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Médias - Culture

Vivendi restructure See Tickets France pour mieux le vendre

Le groupe de Vincent Bolloré a cédé ses activités de billetterie à l’étranger l’an dernier mais a conservé la filiale française. Celle-ci a toutefois souffert des Jeux olympiques.

Les billets de la Fête de l’Humanité sont vendus par See Tickets France, filiale de Vivendi.
Les billets de la Fête de l’Humanité sont vendus par See Tickets France, filiale de Vivendi. Meng Christophe / Meng Christophe/ABACA

Le Printemps de Bourges, les Vieilles Charrues, les Francofolies de la Rochelle et même la fête de l’Humanité ! Tous ces festivals de musique ont confié la vente de leurs billets à la plateforme See Tickets France, détenue par Vivendi. Selon nos informations, le conglomérat contrôlé par la famille Bolloré a pris une série de mesures afin de redresser la société dans l’optique d’une vente prochaine. « Cette cession est à l’étude », confirme la multinationale. Le groupe a d’ores et déjà vendu l’an dernier ses activités de billetterie à l’international - ainsi que des festivals comme Garorock - à l’allemand CTS Eventim sur une valeur d’entreprise de 300 millions d’euros.

Pourtant, en mars 2022, dans une lettre aux actionnaires, les dirigeants de Vivendi vantaient cette diversification, qualifiée de « ticket gagnant » : « Les bonnes performances de See Tickets ne sont pas seulement le résultat de l’appétence du public pour des activités culturelles retrouvées [après le Covid ndlr]. Elles sont aussi le fruit d’une transformation en profondeur de l’entreprise ». Le bilan 2023 était flatteur avec près de 44 millions de billets vendus dans le monde.

Désormais, le terrain de jeu de See Tickets chez Vivendi se réduit donc à l’Hexagone. Mais la société n’est pas dans une grande forme financière. En 2024, son chiffre d’affaires a baissé de plus de 11 %, passant de près de 92 à 81,2 millions d’euros. Et ses pertes ont été multipliées par plus de neuf, pour atteindre 14,7 millions d’euros. Cette chute s’explique par différents facteurs. D’une part, la cession, à la casse, de la filiale suisse a dégagé une moins-value de près de 13 millions d’euros. Et, d’autre part, les Jeux olympiques qui ont drainé un large public ont eu un impact négatif sur l’organisation des festivals estivaux.

Pour redresser la barre de la filiale française, plusieurs initiatives ont été prises. Les baux des locaux à Paris et à Marseille ont été dénoncés au profit d’espaces de coworking moins onéreux. La masse salariale a été réduite à 78 salariés - après quelques départs – et See Tickets a davantage diversifié ses services auprès de musées et d’institutions au-delà de la Fondation Louis Vuitton ou du Palais de Versailles. Elle a remporté deux appels d’offres importants : l’un pour l’Orangerie et l’autre pour le musée d’Orsay, pour un démarrage à l’automne prochain. Une réflexion a également été menée sur les événements sportifs (combats de MMA, matchs de basket-ball, internationaux de France de gymnastique…). De quoi redonner des couleurs à la société dans l’optique d’une vente.

Si ce processus aboutissait, il mettrait fin à une aventure débutée en 2009. À cette époque, Vivendi (via sa filiale SFR Développement) entre au capital d’une start-up baptisée Digitick, puis augmente sa participation jusqu’à en posséder la totalité en 2012. Un investissement total de 48 millions d’euros. Vivendi croit alors en l’avenir de cette activité. Pour preuve, il rachète le groupe britannique See Tickets en 2011 pour 95 millions d’euros. Digitick adopte alors la raison sociale du Britannique. Mais la consolidation du marché face à des géants comme Ticketmaster ou AEG et deux grandes fuites de données personnelles en 2021 et en 2023 aux États-Unis changent la donne. Face à plusieurs actions de groupe lancées par des utilisateurs, Vivendi doit ouvrir son porte-monnaie dans le cadre d’accords transactionnels dont le dernier s’est soldé en décembre dernier. Dans les deux cas, les sommes versées n’ont pas été communiquées.