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Continuer la lectureVélos en libre-service : la nouvelle bataille de Paris
Face aux deux entreprises de vélos électriques partagés déjà installées, Lime et Dott, les candidatures se sont multipliées cet automne pour décrocher les trois licences mises en jeu par les services d’Anne Hidalgo.
Les lauréats devaient être connus en fin d’année dernière, mais le suspense va finalement durer quelques mois encore. La Mairie de Paris se donne plus de temps que prévu pour étudier les dossiers des candidats qui se sont positionnés pour opérer le juteux marché parisien des vélos électriques en libre-service. Trois licences sont en jeu : à côté du service Vélib’ (dont les vélos sont rangés dans des arches), Anne Hidalgo prévoit de confier à chaque opérateur retenu le droit de déployer dans les rues de la capitale 3 000 à 6 000 engins pendant quatre ans, contre une redevance minimale de 25 euros par bicyclette et par an. A la date limite de dépôt des offres, le 31 juillet dernier, pas moins de onze acteurs s’étaient manifestés auprès de l’Hôtel de ville mais ils ne sont désormais plus que dix, selon nos informations. Parmi eux, les deux opérateurs actuels, l’américain Lime et le franco-allemand Dott (qui a racheté Tier il y a un an) restent bien sûr dans la course pour tenter de conserver leur présence à Paris. Ils ont actuellement l’autorisation d’y exploiter 9 000 vélos chacun.
Face à eux, le français Pony espère conquérir la capitale avec son original vélo électrique biplace, tout comme l’anglais Forest, qui a déjà vigoureusement attaqué le marché londonien en offrant 10 minutes de déplacement gratuites par jour. Selon nos informations, le suédois Voi Technology, déjà présent à Marseille avec ses trottinettes en free floating, compte aussi se déployer à Paris. Fondée en 2018, la société présente dans une centaine de villes (dont Saint-Quentin et Le Havre) vient d’annoncer un premier résultat d’exploitation positif sur son exercice 2024 (à 17,2 millions d’euros).
Surprise en revanche, le chinois Hellobike, qui avait annoncé de façon tonitruante cet automne qu’il allait « envahir » la France avec ses vélos, a abandonné en cours de route et ne sera pas candidat, selon nos informations. Son actionnaire, le groupe HelloRide, basé à Hong Kong, a déjà déployé ses vélos et trottinettes électriques à Singapour et à Sidney. Soutenue par le géant Alibaba, la start-up affiche 1,8 milliard de dollars de chiffre d’affaires, en partie dans les services (location de batteries, covoiturage, …).
« Le groupe a momentanément suspendu son expansion en Europe », indique une source au fait du dossier, sans vouloir donner plus d’explications. Hellobike misait pourtant gros sur l’appel à projet parisien pour effectuer une première percée sur le Vieux Continent. Des compétitions en cours à Barcelone et Séville devaient aussi être suivies par d’autres villes françaises. Son retrait rappelle ceux de ses compatriotes Ofo et Mobike en 2017 : ils avaient saturé les rues parisiennes de leurs trottinettes, avant de couper leurs opérations du jour au lendemain, sans prévenir leurs équipes.
Ce repli inattendu explique en partie le retard pris par la Mairie de Paris dans le processus de sélection. Après un oral de présentation devant ses services en octobre, les édiles ont invité les candidats à déposer une deuxième offre début janvier. « Étant donné l’ambiance crépusculaire qui règne actuellement à l’Hôtel de Ville, avec la multiplication des candidatures au sein de la majorité pour les municipales de 2026, Anne Hidalgo ne devrait pas repousser les deux opérateurs actuels, Lime et Dott, qui ont un bon niveau de service, estime un proche du dossier. Reste donc une seule place à prendre pour la dizaine de candidats. » Les lauréats devraient être désignés en avril.