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Continuer la lecturePrix des bornes, fonctionnalités… les contours de la R5 électrique se précisent
Bornes de recharge bidirectionnelles, assistant à la conduite personnalisé par intelligence artificielle… le patron de Renault Luca de Meo table sur plusieurs innovations pour assurer le succès de son futur blockbuster.
« Faire vite, pas cher et le plus possible Made in France ». C’est l’injonction, paradoxale pour certains, qu’avait donnée la direction de Renault aux équipes chargées de concevoir le futur blockbuster du groupe : la R5 100 % électrique. Après plus de quatre ans de travail, cette déclinaison verte de l’iconique modèle des années 1970 sera enfin lancée à l’automne 2024. Produits dans l’usine de Douai (Nord), les premiers exemplaires seront commercialisés à partir de 25 000 euros. De quoi placer la R5 en bonne position face à ses futures rivales : Peugeot e-208, l’ë-C3 de Citroën et la ID.2 de Volkswagen.
C’est dès février que sera révélé ce modèle stratégique sur lequel mise la marque au Losange pour asseoir sa légitimité dans l’électrique. Luca de Meo, PDG du groupe, pourrait en faire l’attraction principale de la prochaine édition du Salon automobile de Genève, prévu du 26 février au 3 mars. Outre les lignes et les couleurs de la future citadine électrique, il dévoilera aussi à cette occasion une flopée de nouveaux services maison. À commencer par des bornes de recharge à domicile : ces « Mobilize Powerbox » seront proposées à tous les acheteurs de Scénic-E-tech, Megane E-tech, et autres R5 électriques. Présentées à l’état de prototype au Salon de l’Auto de Paris en 2022, elles seront commercialisées par la filiale Mobilize, dédiée au financement de l’achat d’un véhicule.
Avec une puissance allant de 7 à 22 kW, ces bornes dites bidirectionnelles assureront une double fonction : elles chargeront le véhicule durant les heures creuses et permettront, aussi, d’utiliser la batterie pour assurer les besoins de consommation du foyer en électricité, aux moments de la journée où les tarifs se font plus élevés. « La voiture devient votre fournisseur d’électricité pas chère, résume un expert chez Renault. Un véhicule représente entre trois et cinq jours de consommation électrique d’une maison moyenne. »
Pour convaincre le public, le groupe mise sur une borne parmi les moins chères du marché, même si elle sera fabriquée en France. Selon nos informations, Renault a fixé un prix autour de 600 euros, inférieur de 20 % aux solutions chinoises équivalentes produites en Chine. Produites par le spécialiste de l’électronique Lacroix dans sa nouvelle usine de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire). La borne disposera d’un design et de fonctionnalités mis au point par une équipe d’une vingtaine de personnes, réunies sous l’étendard de la Software République, l’incubateur des mobilités intelligentes lancé par Renault avec Atos, Dassault Systèmes, Orange, STMicroelectronics et Thales.
La révélation de la R5 sera aussi, pour Renault, l’occasion de présenter son assistant virtuel « Reno ». Installé sur le tableau de bord électronique, cet avatar interactif doit « faire découvrir les nouvelles fonctionnalités au moment où elles sont le plus utiles, comme proposer le désembuage du pare-brise quand cela s’avère opportun, etc., explique un des experts de Renault, pas peu fier d’avoir finalisé le logiciel en seulement 15 mois. Fonctionnant avec de l’intelligence artificielle, il proposera beaucoup plus d’applications que le système d’exploitation (Android Auto) de Google, lequel restera accessible si besoin. »
Enfin, la nouvelle Renault 5 pourrait intégrer un nouveau logiciel d’alerte contre la somnolence au volant, selon nos informations. L’outil a, lui aussi, été développé en interne, au sein de Software République. L’incubateur a fait appel pour ce projet à deux start-ups : Core for Tech, une entreprise lilloise de deep tech qui mesure et estime la somnolence via les montres connectées, et CommuniThings, un spécialiste du guidage sur voirie et du contrôle du stationnement. Le logiciel devrait utiliser des caméras internes à la voiture pour alerter le conducteur sur son état de fatigue, avant qu’il ne devienne trop dangereux. L’écosystème Software République travaille aussi sur de nombreuses autres applications comme la reconnaissance biométrique des conducteurs ou la cybersécurité des communications du véhicule. « Le principe est de s’entourer des meilleurs de chaque spécialité pour que les futures Renault électriques soient à la pointe de la technologie, mais aussi que les plateformes logicielles puissent être commercialisées par la suite auprès d’autres marques automobiles » précise un membre du consortium.