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Continuer la lectureInterviews rémunérées, livres, conférences… les lucratifs business de Michel Denisot
L’ancien présentateur du Grand Journal de Canal+ et patron du PSG a diversifié ses activités pour maintenir son train de vie. Au prix de quelques entorses avec la déontologie journalistique.
En mars dernier, sur le plateau de l’émission de France 2 Quelle Époque !, Michel Denisot prodiguait ses conseils aux aspirants journalistes. « Il faut être obsédé par ce travail », assurait l’ancien présentateur du Grand Journal. Vraiment ? L’Informé s’est plongé dans les affaires de l’animateur, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, et une conclusion s’impose : lui trouve du temps à consacrer à une flopée d’autres activités. Des business parfois assez éloignés du métier de journaliste, mais souvent bien plus lucratifs… Passage en revue.
Des interviews facturées 8 500 euros
En 2020, l’ancien animateur de Canal+ a rejoint BSmart. Lancée par deux figures de BFM Business, Stéphane Soumier et Pierre Fraidenraich, cette chaîne d’information économique diffuse notamment « Le Grand Entretien », une émission dans laquelle Denisot interroge « un dirigeant d’une entreprise championne de son secteur » « pour échanger et décrypter sa réussite ». Une interview classique ? Pas franchement : pour participer, les invités doivent sortir le carnet de chèque. Cette opération de com’ est facturée à prix d’or par BSmart, via l’agence de brand content Medias France : comptez, selon nos informations, 8 500 euros hors taxe pour 10 minutes d’interview et un article consécutif sur le site du Point, comme celui-ci.
🗣️ "Il faut être obsédé par ça"
— Quelle Époque ! (@QuelleEpoqueOff) March 18, 2023
👉 Le conseil de @michel_denisot aux aspirantes et aspirants journalistes
📺 #QuelleEpoque @France2tv @LeaSalame pic.twitter.com/3n0VknnhQ1
Bien sûr, le présentateur ne touche pas l’intégralité de cette somme mais gageons que le complément de revenu reste confortable puisque l’émission est retransmise quasi quotidiennement en semaine. À noter que Michel Denisot est également membre du conseil de surveillance de CMI France, groupe de presse propriétaire de BSmart.
Des conférences grassement rémunérées
Envie de voir le célèbre entertainer animer un séminaire ? C’est possible. StartnPlay, une agence de conférenciers professionnels, propose les services de Michel Denisot, comme ceux du journaliste sportif Laurent Luyat ou de l’ancien judoka David Douillet. Mais la prestation de notre homme n’est pas donnée : l’agence facture environ 15 000 euros hors taxe son speech d’une heure.
Des succès d’éditions…
Le journaliste a gardé un goût certain pour l’écriture. Depuis dix ans, il multiplie les livres. En 2014 d’abord, il a publié chez Fayard l’ouvrage autobiographique Brèves de vies, sorti ensuite en Livre de poche. Véritable succès, l’opus s’est écoulé à plus de 20 000 ventes. Si Michel Denisot a perçu 10 % de droits d’auteur sur chaque exemplaire vendu, comme c’est courant dans le métier, on peut estimer qu’il a retiré plus de 30 000 euros de l’opération. L’ancien président du Paris Saint Germain a également coécrit un ouvrage sur le football, baptisé En plein dans la lucarne !. Moins de 3 000 exemplaires en ont été vendus, rendant ses gains probables anecdotiques. Mais son dernier titre paru chez Plon en mars dernier, On peut rire de tout, sauf en mangeant de la semoule !, a, quant à lui, eu bien plus de succès, avec plus de 12 000 ventes. Denisot pourrait donc avoir touché près de 23 000 euros pour ce livre. Toutefois, comme son entourage l’indiquait récemment à l’Informé, l’animateur aurait décidé de reverser l’ensemble de ses droits d’auteur aux Restos du Cœur. Comme nous le racontions en mars dernier, ce livre n’a pas demandé d’efforts intenses à Denisot puisqu’il est essentiellement constitué de reprises de mèmes déjà publiés sur Twitter.
… mais des bides au cinéma
Dans les salles obscures, Denisot a moins séduit les foules. En 2019, son long-métrage Toute ressemblance… largement taclé par la critique - « Un premier film affligeant sur l’univers vicié du petit écran » selon Le Monde, une satire qui « empile clichés sur clichés et tourne à vide » selon Télérama - n’a attiré que 108 155 spectateurs. Une sacrée tuile pour les producteurs : avec des recettes en salles estimées à 700 000 euros pour un budget de près de 8 millions d’euros, le film a même été classé comme le troisième plus gros flop du cinéma français en 2019 par Le Point. Mais l’artiste s’en est bien sorti, avec même un joli chèque à la clé. Selon Ciné Finances, il a touché 108 000 euros en tant que réalisateur et s’est partagé 207 000 euros avec Karine Angeli pour le scénario. On ne sait en revanche pas combien il a touché pour la co-réalisation d’un documentaire consacré aux familles Rassam et Berri, présenté lors du Festival de Cannes le 20 mai dernier.
🎞️ Focus #CannesClassics du jour : Un documentaire de Michel Denisot & Florent Maillet retracant l’histoire forte et méconnue de la dynastie Berri-Rassam : La Saga Rassam-Berri, le cinéma dans les veines.
— Festival de Cannes (@Festival_Cannes) May 20, 2023
📌 À 19h00 en Salle Agnès Varda pic.twitter.com/Eq0e7VuRL3
3,1 millions d’euros de dividende encaissés
Pour gérer ses multiples activités, Michel Denisot a créé la société Syst MD en 2005. Sur les 10 dernières années, le chiffre d’affaires de l’entreprise s’est particulièrement érodé, passant de plus d’1,5 million d’euros en 2012 à 250 000 euros en 2022. Une dégringolade qui n’a pas empêché l’ex patron du Paris Saint-Germain de se distribuer de généreux dividendes : plus de 3,1 millions d’euros entre 2018 et 2021. Fruit du hasard (ou pas), la date de début des versements, 2018, coïncide avec l’entrée en vigueur de la flat tax, ce prélèvement forfaitaire unique à taux fixe qui réduit l’imposition de certains revenus du patrimoine. La trésorerie de l’entreprise a pour sa part été divisée par deux en cinq ans, passant de 7,3 à 3,7 millions d’euros entre 2017 et 2022.