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Médias - Culture

Village olympique, Stade de France, Ledoyen… la sécurité de Paris 2024 va coûter un bras

Le budget sécurité prévu par le comité d’organisation de Jeux Paris 2024 continue de grimper. Le montant du troisième appel d’offres lancé par le Comité d’organisation s’élève à 125 millions d’euros. Et ce n’est pas fini. L’Informé vous détaille tout.

Sécurité autour du stade de France
Sécurité autour du stade de France Mehdi Taamallah / Mehdi Taamallah

Des centaines de milliers de spectateurs, 15 000 athlètes, 40 000 représentants des médias… C’est a minima le nombre de personnes dont le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) va devoir assurer la sécurité du 26 juillet au 8 septembre 2024. Le tout sur une vingtaine de li...

Le lot le plus massif est de loin celui qui concerne la sécurisation du Stade de France. Tout le monde a en mémoire le fiasco de la finale de la Ligue des Champions en 2022. Pour protéger pendant les 26 jours des Jeux la plus grande enceinte sportive de l’Hexagone (80 000 places), les sociétés de sécurité privée se partageront au maximum 29 millions d’euros. Elles seront chargées des palpations, du filtrage des piétons et des véhicules mais aussi de la surveillance de l’extérieur immédiat du stade. Avec un casse-tête de taille pour les prestataires : il leur faut trouver suffisamment d’agents femmes pour réaliser les fouilles corporelles à l’entrée, celles-ci « devant toujours être faite[s] par une personne de même sexe », précise le cahier des charges.

L’autre gros morceau de la consultation concerne le Village olympique, à cheval sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et L’Île-Saint-Denis. Pour sécuriser le point névralgique de Paris 2024, le COJOP prévoit une enveloppe de près de 25 millions d’euros. La mission des agents ? Gérer les accès, filtrer les véhicules, protéger les zones médias et spectateurs et assurer le gardiennage du site sur une période de deux mois. Un peu moins coûteux mais plus complexe, le lot sur les sociétés spécialisées dans la cyno-détection s’élève, lui, à 15 millions d’euros : les agents et leurs chiens pisteurs d’explosifs devront être déployés dès le 15 juillet dans les sept villes de province où sont attendues des épreuves (Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Saint-Etienne et Lille) pour contrôler les sites avant l’arrivée des spectateurs et des sportifs. La partie ne s’annonce pas facile pour dénicher personnel qualifié et chiens compétents. Déjà mis sur le marché lors de l’appel d’offres précédent, ce lot fait notamment partie de ceux qui ont dû être relancés en raison du « faible niveau de concurrence identifié ».

Une cascade d’appels d’offres

Enjeu majeur de Paris 2024, la sécurisation des sites de compétition et de non-compétition des JO tricolores, dont le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) est responsable, a fait l’objet de plusieurs marchés. L’organisation, présidée par Tony Estanguet, a lancé dès 2021 une première salve pour trouver des prestataires de sécurité privée, chargés d’assurer le bon déroulement des festivités. Elle portait sur les achats d’équipements et de technologies. En avril 2022, une deuxième consultation de plus de 150 lots était publiée. Une centaine d’entre eux ont déjà été attribués. Le troisième avis de marché, paru fin avril 2023, fixait au 30 mai la clôture des participations pour les entreprises intéressées.

De nouveaux candidats devraient toutefois postuler ce coup-ci grâce à la parution le 31 mars d’un décret qui clarifie les conditions de délivrance du certificat de cyno-détection, sésame obligatoire depuis janvier pour exercer.

La mobilisation - comme les financements - est aussi conséquente pour la sécurisation de l’Arena Villepinte, où sont prévues les épreuves préliminaires de boxe ou de paracyclisme, et l’Arena La Défense qui sera investie par les nageurs. Le COJOP a réservé une enveloppe de plus de 6 millions d’euros pour déployer des vigiles dans chacun de ces sites.

Pavillon Ledoyen et Hôtel 5 étoiles à sécuriser

Quant aux officiels des JO, ils auront droit à une sécurisation premium ! La Famille olympique - en clair, les dirigeants du mouvement olympique comme le président et les membres du CIO et les patrons des fédérations internationales sportives - aura son point de chute dans le prestigieux Pavillon Ledoyen sur les Champs-Élysées. Mais pour assurer la sécurité de ces happy fews, qui pourront recevoir leurs invités dans le célèbre restaurant entre mi-juillet et mi-août, foin de Rangers. Ici, les agents porteront « le costume, en guise d’uniforme » et devront faire montre d’un niveau de « discrétion, de réactivité, d’analyse comportementale et de professionnalisme élevé ». Coût estimé de la prestation : 1,6 million d’euros.

Les agents de sécurité qui veilleront sur les nuits de la famille olympique seront aussi triés sur le volet. L’Hôtel de luxe Le Collectionneur, situé à deux pas du Parc Monceau dans le 8e arrondissement et où seront logés les VIP, bénéficiera d’un centre de commandement de sécurité activé 24h/24. Le budget de surveillance de cet établissement 5 étoiles, dont les 496 chambres sont privatisées pour l’occasion, pourra atteindre deux millions d’euros.

D’autres consultations doivent bientôt être lancées. Des pans entiers de la sécurisation de certains sites et événements restent encore à affiner, comme celle de la cérémonie d’ouverture sur les berges de la Seine. « La finalisation de ce lot est en cours », rassure Thomas Collomb, le monsieur sécurité du COJOP. Chose sûre : ses modalités seront scrutées de près. Dans son rapport de janvier 2023, la Cour des comptes avait pointé la nécessité d’en préciser rapidement le coût global en fonction des responsabilités de l’Etat et du Cojop en matière de sécurité. Le défi est réel : 500 000 personnes sont attendues sur les quais (100 000 à hauteur de la Seine, le reste sur les quais hauts), le tout sur six kilomètres, le long de chacune des deux rives. Un défaut de sécurité lors de cette soirée exceptionnelle, filmée en direct par des caméras du monde entier, plomberait immédiatement le succès des JO français…

Sécurité des Jeux : qui fait quoi ?

Trop de besoins et pas assez de bras. Les alertes sur la pénurie d’agents de sécurité pour répondre aux besoins colossaux des Jeux olympiques ne diminuent pas. Au contraire. Dans son rapport de janvier sur l’organisation des Jeux, la Cour des comptes rappelait que pour répondre aux besoins en matière de sécurité publique et de sécurité sanitaire, les capacités en moyens humains et matériels existants en Île-de-France étaient insuffisantes. Pire, s’agissant de la sécurité privée, « les capacités présentes sur le territoire national » n’y suffiront pas non plus. En 2021, les estimations évaluaient entre 22 000 à 33 000 le nombre de vigiles pour assurer la sécurisation des enceintes sportives et des infrastructures. Malgré la multiplication des appels à candidature et le déploiement massif de formations financées par l’État, les objectifs semblent difficiles à atteindre. Chose sûre, 35 000 agents des forces de sécurité intérieure (FSI) et 10 000 militaires seront mobilisés pour assurer la protection des zones leur incombant : les abords des sites et les périmètres plus larges les entourant (accès aux transports en commun, aéroports, hub type La Défense ou Châtelet…).