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États-Unis, Sotheby’s, Allemagne, SFR… l’affaire Armando Pereira s’étend à tout l’empire Drahi

Suite de notre enquête sur Armando Pereira. Loin de se limiter au Portugal, le dirigeant mis en examen pour corruption a placé ses proches et ses fournisseurs « amis » dans quasiment toutes les sociétés de Patrick Drahi.

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ERIC PIERMONT / AFP

À en croire les spécialistes de la communication de crise, quand un scandale éclate, il faut d’emblée dire toute la vérité pour crever l’abcès et passer le plus rapidement possible à autre chose. Pas sûr que ce soit la stratégie choisie par Altice… Depuis qu’Armando Pereira a été a été mis en examen par la justice portugaise pour « corruption et blanchiment », le groupe de Patrick Drahi a surtout voulu minimiser l’affaire. Il a prétendu que son ancien n° 2 n’était plus ni dirigeant ni actionnaire (ce que l’intéressé a contredit lui-même), juré que la direction ignorait tout de ses pratiques (ce que les syndicats ont démenti), et assuré que la fraude était limitée à un « petit groupe d’individus ». SFR s’est même séparé du cousin du gendre d’Armando Pereira en expliquant que ce départ était volontaire et sans lien avec l’affaire, une version qui n’a pas convaincu grand monde…

Entre autres éléments de communication, le groupe tente de faire passer une dernière idée forte : la fraude présumée est circonscrite au Portugal. Mais à y regarder de près, une autre réalité s’impose : SFR, Altice USA, Sotheby’s… si les combines sont avérées, elles toucheraient quasiment tout l’empire de Patrick Drahi. Armando Pereira est accusé par les enquêteurs d’avoir imposé des fournisseurs « amis » qui lui reversaient en retour de l’argent ou des avantages ? Selon nos informations, on retrouve ces prestataires un peu partout chez Altice : en Allemagne, en République dominicaine ou encore aux États-Unis. Avec un personnage central au cœur de ce système : Hernani Vaz Antunes, lui aussi mis en examen par la justice portugaise. Ce proche d’Armando Pereira est actionnaire d’au moins huit fournisseurs du groupe de télécoms : ITCenter/Shar, Winprovit (*), Tirion, Edge Technology, DGTechnik, Tnord Tech, Sadotel et Excell Communications. Et son bras droit, Alvaro Gil Loureiro, apparaît en outre propriétaire de trois prestataires supplémentaires (Smartdev, JSC France et One Repair). Des sociétés qui ont - notamment - déployé la fibre optique du groupe en Allemagne, rénové ses boutiques aux États-Unis ou construit les studios de BFM en France… Inventaire (détaillé).

PereiraGate : le résumé de l’affaire et de nos révélations

Le Portugais Armando Pereira a cofondé Altice en 2002 avec Patrick Drahi. Il s’est ensuite associé aux différentes aventures du polytechnicien (Altice USA, Sotheby’s…). Il est resté actionnaire de ces différentes sociétés via un mécanisme opaque de fiducies. Devenu bras droit de Patrick Drahi, avec la haute main sur les achats, il a fait pression sur les fournisseurs pour obtenir des prix moins élevés.  

Mi-juillet, Armando Pereira a été arrêté puis mis en examen au Portugal pour “blanchiment, corruption et fraude fiscale”. Les enquêteurs l’accusent d’avoir imposé chez Altice des prestataires détenus par ses amis, qui en retour lui reversaient de l’argent ou des avantages en nature. 

Face au scandale, l’opérateur télécoms  a suspendu au moins une quinzaine de cadres proches d’Armando Pereira, en invoquant parfois des justifications baroques.  

Altice martèle depuis que la fraude présumée est “circonscrite” à un faible pourcentage des achats. En réalité, les prestataires amis d’Armando Pereira sont présents dans quasiment tout l’empire Drahi: chez SFR et BFM en France, chez Altice USA, en Allemagne, en République dominicaine, et même chez Sotheby’s.  

