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TikTok France nomme un nouveau président sous la pression du Sénat

Cette nomination arrive après la publication du rapport d’enquête de la commission sénatoriale sur la stratégie d’influence du réseau social dans l’Hexagone. En cause : sa proximité avec Pékin.

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JAKUB PORZYCKI / NurPhoto via AFP

Changement de taille chez TikTok France. Zhao Tian vient de céder sa place à l’américain Adam Presser, a appris l’Informé. Un mouvement très politique car la présidente de la filiale hexagonale avait fait l’objet de nombreuses interrogations en juin dernier de la part de la commission d’enquête sénat...

Invitée à s’exprimer devant la commission en visioconférence, la dirigeante n’avait pas donné suite. Le directeur des affaires publiques du réseau social en France, Eric Garandeau, avait dû se défendre expliquant qu’elle « n’a jamais eu la moindre responsabilité dans TikTok SAS (...) Nous ne l’avons jamais rencontrée. » Après l’audition, il a fait savoir « qu’un nouveau président, européen, allait remplacer Mme Zhao Tian (...) en raison des inquiétudes manifestées », peut-on lire dans le rapport sénatorial.

C’est désormais chose faite. Mais c’est en réalité l’américain Adam Presser, basé à Los Angeles, qui vient de la remplacer en ce mois d’août et non pas un Européen. Et on ne risque pas de le voir plus souvent à Paris que sa prédécesseure puisqu’il a été nommé en juin responsable des opérations du groupe au niveau mondial, en remplacement de Vanessa Pappas, dans le cadre d’une vaste réorganisation. Diplômé des universités de Yale et d’Harvard, cet ancien vice-président de Warner Bros. Entertainment parle couramment le mandarin et a travaillé par le passé en Chine. De quoi rassurer ? Pas vraiment. « Cela démontre que la France reste une succursale gérée depuis les États-Unis et ne répond donc en rien à nos demandes, juge le sénateur Claude Malhuret. Nous n’avons toujours pas de réponse sur le fonctionnement de l’algorithme de TikTok, rédigé par des ingénieurs chinois qui sont contraints de répondre aux injonctions de leurs autorités. Tant que cela durera, les problèmes demeureront. »

Interrogée, la filiale du groupe Bytedance n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication. Ce changement de direction intervient au moment où elle suscite de plus en plus de méfiance sur la gestion des données personnelles collectées et les risques d’accès par les autorités chinoises à des informations sensibles. Récemment, la Commission européenne a interdit à ses fonctionnaires d’installer cette application, tout comme le Royaume-Uni et la Maison Blanche qui a initié ce mouvement avec les agences fédérales américaines. En France, la décision a été prise en mars.  « Il nous faut prévenir de tout détournement de TikTok à des fins d’exploitation des données, de rivalité ou d’ingérence. C’est en ce sens que nous avons pris la décision d’interdire l’installation d’applications récréatives sur les téléphones professionnels des agents de l’État », a indiqué Jean-Noël Barrot, ministre délégué de la transition numérique.

Avec plus de 150 millions d’utilisateurs en Europe, l’application adulée des jeunes va aussi devoir se conformer au Digital Services Act (DSA) entré en vigueur le 25 août. Ce règlement européen fait peser de nouvelles responsabilités aux grandes plateformes sur Internet concernant la modération des contenus ou encore la transparence de leurs algorithmes. Dans l’Hexagone, TikTok a enregistré en moyenne 23 millions de visiteurs uniques par mois en mai dernier selon Médiamétrie/NetRatings, le classant au 13e rang des marques les plus fréquentées.