Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Tech - Télécom

Francis Joyaud (Hartwood) veut sauver Bugali et sa tablette de lecture pour enfants

Déjà actionnaire de la start-up, sous redressement judiciaire depuis trois mois, l’investisseur croit possible de relancer Bugali en diminuant les coûts.

Photo
Bugali

Il y a deux ans, Bugali avait fait le voyage à Las Vegas pour présenter sa console de lecture pour enfants (de 18 mois à 8 ans) au Consumer Electronics Show (CES), le rendez-vous mondial des nouveautés dans l’électronique. Cette trouvaille permet de connecter un livre d’apparence classique pour qu’il soit lu automatiquement et devienne interactif. Une innovation qui a convaincu des éditeurs comme Gallimard, Fleurus, ou Albin Michel d’adapter une cinquantaine d’œuvres et s’est retrouvée référencée chez les plus grands distributeurs, de la Fnac à Cultura. Malheureusement, alors que l’édition 2025 du CES américain se termine dans quelques jours, Bugali a d’autres chats à fouetter cette année. La société parisienne est en redressement judiciaire depuis mi-octobre 2024, et, compte tenu des pertes financières accumulées depuis sa création, en 2019, et du manque de cash, l’administrateur croit peu en une relance sans changement de contrôle : il cherche des candidats à sa reprise, dans le cadre d’un plan de cession des activités.

Pour l’instant, un unique prétendant s’est manifesté : Francis Joyaud. Cet investisseur de la tech (The Exploration Company, Systra, OpenEat, Biscornu, KillBills…) est le seul à avoir déposé un dossier via sa holding Jeweld, propriétaire du groupe de conseil et d’ingénierie Hartwood, déjà actionnaire à 22 % de la start-up. Depuis son entrée au capital, Hartwood a déjà débloqué 7 millions d’euros pour aider Bugali à assembler en France ses milliers de consoles sans écran, précise le dossier d’offre. « Parmi la quinzaine d’actionnaires, je suis au troisième rang, derrière les deux fondateurs », indique Francis Joyaud. Ce produit est sympa et je suis convaincu qu’il a toute sa place sur le marché. « À l’écouter, c’est le business model qui doit être repensé. « La console a été conçue très haut de gamme, ce qui explique son prix (NDLR : 149 euros, avec un pack de 2 livres au lancement) et oblige à écouler beaucoup de livres pour commencer à gagner de l’argent, explique le candidat. L’enjeu est donc de baisser le coût de production et rendre Bugali plus mass market, plus ludique. » Un vrai défi dans un secteur où seul VTech et sa tablette Storio a réussi à percer.

Le dirigeant propose pour l’instant de reprendre Bugali pour 16 000 euros, avec 6 des 7 salariés qui y travaillent encore. Mais sans les fondateurs, Emmanuelle Duez et François Hisquin. « Notre prix tient compte des congés payés des salariés et du stock de livres, repris à environ 20 % de leur valeur », souligne Francis Joyaud. « Mais sans le stock de 11 000 consoles assemblées que détient l’usine, qui n’a pas été payée, précise Francis Joyaud. Je discute avec l’industriel pour un rachat en gré à gré, si mon offre est retenue par le tribunal de commerce de Paris. Et je me suis engagé à payer le renouvellement de brevets dans ce cas. » Contactée, l’équipe de Bugali ne souhaite pas faire de commentaires pour l’instant.