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Finance - Conseil

La petite fortune payée par Axa IM pour s’offrir 100 % de Capza

L’opération intervient au moment même où l’assureur s’est engagé à céder l’intégralité de son activité de gestion d’actifs à BNP Paribas.

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Jeudi 1er août, Axa annonçait être entré en négociations exclusives avec BNP Paribas pour lui céder l’intégralité de son activité de gestion d’actifs. Une transaction à 5,4 milliards d’euros incluant toutes les filiales d’investissement de la compagnie d’assurance, dont Capza, bien connue dans le milieu du private equity et de la dette privée avec quelque 9 milliards d’euros d’actifs sous gestion. En marge de ce méga-deal, l’assureur en a aussi profité pour racheter la participation de 34 % que détenaient encore dans Capza son fondateur Christophe Karvelis ainsi que les associés Benoît Choppin, Guillaume de Jong et Maxence Radix. Une aubaine pour ces derniers, vu l’importance du chèque.

Selon nos informations, Axa IM a en effet valorisé la société de gestion près d’un demi-milliard d’euros lors de cette transaction. Un joli pactole pour une structure ayant affiché quelque 30 millions d’euros d’Ebitda l’an dernier. À titre de comparaison, le numéro 2 européen de l’assurance avait cédé sur un multiple environ deux fois moins élevé son ancienne branche private equity en 2013. Cette entité, devenue Ardian, avait été évaluée à 510 millions d’euros alors qu’elle affichait un résultat opérationnel de 59 millions, pour 24 milliards d’euros d’actifs sous gestion..

BNP Paribas a de grandes ambitions dans le non coté, « un domaine clé pour notre croissance » avait expliqué en juin aux Echos, le patron de l’activité de gestion d’actifs de la banque, Sandro Pierri. Dans le meilleur des cas, Capza peut espérer un important soutien financier de son futur propriétaire dans le cadre de ses prochaines levées de fonds, sachant qu’Axa IM se serait, pour sa part, engagée à verser le solde de l’enveloppe de 3,5 milliards d’euros promise en 2022, selon Cfnews. Or l’agenda est déjà bien chargé. L’an prochain, la société de gestion devrait s’atteler à la commercialisation de Capza 6 Flex Equity, le véhicule proposant des solutions de financement flexibles combinant capital, obligations convertibles et mezzanine. Le montant recherché pourrait être supérieur à 800 millions d’euros, contre 700 millions obtenus par le fonds de cinquième génération. Enfin, Capza devrait aussi démarrer la levée de son fonds Capza 7 Private Debt. Le précédent millésime affichait une capacité d’investissement de 2,5 milliards d’euros.

Reste que l’union entre Capza et BNP Paribas n’a rien d’une évidence. En sa qualité d’acteur historique de l’unitranche (un financement senior in fine bénéficiant d’une rémunération trimestrielle cash et, le cas échéant, d’intérêts capitalisés), le gérant s’est souvent illustré comme un féroce concurrent des établissements bancaires. La cohabitation n’est donc pas naturelle… Mais la banque de la rue d’Antin y réfléchit pourtant depuis longtemps. Cette réflexion s’est matérialisée par le souhait de lever un fonds unitranche d’un milliard d’euros, piloté par son responsable dette privée, Christophe Carrasco, comme l’a révélé Bloomberg en janvier. Avec l’intégration de Capza, l’existence même de ce projet semble donc compromise.

Pour nombre d’observateurs, la fin de l’indépendance de Capza pose aussi une autre difficulté : comment maintenir la motivation des associés, et donc à terme leur présence au sein de l’effectif (aujourd’hui constitué de 120 professionnels) ? Maxence Radix, qui vient de reprendre le flambeau opérationnel de Christophe Karvelis, ainsi que Benoît Choppin et Guillaume de Jongh ont vu leur fortune s’envoler avec le rachat de leur part. « Or ces investisseurs ont une fibre entrepreneuriale bien établie, estime une source. Ils travaillent depuis une dizaine d’années avec Axa mais qu’en sera-t-il avec BNP Paribas ? Le degré d’autonomie futur de Capza et le niveau d’incitation des packages seront déterminants. »

La mainmise des grands groupes sur des sociétés de gestion n’est jamais indolore. En 2021, alors qu’Axa s’apprêtait à prendre le contrôle de Capza, Dominique Gaillard avait pris le large, six mois seulement après son arrivée. Ce vétéran du private equity, ancien patron de l’activité buyout d’Ardian, avait été suivi dans la foulée par le directeur général de Capza, Laurent Bénard, tous deux partis créer une structure d’investissement, Armen. Sans lien avec les mouvements capitalistiques cette fois, la société de gestion a aussi perdu deux associés au sein de son équipe Flex Equity Mid-Market. Stéphanie Frachet est partie pour rejoindre Adagia Partners, tandis que Frédéric Chiche a été remercié. Des mouvements qui ont permis l’ascension de Marion de Bonneville au rang d’associée, aux côtés de Guillaume Basquin. Enfin, Oriane Benveniste Profichet n’est plus associée de l’expertise growth tech du gérant. Cette ancienne directrice associée de Cambon Partners, arrivée il y a deux ans chez Capza, a été à l’œuvre sur la fintech Sogexia, une opération bouclée au printemps.