Surtout, Patrick Drahi répète qu’il ignorait tout des agissements de son ami de 30 ans. Comme l’Informé l’a révélé, l’audit interne et externe avaient pourtant multiplié les alertes sur le contrôle des achats, la comptabilité, la détection de la fraude, les déclarations des conflits d’intérêts… Les pratiques étranges d’Armando Pereira étaient aussi dénoncées par les syndicats. Enfin, notre enquête a montré que Patrick Drahi lui-même ou ses proches collaborateurs avaient eux-mêmes connaissance d’une bonne partie des pratiques étranges d’Armando Pereira. Le patron d’Altice a pourtant continué de confier des missions au Portugais et des commandes à ses fournisseurs amis.

L’affaire a refermé le marché de la dette pour Altice, désormais contraint de céder des actifs pour trouver de l’argent frais. Les dirigeants du groupe ont même évoqué une cession de BFM. 

SFR et BFM

Selon nos informations, au moins 13 fournisseurs de SFR sont impliqués. Ces derniers ont été identifiés par les enquêteurs portugais, puis suspendus par la filiale hexagonale. L’opérateur français leur commandait au total 40 prestations différentes, pour un chiffre d’affaires global de 180 à 200 millions d’euros en 2022, ont indiqué en interne les dirigeants de SFR.

Il s’agit aussi bien de sociétés de construction de réseau (JSC, JPN France) que de prestataires de services informatiques (Shar/IT Center, Winprovit). On trouve également le reconditionneur de mobile One Repair. Mais aussi les fournisseurs des boutiques : le cabinet d’architectes Ventura & Partners (qui a élaboré le nouveau concept mis en place dans plus de 150 magasins), Tirion (qui a rénové les lieux), et CMA (qui a fourni les tenues des employés). Tirion s’est aussi occupé d’aménager 50 000 mètres carrés du nouveau siège parisien de SFR et de construire les studios de BFM à Marseille, Toulon et Nice. Enfin, SFR, au lieu de commander ses équipements directement aux constructeurs, s’est mis à les acheter plus cher à des intermédiaires appartenant aux complices présumés de l’ex-bras droit de Patrick Drahi : JSC pour le matériel Huawei, Exaprobe Aciernet pour Cisco.

Pour placer tous ces fournisseurs, Armando Pereira a pu compter sur divers relais à la tête de SFR. D’abord, Tatiana Agova-Bregou, directrice exécutive chargée des contenus, des acquisitions et des partenariats, qui entretenait une « relation intime » avec le n° 2 du groupe, selon les enquêteurs portugais. Ensuite, Cyrille Trollat, cousin du gendre d’Armando Pereira et patron des boutiques. Et enfin, les Vauthier. François, le « fils qu’Armando n’a pas eu », directeur financier de SFR. Et son père, Alain, qui se décrit comme « l’ami pour la vie » de Pereira, était depuis 2012 président de plusieurs filiales françaises d’ERT (société de déploiement de réseau rachetée par Altice à Armando Pereira), avant d’être « révoqué » début 2022. Sans oublier Olivier Sansane, directeur des achats de terminaux de SFR, puis du groupe Altice. Pas très discrètement, il s’est associé il y a cinq mois avec SmartDev dans une société immobilière française, la SCI MaryVal. Selon Sabado, il aurait empoché 2 millions d’euros pour acheter un bien immobilier à Paris.

Allemagne

Altice a décroché outre-Rhin deux contrats importants de déploiement de réseaux en fibre. L’un en 2021 avec la société allemande Deutsche Glasfaser, portant sur au moins un million de lignes, et estimé à 1,5 milliard d’euros. L’autre avec Vodafone, pour au moins 7 millions de foyers, soit 7 milliards d’euros d’investissements.

Selon nos informations, Altice a sous-traité tout ou partie de cette construction à une entreprise allemande baptisée DGTechnik : une société détenue par Hernani Vaz Antunes, via sa structure luxembourgeoise VAH Holding. « DG Technik va devenir un fournisseur clé », indique un compte rendu du conseil d’administration d’Altice International consulté par l’Informé. Généreux, le groupe de Patrick Drahi a même prêté, en mai 2022,3 millions d’euros à un taux de 3,5 % à DGTechnik pour lui permettre de démarrer…

Mais ce n’est pas tout : SmartDev travaille aussi sur le contrat avec Deutsche Glasfaser et la confection des bureaux allemands d’Altice a aussi été confiée à Tirion.

