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Amazon France boucle un plan de départs au sein de sa filiale cloud AWS

La société américaine a signé un protocole d’accord avec les élus du personnel afin de couper dans les effectifs de son activité la plus rentable, le cloud.

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JOAN CROS / NurPhoto via AFP

Les salariés français n’échappent pas à la vague de licenciements annoncée par les géants américains de la tech. Après Microsoft en mai, c’est au tour d’Amazon de boucler une rupture conventionnelle collective dans l’Hexagone a appris l’Informé. Un accord signé avec les élus au mois de juillet prévoi...

« Les réductions d’effectifs chez AWS ont été motivées par une redéfinition des priorités ayant amené à réaffecter des ressources, indique à l’Informé un porte-parole de la société. Dans la plupart des cas, cela s’est traduit par des changements d’équipes ou de projets pour les salariés concernés, mais dans d’autres situations nous ne disposions pas des compétences correspondant à ces priorités. »

En revanche, la branche logistique, celle qui regroupe les entrepôts avec 15 000 employés dans l’Hexagone, n’est pas concernée. « Ce n’est pas le cas de tous les pays européens, précise Morgane Boulard, élue CFDT de cette filiale. Le Royaume-Uni et l’Espagne, avec la fermeture d’un site, sont notamment touchés par un plan de réduction du personnel. »

Ces départs font suite à l’annonce en mars par le PDG d’Amazon, Andy Jassy, de licencier 9000 employés de plus dans le monde après avoir déjà communiqué sur la suppression de 18 000 postes en janvier. Dans son mémo, le dirigeant avait alors indiqué que ces coupes concernaient « principalement AWS, PXT (solutions technologiques), la publicité et Twitch. Ce fut une décision difficile, mais que nous pensons être la meilleure pour l’entreprise à long terme ».

Afin d’expliquer sa décision, le dirigeant a rappelé avoir beaucoup recruté lors de la pandémie de Covid. Il est vrai qu’à la fin 2022, son groupe comptait 1,54 million de salariés dans le monde contre 798 000 avant la pandémie en 2019. Depuis, le ralentissement de l’économie et la poussée de l’inflation ont modifié la donne. Sur les trois derniers trimestres, AWS, division qui connaît habituellement une très forte progression de son chiffre d’affaires, a connu un ralentissement. Sa croissance est passée de 20 % à la fin 2022 à 16 % au premier trimestre 2023 et finalement 12 % à la fin juin. Sur son premier semestre le chiffre d’affaires était de 43,5 milliards de dollars pour un résultat d’exploitation à 10,48 milliards, en baisse par rapport à l’an dernier (12,23 milliards de dollars). « Compte tenu de l’incertitude (...), nous avons choisi de rationaliser davantage nos coûts et nos effectifs », a-t-il précisé.

En France, les équipes du cloud sont directement rattachées à AWS EMEA, structure basée au Luxembourg. Afin de se séparer de certains salariés, elle a utilisé le principe d’une rupture conventionnelle collective. Plus rapide et plus simple à mettre en place qu’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), ce dispositif fait appel au volontariat après avoir trouvé un accord avec les syndicats. Il est autorisé depuis la réforme du Code du travail de 2017 portée par le gouvernement d’Emmanuel Macron lors de son premier quinquennat et semble aujourd’hui être privilégié dans le secteur du high-tech. Microsoft, Google - comme l’a révélé le magazine Challenges - et désormais Amazon s’en sont servis pour un total de 355 suppressions de postes. Le géant du commerce en ligne revendique avoir créé plus de 20 000 emplois en CDI et investi plus de 16 milliards d’euros dans l’Hexagone depuis 2010.