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Médias - Culture

Publicité clandestine chez Hanouna : l’amende de 200 000 euros en passe d’être confirmée

L’Arcom reproche à l’animateur et ses chroniqueurs d’avoir fait la promo des vêtements qu’ils portaient dans plusieurs émissions.

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JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Mise à jour : le 31 décembre, le Conseil d’Etat a confirmé les amendes, mais en abaissant leur montant de 200 000 à 180 000 euros.

À quelques semaines de sa disparition, C8 risque un énième revers face à l’Arcom. Alors que la chaîne conteste devant le conseil d’État deux amendes que lui a infligées le gendarme du PAF pour publicité clandestine, le rapporteur public, souvent suivi par la juridiction, a demandé, ce jour, de rejeter l’ensemble de ses demandes, a appris l’Informé. Les sanctions en jeu s’élèvent à 120 000 euros pour 4 séquences diffusées en novembre 2022 et 80 000 euros pour 3 autres sorties en janvier 2023. En cause ? Les vêtements et chaussures de marque portés par Cyril Hanouna et ses chroniqueurs durant ces extraits et les commentaires élogieux sur ces produits. Pour le rapporteur, la chaîne a multiplié les manquements. Et les sanctions financières sont bel et bien justifiées.

Le 4 novembre 2022, dans « Le 6 à 7 » - émission remplacée depuis par « PAF avec Baba » - c’est une veste Adidas portée par Cyril Hanouna, « visible et identifiable à chacune de ses prises de paroles » selon l’Arcom, qui attire l’attention du gendarme de l’audiovisuel. Cinq jours plus tard, l’animateur montre fièrement ses baskets Adidas-Balenciaga : « Je vous dis la vérité, ils [Adidas-Balenciaga] m’ont appelé pour me dire « Est-ce que tu les voudrais ? » […] Ces chaussures, t’as l’impression d’être dans l’eau. » Le 17 novembre, ce sont encore les trois bandes emblématiques d’Adidas qui restent visibles sur les manches et la poitrine de la star de C8. Une exposition commerciale que l’Arcom a jugée « particulièrement significative et non fortuite » dans sa décision du 21 juin 2023 et pour laquelle elle inflige une amende de 120 000 euros à la chaîne.

Le 24 janvier 2023, ce sont cette fois deux chroniqueurs qui affichent des accessoires de marque. Kelly Vedovelli arbore une broche CD, qui suscite les compliments de Cyril Hanouna, enthousiasmé par ce bijou « très chic » et « de très bon goût » . Et Guillaume Genton porte la veste Adidas revêtue par l’animateur deux mois plus tôt, dont le logo emblématique a été exposé ce jour-là « à travers 140 visualisations », selon l’Arcom. Le 30 janvier, un invité présenté comme un « hacker » est habillé quant à lui d’un tee-shirt avec le logo de la plateforme d’échange de cryptomonnaie Binance. Le sigle est masqué pendant la première partie de la séquence, mais il est découvert les six dernières minutes de l’intervention. Résultat ? 80 000 euros d’amende supplémentaire.

C8 demandait au Conseil d’État d’annuler ces deux sanctions financières. Mais le rapporteur public estime que « la qualification de publicité clandestine pourra être aisément retenue » pour les séquences concernant les baskets et la broche, puisqu’ils sont mis en valeur dans les paroles des chroniqueurs ou de l’animateur vedette. Pour le sweat-shirt et la veste Adidas, l’exposition de la marque « peut difficilement être regardée comme fortuite » d’après le rapporteur, et bien que les tenues n’aient pas été complimentées, « elles suffisaient pour attiser le désir d’identification des consommateurs, et la chaîne ne pouvait pas ne pas en avoir conscience ». Le rapporteur concède qu’il y a pu y avoir une possible erreur d’appréciation de l’Arcom concernant la séquence du 30 janvier 2023 et le logo de la plateforme de cryptomonnaie, puisque le caméraman se serait efforcé de ne pas trop le montrer. Si le Conseil d’État retenait cet argument, l’amende de 80 000 euros pourrait être ramenée à 30 000, d’après les estimations du magistrat. Mais pour lui, les amendes ne sont pas disproportionnées étant donné la répétition des faits et il propose de rejeter l’ensemble des demandes de C8.

La SCP Piwnica & Molinié, qui représentait la chaîne, a insisté sur la notoriété des marques épinglées : « On ne peut pas demander à un animateur dans une émission grand public, destinée aux jeunes, d’être habillé comme nous le sommes ici à cette barre, en noir, avec aucun signe de quelque nature que ce soit, de manière la plus triste possible. […] Il suffit de sortir d’ici, de passer cette grille, et je prétends que la troisième personne que je croiserai aura le même tee-shirt que celui de l’animateur. » Le Conseil d’État tranchera dans les semaines à venir.