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Continuer la lectureTrois offres de reprise pour No Scroll, l’agence social media d’Influence4You
Malgré des clients prestigieux comme Prime Video ou Intersport, l’agence d’influence de Stéphane Bouillet est en procédure de sauvegarde depuis décembre.
« Cela fait partie de la vie des entreprises avec des hauts et des bas. Nous sommes dans un bas. » En décembre dernier, Stéphane Bouillet annonçait sur LinkedIn la mise sous sauvegarde de son entreprise, Influence4You. Créée en 2012, la société est pourtant l’une des pionnières sur le marché du marketing d’influence : elle accompagne les marques dans leur promotion sur les réseaux sociaux, en les mettant notamment en lien avec des influenceurs. En mars 2023, elle a aussi lancé No Scroll, sa propre agence social media qui propose des stratégies complètes de médiatisation sur les plateformes. Parmi ses clients ? Intersport, Deezer, MSC Croisières... ou encore Prime Video : en novembre 2023, sa campagne pour la plateforme SVOD d’Amazon a même été récompensée lors du grand prix Stratégies de l’influence. Elle réunissait plusieurs influenceurs puissants sur TikTok comme @vito.video (2,1 millions d’abonnés), @justezoe (1 million d’abonnés) ou encore @ophenya (4,9 millions d’abonnés).
Mais malgré ce succès récent, les affaires de l’agence sont loin d’être au beau fixe. Entre 2021 et 2022, son chiffre d’affaires dégringole de 7,1 à 6,2 millions d’euros, et le bénéfice net de l’entreprise s’écroule de 508 000 à 28 000 euros. Invoquant à la fois les répercussions de la guerre en Ukraine sur les budgets des annonceurs mais aussi la campagne du rappeur Booba contre les « influvoleurs », Stéphane Bouillet demande alors, fin 2023, à être accompagné par le tribunal pour redresser la barre et cherche dans la foulée à céder No Scroll, le dernier-né de son activité.
Selon nos informations, trois candidats se sont d’ores et déjà positionnés pour acquérir la jeune pousse. En premier lieu, l’agence de publicité Heaven dirigée par Arthur Kannas, filiale du géant de la communication Hopscotch. Elle propose d’acheter No Scroll pour un montant fixe de 40 000 euros, associé à un complément de prix à hauteur de 15 % de la marge brute qui sera réalisée en 2024. Dans l’offre consultée par l’Informé, le géant du milieu s’engage à reprendre 70 % des effectifs de l’entreprise, composée aujourd’hui de 19 salariés. Heaven prévoit d’intégrer ces salariés à ses équipes et de maintenir le nom de l’activité pendant « quelques mois » au moins. La filiale d’Hopscotch table sur un chiffre d’affaires à 1,32 million d’euros en 2024 puis 2,1 millions d’euros en 2025, pour un retour à l’équilibre d’ici deux ans.
Mais elle doit faire face à un autre postulant sérieux : il s’agit d’Ambission Entertainment. Bien moins connue, la société bordelaise fait partie du groupe audiovisuel, de marketing digital et de gestion d’intérêts d’influenceurs Ambission. Depuis plusieurs années, elle se spécialise dans le marketing d’influence autour des sportifs. « Nous avons déjà travaillé avec Influence4You, explique le fondateur Brice Beignon. L’idée est de garder leur activité actuelle tout en les positionnant davantage sur le sport, car nous avons un gros réseau d’influenceurs à proposer aux marques. » Pour emporter le morceau, la filiale a mis 30 000 euros sur la table, assortis d’un complément de prix de 20 % de la marge brute réalisée sur un an, puis de 15 % sur la deuxième année. Côté emploi, Ambission assure vouloir garder cinq employés et quatre alternants. Une proposition qui devait être revue à la hausse dans l’offre finale qui sera déposée la semaine prochaine. « Nous avons conscience d’être un petit acteur face à Hopscotch, mais cette position de groupe familial peut aussi être notre force », confie Beignon à l’Informé.
Enfin, un certain Philippe Sayada s’est également déclaré, à la dernière minute, pour reprendre l’affaire. Son offre, succincte et peu détaillée, prévoit un prix de reprise à un euro symbolique et aucun poste maintenu. Contacté, le dirigeant d’Influence4You Stéphane Bouillet explique n’avoir « rien à dire » pour le moment, puisque « les offres ne sont pas définitives ni présentées au juge ». Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 28 février pour déposer leur dossier final : une audience pour les présenter est prévue le 4 mars prochain au tribunal de commerce de Paris.
Les prestataires en difficulté
Conformément au déroulé classique de la procédure, les dettes accumulées par Influence4You jusqu’à son placement sous sauvegarde le 4 décembre dernier sont aujourd’hui gelées. Une situation qui met en difficulté plusieurs acteurs, qui regrettent aujourd’hui leur collaboration avec la plateforme. « Nous en avons parlé ensemble, et un tas de gens sont dégoûtés dans le milieu. On a le sentiment de s’être fait avoir », peste un créateur de contenus qui attend toujours un règlement de 25 000 euros pour une collaboration portée par l’agence. Interrogé, le directeur de l’agence Stéphane Bouillet indique que « ces créances seront payées dans le cadre d’un plan de continuation qui sera à établir dans les prochains mois ». La situation a en tout cas mené plusieurs influenceurs à revoir leurs pratiques. L’un d’entre eux assure demander désormais « systématiquement des acomptes aux agences ou aux marques » avec lesquelles il travaille.