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DGNUM, DIRISI, AND... la fusion du numérique des armées se précise

Pour que les grands programmes puissent tenir leurs promesses, le ministre des armées Sébastien Lecornu veut rassembler pas moins de quatre agences au sein d’un nouveau Commissariat au numérique de défense (CND).

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LUDOVIC MARIN / AFP

Vers la fin de « l’armée mexicaine » du numérique de défense ? Le ministre des armées fraîchement reconduit, Sébastien Lecornu, a avancé dans son projet de fusionner au sein d’un futur Commissariat au numérique de défense (CND) les agences suivantes : la Direction générale du Numérique et des Système...

La mission de préfiguration du CND a été confiée au général de corps d’armée Erwan Rolland, directeur central de la DIRISI, et à l’ingénieur général de l’armement Lionel Morin, à la tête de la Direction générale de l’armement – Maîtrise de l’information (DGA-MI), le centre d’expertise technique numérique de la DGA. Le ministre souhaite que le CND soit opérationnel en septembre 2025, et que l’AMIAD le rejoigne fin 2026.

« Depuis plus de 20 ans, les réformes du numérique au sein du ministère se sont sédimentées en couches successives, analyse Sébastien Lecornu dans son adresse. Un décalage de plus en plus grand s’est ainsi créé entre (…) une organisation qui a (…) perdu en lisibilité et en efficacité (…) et le besoin de réactivité et d’agilité.  »

Effectivement, la DIRISI a été créée en 2004 pour superviser les systèmes informatiques et de communication de l’armée française. La DGNUM, chef d’orchestre de la transformation numérique du ministère des Armées, a suivi en 2018. L’AND, conducteur de projets informatiques stratégiques ou de grande ampleur, est arrivée en 2021. Et la dernière-née, l’AMIAD, doit depuis cette année accélérer le déploiement de l’IA au sein du ministère.

« Le commissariat au numérique de défense (…) sera garant de l’agilité et de l’efficacité du ministère en la matière, poursuit le ministre. [Il] apportera ainsi de la lisibilité et de la simplicité à l’organisation numérique, en interne comme en externe. La priorité du commissariat sera de répondre au besoin opérationnel, en soutenant les opérations en cours et en préparant les ruptures technologiques à venir dans la perspective des opérations de demain.  »

Sur le papier, le projet semble cohérent : plusieurs agences, jouissant d’attributions partiellement redondantes concernant le numérique, coexistent actuellement au sien du ministère des armées. Néanmoins, il préoccupe certains acteurs de la défense. Interrogé par l’Informé, l’un d’entre eux s’interroge sur la pertinence de fusionner des agences plutôt spécialisées dans le « support bureautique », comme la DGNUM, avec des organismes chargés de « faire la guerre », comme l’AMIAD.

« Les conflits en Ukraine et au Proche-Orient nous montrent à quel point la guerre se transforme, conclut Sébastien Lecornu. L’avènement de l’intelligence artificielle et son utilisation quotidienne sur le champ de bataille marquent un point de bascule que nous devons préparer pour que nos infrastructures numériques la supportent. Nous devons nous aussi mener notre révolution, sans quoi nous courrions le risque d’être distancés.  »

Le ministre promet aussi à ses troupes que la fusion n’engendrera aucune suppression de postes, de réduction de salaire ni de déménagement, et que les 19 milliards d’euros prévus pour le numérique dans la loi de programmation militaire (LPM) ne seront pas détournés vers d’autres activités. Ce qui suppose toutefois que le nouveau gouvernement parvienne à faire voter un budget.