Le groupe de Patrick Drahi avait confié le vaste chantier de la fibre allemande à Anthony Maatouk, directeur général de Geodesia (nouveau nom d’ERT). Mais selon le Monde, Anthony Maatouk a été suspendu mi-juillet « en raison de sa possible participation au circuit présumé de corruption ».

République dominicaine

Interrogé le 7 août par les analystes financiers sur le rôle d’Armando Pereira en République dominicaine, Patrick Drahi avait répondu : « il n’y est plus allé depuis 2017 ». Mais le n° 2 du groupe a placé plusieurs proches dans l’île. Son gendre Yossi Benchetrit a été président du conseil d’administration de la filiale locale. Hakim Boubazine (un ancien d’ERT) en a été le directeur général entre 2014 et 2015.

Surtout, Altice y est associé avec Melissa Antunes, la fille d’Hernani, selon nos informations. Tous deux sont actionnaires de Sadotel SAS, une société de construction de réseau qui travaille essentiellement pour… Altice. Sadotel SAS a été créée par Armando Pereira en 2014, juste après le rachat par Patrick Drahi de Tricom, un opérateur fixe et mobile de l’île. Le portugais a pris alors 60 % de Sadotel SAS via sa société ERT Holding, la fille Antunes 20 % et un vieux compagnon de route, Michel Amorin, les 20 % restants (cf. encadré). Jusqu’à ce qu’en 2016, Altice rachète ERT, et donc la part de Pereira.

Enfin, pour refaire ses boutiques, la filiale locale a aussi fait appel à Tirion.

Altice USA

Selon une enquête de Bloomberg, la filiale américaine a mis à la porte des cadres qui avaient dénoncé des processus d’achat biaisés. Pour déployer son réseau, elle a notamment eu recours à deux fournisseurs qui n’étaient pas les mieux disants en matière de prix ou de qualité. En février 2023, les entreprises de construction se sont même vus demander de ne plus travailler directement avec Altice USA, mais de passer par ces deux sociétés.

La première est Genesys USA, qui appartient à Denis Ryzhikov et Hakim Boubazine. Ce dernier venait d’Altice USA, où il aurait indûment touché 1,2 million de dollars d’Hernani Vaz Antunes, à en croire les enquêteurs. Il a quitté Altice USA fin 2021. Officiellement, ce départ était d’une « démission », mais il a touché un golden parachute de 500 000 dollars…

La seconde est Excell Communications, une société de 450 salariés basée dans l’Alabama. Fait troublant, cette structure appartenait à Altice USA jusqu’à ce que le groupe de Patrick Drahi décide de la vendre en 2018, et de faire profiter autrui des bénéfices engrangés par le déploiement de son réseau… Toutefois, cette cession n’est pas mentionnée dans les comptes d’Altice USA.

Selon Bloomberg, le nouveau propriétaire est Dunas de Contrastes SA, une société portugaise apprtenant à Hernani Vaz Antunes. Selon le journal portugais Publico, Excell serait aussi détenu par Yossi Benchetrit, gendre d’Armando Pereira. Mais ses avocats « démentent catégoriquement que Yossi Benchetrit ait jamais été dirigeant, ni actionnaire d’Excell. Une prise de participation a été proposée à Yossi Benchetrit à une époque, mais aucune suite n’y a été donnée ».
En tous cas, depuis cette vente, Excell est dirigée par trois proches d’Hernani Vaz Antunes : Abel Barbosa (directeur financier puis directeur général), Helder Pereira (directeur technique puis directeur opérationnel) et Duarte Loureiro (directeur de la conformité).

Selon nos informations, cinq autres entreprises suspectes sont aussi fournisseurs d’Altice USA. Aux États-Unis, l’opérateur, connu pour sa marque Optimum, a confié la réfection de ses boutiques à Ventura & Partners (architecte), Tirion (travaux) et MA Corporate Wear (vêtements des vendeurs). S’y ajoutent deux prestataires informatiques ITCenter et Winprovit.

