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Médias - Culture

L’Olympique lyonnais liquide son festival Felyn : en musique non plus, ça va pas fort

Jean-Michel Aulas avait créé en 2019 ce festival de musique en association avec l’Olympia. La société commune vient d’être discrètement liquidée.

Jean-Michel Aulas avait créé le festival en 2019
Jean-Michel Aulas avait créé le festival en 2019 JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Alors que l’équipe de foot, l’OL, est embourbée à la dernière place de la Ligue 1, on découvre aujourd’hui que ses diversifications, longtemps considérées comme un succès financier du club, ne se portent guère mieux. C’est tout du moins le cas pour le festival de musique Felyn. Lancé fin 2019 par OL Production - société commune à 50/50 entre Olympia Production et l’Olympique Lyonnais Groupe - il devait se dérouler chaque année sur deux jours au mois de juin au Groupama Stadium, le stade construit par le club à Décines, en banlieue de Lyon. D’annulations en reports, il ne verra finalement jamais le jour. L’entreprise a été discrètement fermée cet été a appris l’Informé et le site Internet vient de baisser le rideau. « Le festival n’ayant jamais eu lieu, nous avons décidé de liquider la société », explique une porte-parole d’OL Groupe. De son côté, Vivendi, propriétaire d’Olympia Production, confirme la fin de la joint-venture sans autre commentaire.

Au départ, les deux partenaires affichaient pourtant de grandes ambitions, détaillées lors d’une conférence de presse en novembre 2019 en présence de Jean-Michel Aulas, alors président de l’OL - il a depuis été débarqué par le nouvel actionnaire majoritaire John Textor. « C’est un challenge innovant qui est tourné vers la jeunesse puisque ce festival va permettre de faire venir des artistes du monde entier, indiquait-il. Street art, gastronomie et évidemment un certain nombre d’artistes régionaux, c’est une offre globale qui s’inscrit dans un plan d’investissement de l’OL ». Près de 80 000 spectateurs étaient attendus sur deux jours grâce à une prestigieuse programmation dès la première année en 2020 : DJ Snake, Bad Bunny, Dadju ou encore Paul McCartney et Rammstein.

À l’époque, Jean-Michel Aulas reconnaît une prise de risque importante et de très gros investissements partagés avec Olympia Production. Il évoque alors « plusieurs millions d’euros, voire des dizaines de millions d’euros ». Mais l’aventure va vite tourner au fiasco. Avec les confinements et les interdictions de voyages à l’étranger, la grande première est annulée. La seconde, en 2021, avec les Black Eyed Peas, The Hives, Macklemore et les Red Hot Chili Peppers l’est également. La raison ? « des annonces de limitation de rassemblements publics [la jauge fixée par le gouvernement était de 5 000 personnes maximum assises en extérieur, NDLR], ne nous permettent pas de réaliser cette édition telle que nous l’imaginons, indique alors OL Production. Tous les billets seront remboursés (...) Rendez-vous en 2022 ». Mais l’édition de l’an dernier est une nouvelle fois annulée, sans raison.

Les deux associés se refusent à dévoiler le montant des pertes encaissées avec ce projet avorté. Les dettes d’OL Production s’élevaient à 3,3 millions d’euros fin 2021 mais la société devait aussi se faire rembourser 444 000 euros des Red Hot Chili Peppers en guise de remboursement sur l’acompte versé pour leur participation.