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Médias - Culture

Vers la suppression de 54 postes chez Prisma Media

L’éditeur justifie ce plan par la baisse des ventes des magazines papier mais aussi, et c’est nouveau, de celles des revenus numériques.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Nouvelle saignée chez Prisma Media. À peine quelques mois après le départ de 27 collaborateurs dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective (RCC), la direction de l’éditeur vient d’annoncer un plan de transformation touchant 54 postes, a appris l’Informé. Lors d’une réunion qui s’est déroulée en début d’après-midi ce lundi, la présidente Claire Léost a annoncé cette mesure qui devrait toucher 27 journalistes et autant de postes dits « techniques ».

Interrogé, le groupe indique faire « face à des bouleversements économiques majeurs qui affectent aujourd’hui sa compétitivité. Malgré la diversité de ses titres et sa position de leader sur le secteur de la presse magazine, Prisma Media subit, comme ses concurrents, l’érosion du nombre de lecteurs de la presse magazine en France (...) et depuis dix-huit mois, nous subissons un phénomène nouveau : la baisse de nos revenus digitaux. »

Le projet de réorganisation conduirait à la suppression à l’automne de 54 postes sur 746. « Le plan envisagé aura vocation à limiter autant que possible le nombre de licenciements. Un dispositif spécifique de volontariat au départ sera notamment prévu afin d’éviter au maximum les départs contraints », ajoute la direction de Prisma. Des reclassements au sein de Louis Hachette Group, auquel Prisma Media est désormais intégré, seront proposés. Les négociations avec les élus vont débuter ce jeudi 22 mai et dureront deux mois.

Ce plan de départs survient dans un contexte économique compliqué pour l’éditeur de Voici, Capital ou encore Femme Actuelle. La cession du magazine Gala au Figaro en 2023 pour 48,6 millions d’euros a fragilisé toute la société. C’était sa machine à cash. L’année qui a suivi, le chiffre d’affaires a chuté de 5,4 % à 293 millions d’euros et le résultat opérationnel ajusté s’est effondré de plus de moitié à 13 millions d’euros.

Et la baisse continue. Sur le premier trimestre 2025, le chiffre d’affaires était en recul de 3,2 % à 69 millions d’euros. Pour l’instant, les initiatives destinées à compenser le départ de Gala n’ont pas encore porté leurs fruits. Les acquisitions des magazines Ideat et The Good Life et le développement de la presse jeunesse cette année avec Mini-Loup (ou du luxe avec Harper’s Bazaar Homme prévu cet automne) devraient toutefois apporter des relais de croissance.

D’ici là, les équipes vont une nouvelle fois être touchées. Avec la clause de cession déclenchée par le rachat de Prisma Media par Vivendi en 2021 et la première rupture conventionnelle collective l’an dernier, les effectifs avaient déjà beaucoup diminué. Ce plan de transformation survient peu de temps après l’introduction en Bourse, le 16 décembre dernier, des activités presse intégrées dans Louis Hachette Group. Et, surtout, cette annonce a de quoi irriter les salariés et les élus. Car elle tombe quelques semaines après l’octroi d’un bonus de 500 000 euros à la présidente, Claire Léost, pour avoir accompagné Prisma dans cette cotation. Au total, la dirigeante va toucher 1,46 million d’euros de rémunération, soit une hausse de 31 % en un an.