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Continuer la lectureArdian cherche jusqu’à un milliard d’euros pour investir dans les semi-conducteurs
La firme de la place Vendôme a constitué une équipe de profils très expérimentés pour financer cette industrie.
À sujet stratégique, dispositif dédié. Selon nos informations, Ardian prépare la levée d’un fonds destiné à investir dans l’industrie des semi-conducteurs. L’objectif : empocher entre 500 millions et 1 milliard d’euros pour financer l’ensemble de la chaîne de valeur. Une diversification qui s’appuiera sur les ressources internes d’Ardian, déjà en charge de 150 milliards d’euros d’actifs, mais aussi sur une nouvelle équipe opérationnelle dédiée.
À la tête de cette task force, trois pointures du secteur : Paul Boudre, considéré comme l’artisan du redressement du spécialiste tricolore du silicium sur isolant Soitec, Christophe Duverne, ancien homme fort du fabricant français de micro-connecteurs pour cartes à puce Linxens, et enfin Helmut Gassel, qui pilotait jusqu’à peu la direction marketing du spécialiste allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies. A leurs côtés figurent aussi Thomas Pebay-Peyroula, ex-banquier de Rothschild & Co, et Lise Fauconnier, actuelle managing director de l’équipe LBO d’Ardian.
Évoluant au sein de la firme depuis 1998, cette proche de la présidente, Dominique Senequier, a été parfois pointée du doigt alors que certaines des participations qu’elle gérait ont rencontré des difficultés. Certains voient donc dans le transfert de cette professionnelle chevronnée une forme d’exfiltration. Pour d’autres, son transfert s’explique avant tout par ses liens historiques avec Christophe Duverne, qui pourraient être un élément clé à la cohésion de cette nouvelle équipe. Louise Fauconnier est notamment au board du spécialiste de la gestion multi-canal Staci, dont la vente à la Poste belge n’a finalement pas abouti, ainsi que du prestataire en ingénierie Expleo, fortement chahuté lors de la pandémie (mais en redressement rapide).
Ce fonds semi-conducteur d’Ardian démarre tout juste sa phase de commercialisation, à l’heure où les questions de souveraineté européenne préoccupent toutes les chancelleries du continent. En avril, le Conseil et le Parlement européens sont parvenus à un accord sur le Chips Act avec l’ambition de doubler notre part de marché mondiale dans ce secteur, pour atteindre 20 % d’ici 2030. Une feuille de route dotée d’une enveloppe de 43 milliards d’euros d’investissements privés et publics. Au printemps, l’Union européenne a aussi levé le voile sur son Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC), chiffré à environ 22 milliards d’euros. Des montants colossaux devant permettre de faire émerger des projets sur tout le continent.