Là encore, l’état-major d’Altice USA a été truffé de proches d’Armando Pereira. Malgré son anglais très approximatif, le natif de Guilhofrei a lui-même été nommé en 2018 « conseiller stratégique pour toutes les opérations » (cf. photo ci-dessous). Son propre gendre Yossi Benchetrit était directeur des achats et de la programmation des chaînes. Alexandre Fonseca était président du conseil d’administration. Hakim Boubazine était directeur opérationnel et président des activités télécoms. Roberto Martinez était vice-président senior chargé des achats.

Si les fraudes sont avérées, les conséquences aux États-Unis risquent d’être importantes. En effet, Altice USA est coté en Bourse, et quatre actions collectives (class action) ont d’ores et déjà été engagées pour indemniser les minoritaires.

Sotheby’s

Selon nos informations, la maison de vente aux enchères, une fois rachetée par Patrick Drahi en 2019, a fait appel à trois fournisseurs portugais détenus par Hernani Vaz Antunes : ITCenter, Winprovit et Tirion. Ce dernier s’est notamment occupé de la réfection d’un immeuble acquis l’an dernier à Long Island City pour 82 millions de dollars. Tirion indique sur son site avoir rénové 6 000 mètres carrés sur quatre étages.

En 2022, le responsable télécoms de Sotheby’s, Adam Webster, a même été recruté par Winprovit comme directeur des opérations pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. Dans une vidéo publiée sur Facebook, la société de services informatiques se félicitait du contrat Sotheby’s et du recrutement d’Adam Webster… Mais, après avoir été contacté par l’Informé, Winprovit a supprimé la séquence.

Reste à savoir quel sort Altice va réserver à toutes ces entreprises. Le groupe a indiqué avoir suspendu ses commandes et ses paiements auprès de la dizaine de fournisseurs identifiés par la police portugaise. Mais il n’a pas voulu nous répondre concernant les sociétés qui ne rentraient pas dans le périmètre des enquêteurs, notamment celles basées hors du Portugal. Il n’a pas davantage souhaité nous expliquer comment il allait déboucler ses filiales communes avec les complices présumés d’Armando Pereira.

Contactés, Altice, SFR, Altice USA, Sotheby’s, Tirion, Edge Technology, JSC, One Repair, Ventura & Partners et CMA n’ont pas répondu. Pour sa part, ITCenter a indiqué « être disponible pour collaborer avec les autorités pour contribuer à clarifier la situation », et qu’ « il fallait laisser travailler la justice pour le moment ». De même, Winprovit a répondu : « c’est le moment de laisser les autorités compétentes faire leur travail, sereinement et rapidement, pour clarifier pleinement la situation ».

(*) Winprovit a fait sortir Hernani Vaz Antunes de son capital mi-août, un mois après le début de l’affaire

NB : l’article a été mis à jour le 16 octobre avec des précisions sur Altice USA

Quand Altice fait la fortune des amis d’Armando Pereira

Altice est toujours associé à plusieurs vieux compagnons de route d’Armando Pereira, qui, à ce stade, n’ont pas été mis en cause dans la presse portugaise relayant l’enquête. 

José Monteiro  

Âgé de 56 ans, ce natif du Portugal naturalisé français et résident luxembourgeois a co-fondé ERT avec Armando Pereira en 2000. Il a revendu à Altice sa participation, détenue via la holding luxembourgeoise Antoa SARL, entre 2016 et 2018 pour 19,8 millions d’euros. 

Via une autre holding luxembourgeoise, JMO SARL, José Monteiro a racheté en 2016 95% de la société portugaise Fibroglobal pour la modique somme de 200 000 euros (les 5% restants étant détenus par Altice). Or Fibroglobal a ensuite déployé de la fibre optique, principalement pour les filiales portugaises du groupe de Patrick Drahi, en bénéficiant d’importantes subventions publiques pour couvrir les zones rurales. Finalement,en 2022, José Monteiro a revendu Fibroglobal pour 76 millions d’euros à Fastfiber, une filiale commune à Altice et Morgan Stanley dans la fibre optique. Un prix élevé dû aux profits plantureux enregistrés : 60% de marge nette au dernier trimestre 2022. 

José Monteiro est toujours associé à Altice dans la société allemande Geodesia Rheinland-Pfalz GmbH, dont il détient 30%, via sa holding luxembourgeoise Antoa SARL.  Elle déploie le réseau de fibre en Rhénanie-Palatinat. 

