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Continuer la lectureMoteurs PureTech : Stellantis accepte d’engager des négociations avec 4 800 plaignants
Ces propriétaires de Peugeot, Citroën et Opel, victimes de problèmes mécaniques de leur moteur 1.2 PureTech, ont rejoint l’action collective pour obtenir une indemnisation ou une prise en charge des coûts de réparation.
Face à la mobilisation, Stellantis ouvre la voie aux négociations. Depuis 10 ans maintenant, des propriétaires de Peugeot 308, Citroën C3 Aircross, DS 3 Crossback et autres Opel Moka se plaignent de défaillances de leurs moteurs, la version EB2 du trois-cylindres 1.2 PureTech. Alors qu’une action collective vient de réunir 4 800 victimes de défaillances en moins de trois mois, Stellantis fait enfin un premier pas. Même s’il ne reconnaît pour l’instant aucun problème de conception, le constructeur a répondu positivement au courrier adressé le 1er février par l’avocat Christophe Lèguevaques, qui représente les victimes de ce « motorgate ».
La missive réclamait l’ouverture de négociations avec le constructeur des marques Peugeot, Citroën, DS et Opel, dont de nombreux modèles incorporaient à partir de 2013 le bloc-moteur défaillant. Le moteur 1.2 PureTech a beau avoir été élu quatre années consécutives « moteur de l’année » (en 2015, 2016, 2017 et 2018), il rencontre de multiples déboires. Le problème majeur provient de la configuration même du moteur, où la courroie de distribution baigne dans l’huile du carter, entraînant une usure accélérée et un risque de casse du moteur. Un encrassement de la culasse a aussi été remarqué provoquant des à-coups intempestifs pendant la conduite. Sur la page Facebook de l’Association des victimes du PureTech, qui compte 25 000 membres, plusieurs propriétaires notent également une surconsommation d’huile, nécessitant des remplissages fréquents.
« Les trois directeurs généraux des marques Peugeot, Citroën et Opel ont répondu à notre lettre du 1er février par laquelle nous proposions l’ouverture d’un dialogue », confirme Me Christophe Lèguevaques. Cette bonne volonté affichée est une étape importante. Le groupe Stellantis affirme être dans un état d’esprit constructif ». Dans le cas où aucune réponse n’aurait été donnée, l’avocat aurait engagé une première action judiciaire ces prochains jours. Elle aurait pris la forme d’une mise en demeure contraignant l’industriel à communiquer les documents internes identifiés comme nécessaires pour prouver la malfaçon technique du moteur PureTech.
Face à une action collective qui réunit près de 5 000 victimes, le groupe franco-italo-américain a finalement préféré engager un dialogue. La colère des consommateurs, très visible sur les réseaux sociaux, a sûrement joué. En tentant une négociation, Stellantis vise aussi une meilleure maîtrise de son image, alors que tous les constructeurs multiplient nouveaux modèles en lien avec la montée en puissance des motorisations électriques et hybrides. Non seulement une procédure judiciaire serait longue et coûteuse pour le constructeur, mais elle ferait aussi porter un risque réputationnel important pour ses marques.
Stellantis semble d’ailleurs se préparer ces derniers temps à un rappel large du moteur défectueux : il a rehaussé mi-février les capacités de production de son usine de Vesoul (Haute-Saône), spécialisée dans la production de moteurs de rechange, ainsi que l’a remarqué l’Argus de l’automobile. Les défaillances du moteur PureTech concerneraient près de 500 000 véhicules en Europe. « Nous sommes en contact avec des avocats en Espagne, en Italie, en Suisse et en Allemagne, indique Me Christophe Lèguevaques. Notre action collective peut très rapidement être rejointe par 10 000 propriétaires en Europe ». Stellantis a déjà effectué un rappel en janvier 2021 pour 220 000 véhicules produits entre 2013 et 2017. Mais il visait à corriger des problèmes d’assistance au freinage et pas ceux liés au moteur PureTech.
Contacté, Stellantis n’était pas en mesure de répondre à l’heure de la publication de l’article.