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L’avocat star avait pété les plombs à l’embarquement, l’employée d’Air France contre-attaque

Une salariée de la compagnie aérienne avait déposé plainte contre le ténor du barreau Pierre-Olivier Sur, l’accusant de violence, injure publique et menace. Elle relance le dossier.

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JOEL SAGET / AFP

Mise à jour du 9 janvier 2023 : lors de l’audience de ce jour, un nouvelle audience a été fixée au 16 mars, de nouveau pour déterminer une date d’audience sur le fond.

Une colère noire en plein aéroport de Roissy. Voilà l’origine de l’affaire qui oppose une employée d’Air France à un ténor du barreau, Pierre-Olivier Sur. Il y a quatre ans, l’ancien bâtonnier de Paris, célèbre avocat d’Isabelle Balkany, Gérarld Darmanin ou encore Laura Smet, a perdu ses nerfs lorsque la membre de la compagnie aérienne a refusé que sa femme n’embarque, à cause d’un problème de papiers d’identité. Cet emportement lui a valu un rappel à la loi pour injure publique en juin 2019. Alors que le dossier semblait en sommeil, il a récemment connu un rebondissement. L’Informé révèle que l’employée d’Air France - qui exerçait la fonction de « leader passage » à l’époque - a déposé une citation directe devant le tribunal correctionnel de Bobigny à l’encontre de Pierre-Olivier Sur. Selon nos informations, elle demande à l’instance de le condamner pour violence, injure publique, menace et intimidation. Une audience de fixation de la consignation se tiendra lundi 9 janvier, pour fixer la date à laquelle l’affaire devrait être jugée sur le fond.

Les faits dénoncés se sont déroulés le 4 octobre 2018 à l’aéroport de Roissy, comme l’avait révélé Le Parisien. Vers 7 heures, alors que l’embarquement sur le vol pour Toulon est en cours, Julie (*), membre de la compagnie Air France, est appelée pour régler un incident. Une des passagères présente une pièce d’identité qui comporte son nom de jeune fille, différent de celui mentionné sur sa carte d’embarquement. Il s’agit de l’épouse de Pierre-Olivier Sur. Celui-ci commence à s’en mêler et, selon le récit de l’hôtesse, tape violemment sur le comptoir en arguant : « Ce n’est pas possible, vous ne savez pas qui je suis ». La supérieure de Julie confirme que l’accès à bord est impossible, ce qui ne calme pas l’avocat. Il aurait alors tambouriné à la porte d’accès du tarmac, déclenchant ainsi l’alarme incendie. Puis il se serait mis nez à nez avec la plaignante tétanisée en hurlant « Vous ne savez pas qui je suis, je vais avoir votre tête » et en la traitant de « débile » et d’« incompétente ».

Rappel à la loi

Un collègue doit s’interposer. Pierre-Olivier Sur aurait alors donné un coup de pied dans une barrière. L’incident conduira à l’intervention des forces de police et entraînera un léger retard sur le vol. Julie, de son côté, fait état de conséquences plus graves. Choquée par la scène, elle subirait des retombées psychologiques nécessitant la prise d’un traitement médical. L’altercation a été classée comme un accident du travail et elle a été déclarée inapte à son poste. Selon nos informations, elle n’est plus amenée à côtoyer du  public dans ses nouvelles fonctions.

La collaboratrice d’Air France a porté plainte contre l’ancien bâtonnier en 2018 : celui-ci a écopé l’année suivante d’un rappel à la loi, seulement pour le chef d’injure publique. Selon nos informations, l’avocat a nié, devant les enquêteurs, avoir insulté l’hôtesse ou tenté d’abuser de sa position pour faire embarquer son épouse, tout en faisant part de ses regrets. Julie a ensuite déposé une procédure avec constitution de partie civile, en 2020, auprès du tribunal de Bobigny.

La citation directe que révèle L’Informé est une autre voie, qui permet à la victime d’une infraction de saisir directement le tribunal correctionnel pour que le mis en cause soit convoqué devant la justice. Une manière d’accélérer le dossier. « L’infraction n’est pas établie. Il s’agit d’un dossier totalement monté en épingle, vieux de quatre ans, destiné à nuire à l’image du bâtonnier Sur. Cette affaire n’est pas sérieuse et fait office de règlement de compte. Nous le démontrerons », dit à L’Informé l’avocate de Pierre-Olivier Sur, avant d’expliquer qu’elle réserve ses « explications détaillées pour le tribunal ». Son client n’a pas souhaité nous répondre. Quant au représentant de la plaignante, il a refusé de commenter l’affaire.

*Le prénom a été modifié