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Médias - Culture

Touche pas à mon poste : trois nouvelles sanctions de l’Arcom en vue contre Cyril Hanouna

Le gendarme de l’audiovisuel a ouvert trois procédures contre l’émission de C8 suite aux propos tenus par l’animateur sur Anne Hidalgo et à la promotion de films qu’il avait coproduits.

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JOEL SAGET / AFP

Mise à jour : l’Arcom a finalement infligé le 22 juin une amende de 200 000 euros concernant  la publicité clandestine de marques. Mais le régulateur a décidé de ne pas prendre de sanction sur la promotion des films. Le 31 mai, une amende de 300 000 euros avait été décidée suite aux propos sur Anne H...

Sur Twitter, le sénateur de Paris David Assouline avait alors demandé à l’Arcom « de se saisir de ses propos scandaleux ». Ajoutant, à l’adresse de Cyril Hanouna : « Vous ne pouvez pas insulter et diffamer sur une antenne qui a l’autorisation d’émettre, donnée par la puissance publique avec une convention qui vous interdit de le faire ». Un appel entendu par L’Arcom qui a donc ouvert une procédure, jugeant que ces propos pourraient effectivement constituer des « injures ». Parallèlement, la mairie a porté plainte le 13 octobre dernier pour diffamation, nous indique son porte-parole.

Il faut dire que l’élue fait l’objet d’attaques régulières de la part de l’amuseur dans TPMP « Elle est con comme une valise… C’est une tarée… Dès qu’il y a une connerie à faire, elle la fait » (septembre 2021). « Elle dit n’importe quoi » (janvier 2022). « Elle est folle » (mars 2022). C’est « la honte de la France » (décembre 2022). Et ce n’est pas tout. Selon une étude de Claire Secail, chargée de recherches au CNRS, le talk-show de C8 a traité la candidature Hidalgo à la présidentielle « uniquement sur le mode du dénigrement ».

La deuxième affaire concerne la promotion de deux films, Ténor et les Segpa, lors des émissions Le 6 à 7 et TPMP d’avril et mai 2022. Il s’agit de deux longs-métrages produits par une société de Cyril Hanouna, Darka Movies, comme l’avait expliqué l’Informé. Si le téléspectateur a parfois été averti de cette implication, cette promotion peut être considérée comme de la publicité clandestine selon le gendarme de l’audiovisuel.

C’est aussi cette analyse qui a décidé l’Arcom à engager une troisième procédure après la mise en avant de marques de vêtements, chaussures et bijoux à l’antenne en novembre dernier.

Ce n’est pas la première fois qu’Hanouna est accusé de franchir cette ligne jaune. En 2012, TPMP a écopé d’une mise en garde après que Booba a fait ostensiblement la promotion de sa gamme de vêtements Unkut durant l’émission : la marque figurait en gros caractères sur sa casquette et son T-shirt. En 2013, le régulateur a infligé une mise en demeure après la mise en avant d’une autre griffe par un invité. Enfin, l’an dernier, c’est le feu d’artifice. Une nouvelle mise en demeure est prononcée suite à 9 séquences illicites, dont trois (d’une durée totale de 26 minutes) consacrées à son propre livre, Ce que m’ont dit les Français (Éditions Fayard) avec notamment son éditrice reçue sur le plateau.

En pratique, le régulateur a confié l’instruction de ces trois procédures à un rapporteur indépendant, le conseiller d’État Bertrand Dacosta. Ce dernier rendra son rapport dans les semaines qui viennent, avec ses recommandations sur les suites à donner. Le gendarme de l’audiovisuel décidera alors de prendre (ou non) une sanction : amende, suspension de la publicité pour un mois ou plus, suspension de l’émission, suspension de la chaîne, réduction allant jusqu’à un an de la durée de l’autorisation d’émettre de C8… Pour mémoire, TPMP détient un triste record dans le PAF : l’émission a déjà fait l’objet de cinq sanctions (cf. liste ci-dessous). C’est le rappel à l’ordre le plus sévère que peut prononcer l’Arcom, après la mise en garde et la mise en demeure.


Les sanctions déjà prononcées contre TPMP

  • Suppression de la publicité durant une semaine suite au canular en caméra cachée fait à Matthieu Delormeau de TPMP ! la Grande Rasshrah du 3 novembre 2016, annulé en appel (C8 se fait rembourser de 1,1 million d’euros).
  • Suppression de la publicité durant deux semaines suite à l’émission du 7 décembre 2016 où Cyril Hanouna posait sur son sexe la main de la chroniqueuse Capucine Anav, confirmé en appel.
  • Amende de 3 millions d’euros suite à une fausse petite annonce gay dans TPMP Baba hot line diffusée le 18 mai 2017, confirmé en appel.
  • Amende de 10.000 euros pour avoir présenté des photos dénudées de Karine Ferri le 31 octobre 2018.
  • Amende de 3,5 millions d’euros suite aux propos tenus contre le député LFI Louis Boyard le 10 novembre 2022, appel en préparation.
  • Amende de 300 000 euros suite aux propos tenus sur Anne Hidalgo le 5 octobre 2022
  • Amende de 200 000 euros suite à la publicité clandestine de marques de vêtements, chaussures et bijoux  les 4, 9 et 17 novembre 2022, puis les 24, 25 et 30 janvier 2023