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Le fils de l’ex-secrétaire général de l’Élysée lance un nouveau réseau social politique

La start-up Agora Nova, présidée par Cyprien Kohler, travaille sur une application numérique destinée aux élus, aux médias et aux citoyens. Une première levée de fonds est prévue dans les prochaines semaines.

L’application numérique Agora, ouverte aux élus, aux médias et aux citoyens est destinée à favoriser le débat public.
L’application numérique Agora, ouverte aux élus, aux médias et aux citoyens est destinée à favoriser le débat public. ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP

Un nouveau « réseau social éthique, transparent et souverain » dédié à la politique tricolore… Le projet porté par Agora Nova n’est pour l’heure qu’un simple site web présentant les grandes lignes d’une future plateforme de civic tech. Mais la jeune entreprise, créée en 2025 par Cyprien Kohler - le fils de l’ancien secrétaire général de l’Élysée et actuel DG adjoint de la Société générale Alexis Kohler -, et ses deux associés, Alexander Hoffmann et Wladimir de Polignac, planche activement sur le développement de son produit phare : Agora, une application numérique « dédiée au débat public, à l’expression citoyenne et à la compréhension des enjeux politiques, ouvert aux élus, aux médias et aux citoyens ». Une levée de fonds doit être finalisée dans les prochains jours. Le quatrième cofondateur Warren Tenektzian ajoutera 55 000 euros aux 10 000 rassemblés par les trois autres. Elle devrait permettre au quatuor d’accélérer le lancement, prévu en juin.

Les jeunes associés - dont le benjamin Cyprien Kohler, toujours lycéen, a 18 ans et le plus âgé, Alexander Hoffmann, 28 ans - croient dur comme fer à la nécessité de disposer en Europe d’un « outil technologique au service de l’intérêt général ». « Nous avons besoin d’un réseau social souverain pour ne plus subir les effets pervers des réseaux existants, avec leurs risques d’ingérence étrangères, sur des aspects aussi cruciaux que la vie politique d’un pays ou les élections, justifie Cyprien Kohler. Au-delà des clivages politiques, disposer d’un espace de débat numérique intègre est un enjeu démocratique fondamental. »

L’application, en cours de développement, est pensée comme un outil de rencontre entre les citoyens, les médias et le monde politique. Les premiers y trouveraient un espace de débat et d’informations, les seconds un lieu pour poster leurs articles, positionner leurs titres et faire valoir leurs contenus tandis que les troisièmes pourraient y présenter leur programme et leurs actions. En plus des fonctionnalités classiques des réseaux sociaux (messagerie, boucles de discussion), la plateforme entend permettre la « territorialisation des contenus ». En clair, mettre à disposition des utilisateurs des informations venant de tous les échelons politiques, du niveau local au national. « On souhaite qu’Agora puisse par exemple devenir un outil pour les collectivités locales ou les communes, qui ont parfois peu de moyens, d’échanger directement avec leurs administrés sur leurs actions », explique Cyprien Kohler. Un espace « élections », proposant programmes des partis et autres quiz destinés à aider les citoyens à faire leur choix, et un espace « calendrier », recensant les grands débats parlementaires ou les décisions de l’exécutif, doivent compléter l’offre.

La plateforme prévoit aussi quelques filtres pour contenir d’éventuels débordements : les journalistes devront communiquer leur carte de presse, les élus leurs attestations de mandats et les contributeurs les plus actifs leur carte d’identité. « La fournir ne sera pas obligatoire mais pour avoir accès à l’ensemble des fonctionnalités, être visible et influent dans le fil d’Agora, il le faudra », précise Cyprien Kohler. Souveraineté oblige, Agora Nova promet d’héberger ses infrastructures techniques et ses données chez des prestataires français ou européens comme OVH ou Scaleway et d’opter pour les outils d’IA du français Mistral AI. Sur le volet logiciel, Agora Nova travaille avec Hoffmann.AI, la société d’Alexander Hoffmann, spécialisée dans les outils d’intelligence artificielle.

Pour l’instant, Agora Nova fonctionne sur ses fonds propres. La tournée des investisseurs « français ou européens » devrait donc se poursuivre. Avec, en vue, des fonds comme Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel [actionnaire de l’Informé, ndlr] ou Bpifrance. Et, en toile de fond, la volonté de ne « pas recevoir d’argent de personnes engagées politiquement » - allusion à peine voilée au milliardaire Pierre-Edouard Stérin, réputé proche de l’extrême droite.

Agora, dont l’accès sera gratuit, mise aussi à terme sur la monétisation de certains services comme l’organisation de sondages. Des abonnements « premium » comme sur X ou Linkedin, des posts sponsorisés ou encore des services payants pour les médias, qui voudraient mettre en avant leurs émissions politiques ou leurs débats dans le calendrier de l’application, font aussi partie des pistes. Prochaine étape pour Agora Nova, le recrutement du designer - et futur nouvel associé - Thomas Couëlle, avant le démarrage d’une campagne d’invitations massive auprès des politiques et des journalistes en vue de garnir sa base d’utilisateurs.