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Médias - Culture

Les auteurs du tube mondial Cheerleader accusés de plagiat

Deux chanteurs marocains ont porté plainte contre Sony Music pour contrefaçon. Ils viennent de remporter une première manche judiciaire.

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Don Arnold / WireImage

Les premières notes suffisent à le reconnaître. Sorti en 2015, le morceau Cheerleader n’a pu échapper à personne : classée numéro un des charts dans cinq pays européens dont la France, cette chanson d’Omi a été diffusée plus de 1,2 milliard de fois sur YouTube et écoutée plus de 1,37 milliard de fois...

Sans trop de surprise, Sony et son label, assignés en juillet 2020, ont tenté de jouer la prescription des faits, d’une durée de cinq ans après la sortie d’une chanson. Mais c’était sans compter la pandémie. Le premier confinement a permis de rallonger de quelques mois ce délai rendant recevable la plainte selon l’ordonnance rendue en janvier dernier par le juge du tribunal judiciaire de Paris. Alors que la fratrie a décidé d’attaquer les cinq auteurs et compositeurs du hit, en plus des producteurs, la major a tenté un autre argument : elle a souligné que les coauteurs incriminés n’avaient pas été contactés au préalable, ce qui rendait l’ensemble de la plainte irrecevable. Cette objection vient d’être balayée par la cour d’appel. En revanche, la demande de condamnation de 50 000 euros à titre provisoire réclamée par BinObin pour faire face aux frais de justice a, elle, été rejetée. Reste désormais à décider si la plainte est justifiée et déterminer le montant des pénalités. « Dans ce genre d’affaire, à moins que la victime ne souhaite une indemnisation forfaitaire basée sur une redevance de licence, le juge doit estimer les gains manqués, les pertes subies, les bénéfices du contrefacteur et le préjudice moral subi pour fixer les dommages-intérêts », indique Asim Singh, avocat associé de CPC & Associés. Ces quatre critères permettent ainsi de fixer une somme totale.

Compte tenu du succès de Cheerleader (Felix Jaehn Remix), le modeste duo peut rêver à un joli pactole. Plus encore s’il regarde les affaires passées. Le précédent le plus connu est celui de Manu Dibango contre Michael Jackson. Le titre Wanna be startin’ somethin’ de l’album Thriller du roi de la Pop se terminait en boucle par le refrain Mama Ko, Mamassa, Mamakossa de Soul Makossa du chanteur camerounais. Après une bataille devant les prétoires, il avait obtenu un million de francs (160 000 euros) en 1986 contre l’abandon de ses droits. Plus récemment, en 2018, Pharrell Williams et Robin Thicke ont été condamnés à verser 5,3 millions de dollars aux descendants de Marvin Gaye pour leur chanson Blurred Lines qui s’inspirait un peu trop de Got to give it up de 1977.

Contactés, Sony Music a répondu ne pas « commenter les procédures en cours » tandis que l’avocate des frères Defouad ne souhaite « faire aucune déclaration à ce stade ».