Ce banquier, fin connaisseur de l’univers de la santé, contribuait donc bien plus que d’autres aux coûts de la structure. Pour certains, la présence d’Arkéa au capital aurait aussi été un frein à une remise à plat du partage de la valeur au sein de la boutique.

Et demain ? « Nous devons nous assurer de la continuité des prestations pour l’ensemble de nos clients, car la pérennité de la boutique dépend de leur satisfaction, priorise Laurent Camilli. Nous allons aussi nous concentrer sur les secteurs de la santé, des loisirs, des services financiers, de la tech et de l’immobilier. Nous avons des discussions avec de jeunes managing directors qui pourraient rejoindre l’aventure ». Interrogé sur les réductions d’effectifs, le cofondateur assure : « Nous souhaitons recompléter notre dispositif et n’avons pas vocation à réduire massivement la voilure (ndlr, une rumeur évoquait un recentrage autour de dix banquiers). »

L’an dernier, la quasi-totalité des banques de la place ont connu un fléchissement de leur activité. À titre d’exemple, Rothschild & Co a dû se séparer d’une quinzaine de banquiers (contre une dizaine en temps normal) fin 2023, tandis que nombre de gros établissements américains, dont Morgan Stanley et Goldman Sachs, ont préféré taire leurs départs en dépit de nos sollicitations.

Sollicités, Nicolas Saint-Pierre, Benjamin Zayat et Jonathan Bursztyn n’ont pas souhaité commenter nos informations.