Avec ses gains, José Monteiro a créé de nouvelles sociétés de télécoms en France (Wana Telecom, Avant Garde Telecom, CMR Telecom, Axecom, AA Telecom) et au Portugal (PKL Telecomunicacoes, Conceptfiber, WTSM). 


 

La bande Icart

Cette bande-là ne doit pas regretter d’avoir croisé la route d’Armando Pereira… En 2007, le dirigeant portugais (via son groupe ERT Technologies) a racheté Icart, une société de déploiement de réseau détenue par cinq associés (à parts égales) : Omar Hedjadj, Grégory Aid, Naima Hedjadj, Jean-Marc Luders et Manuel Rodrigues. Montant de l’opération ? 1,1 million d’euros. Icart décroche juste après un contrat de 2,9 millions d’euros pour déployer la fibre de Numéricable, le câblo-opérateur français de Patrick Drahi. En 2009, Omar Hedjadj a cédé la direction d’Icart puis l’a reprise il y a un an. 

C’est ensuite à cette équipe qu’Armando Pereira fait appel en 2012 lorsqu’il crée la société de construction de réseau israélienne Tel Aviv Telecom (TA Telecom). Il y associe à 49% Omar Hedjadj, Grégory Aid, Naima Hedjadj et un de leurs amis, Isaac Soria. Les quatre premiers y investissent via des holdings luxembourgeoises. L’autodidacte portugais conserve les 51% restants, via sa holding luxembourgeoise ERT Holding, avant qu’ils ne tombent dans le giron d’Altice en 2016 lors du rachat d’ERT. 

En 2021, nouvelle opération. Lorsqu’est créé Opticom Telecom Ltd, une nouvelle société de déploiement de réseaux en Israël, Altice s’associe à nouveau à Grégory Aid (24,5%) et à Abdallah Ramdane (le mari de Naima Hedjajd, 24,5%). 

Mais ce n’est pas tout. En 2022, Altice a encore gonflé la fortune de cette fine équipe. L’opérateur télécoms a racheté leurs parts dans deux sociétés, Keos Telecom et Eos Telecom. Créées à peine quatre ans plus tôt, toutes deux étaient devenues juste après prestataires du réseau de SFR (Keos assure la maintenance et le déploiement du réseau mobile, et le déploiement des réseaux de données IP). 

L’an dernier, le groupe de Patrick Drahi a racheté pour respectivement  21,9 et 12,5 millions d’euros les 30% détenus dans Eos et Keos par les holdings Eris Partners et Eras Partners. Dans Eris, Grégory Aid et Abdallah Ramdane détiennent chacun 33,5%, et Manuel Rodrigues 16,5%. Dans Eras, Gregory Aid et Abdallah Ramdane détiennent chacun 33%. Le solde appartient à Kamel Belmahi, associé avec Altice dans la société allemande Geodesia Saarland GmbH, qui déploie le réseau en Sarre. 

Précision amusante: Gregory Aid, Abdallah Ramdane et son épouse Naima Hedjad sont devenus résidents portugais. 

 

Michel Amorin

Aujourd’hui âgé de 50 ans, ce Français émigré au Portugal (qui ne nous a pas répondu) a été entre 1997 et 1999 le collaborateur d’Armando Pereira dans sa première société, Sogetrel. Il s’est ensuite associé avec lui dans deux entreprises de déploiement de réseaux travaillant pour Altice : la société dominicaine Sadotel en 2014, puis en 2015 la portugaise SudTel, qui travaille aussi pour SFR. Il possède toujours 30% de Sudtel, les 70% restants étant détenus par Altice depuis le rachat d’ERT à Armando Pereira.

Enfin, en 2019, il s’est encore associé avec Altice dans Keos Telecom. Il détenait, via sa société portugaise Mainpage, 9% du capital, qu’il a rapidement revendus en 2020. 

Selon l’Expresso, il est propriétaire de deux autres sociétés portugaises qui travaillent pour Altice: Imoblaye (immobilier) et Setling SA (ex BySat SA)  qui conçoit des réseaux de fibre optique pour Altice USA. 

 

L’état major d’Altice USA en 2018