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Continuer la lectureVinci Énergies et la CDC vendent l’opérateur télécoms Soon THD
Cet opérateur régional pour les professionnels dispose de son propre réseau de fibre optique. Il couvre neuf zones urbaines en France.
Nouveau rachat dans les réseaux de fibre optique. Selon nos informations, l’opérateur télécoms régional Soon THD est sur le point d’être racheté par Infra-Corp, un spécialiste des infrastructures (raccordement aux réseaux de gaz et électricité avec les éoliennes…). Jusqu’ici détenue par Vinci Énergie...
Cette opération d’un montant non communiqué - où les deux vendeurs étaient conseillés par la banque d’affaires Prisma Advisory - devrait s’achever au premier trimestre 2025. Elle va permettre à Infra-Corp de renforcer la présence en région de sa filiale Prizz Telecom. Celle-ci est aujourd’hui déjà présente en Centre-Val de Loire, en Île-de-France ainsi que dans les départements du Var et du Rhône. Mais ce n’est pas la seule acquisition en cours pour Infra-Corp. Selon nos informations, l’entreprise est aussi sur le point de boucler celle d’Infralis, un autre opérateur régional, basé dans le Doubs et disposant de près de 800 kilomètres de fibre optique. Ce dernier revendique près de 500 clients pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 millions d’euros. Contacté, aucun dirigeant de Netalis, maison mère d’Infralis, n’a répondu à nos sollicitations, mais un indice pourtant laissait présager une vente. L’entreprise a annoncé se scinder en deux avec les infrastructures réseaux d’un côté (Infralis) pour rechercher un partenaire et les services de l’autre avec le cloud et les calculs intensifs pour l’intelligence artificielle (Netalis Proxim AI). Pour ce faire, elle s’est associée au luxembourgeois Gcore, un spécialiste de l’IA.
Ces deux acquisitions doivent être validées par la direction du Trésor à Bercy car les réseaux de communications électroniques font partie des secteurs protégés dans lesquels les investissements étrangers sont soumis à une autorisation préalable. En effet, le fonds suisse Quaero Capital possède 49 % d’Infra-Corp depuis 2021 et la société compte un autre actionnaire helvète, CEH (Clean Energies Holding) aux côtés de ses fondateurs. Déjà, le dossier Infralis aurait reçu le feu vert de Bercy fin novembre. Contacté, Sébastien Horlait, directeur général d’Infra-Corp indique ne pas vouloir faire de commentaire tant que les deux dossiers ne sont pas bouclés. Et d’ajouter, « il n’est pas impossible que nous réalisions d’autres acquisitions à l’avenir ».
Ces rachats surviennent dans un contexte compliqué. L’objectif de couverture totale du territoire en fibre optique fixée par l’Etat pour 2025 risque de ne pas être tenu car il reste à financer des raccordements complexes à réaliser dans des zones peu rentables pour les opérateurs. Les récentes hausses de prix pour l’accès aux infrastructures d’Orange (les fourreaux dans lesquels transite la fibre optique) n’arrangent rien. Très contestée par les opérateurs alternatifs, cette hausse a été entérinée par le gendarme des télécoms, l’Arcep. Dans une récente étude, InfraNum, regroupant les industriels des infrastructures numériques en France, soulignait que « 75 % des entreprises françaises sont désormais raccordées à la fibre, un chiffre en apparence encourageant. Cependant, cette progression reste limitée avec seulement +12 % d’entreprises supplémentaires qui ont migré vers la fibre cette année ».
Le temps presse. Dès 2025, Orange va commencer à fermer son vieux réseau téléphonique utilisé pour les offres ADSL et il devra être complètement éteint d’ici à 2030.