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Médias - Culture

Ferrari, Rolls-Royce… le fisc redresse Teddy Riner pour « avantages occultes »

Le triple champion olympique de judo a roulé en voitures de luxe aux frais de sa société. Bercy lui a mis un ippon.

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RICHARD A. BROOKS / AFP

Teddy Riner a trouvé un adversaire plus coriace encore que ceux croisés habituellement sur les tatamis, le fisc. Le triple champion olympique de judo a perdu un premier combat devant le tribunal administratif de Cergy Pontoise, a appris l’Informé. Le combattant poids lourd contestait un redressement fiscal lié à sa société de location de voitures de luxe, Pullman Limousine. La troisième personnalité préférée des Français a eu le malheur d’utiliser deux bolides de sa société, une Ferrari et une Rolls-Royce Wraith, pour son propre usage selon Bercy. Pour preuve, les assurances mentionnent que Teddy Riner était le « conducteur exclusif de ces deux véhicules qui n’ont d’ailleurs pas généré » de chiffre d’affaires sur les années 2016 et 2017, indique le jugement prononcé en mars dernier. De surcroît, la Rolls-Royce était garée dans un box de stationnement à proximité du domicile de la star des tatamis à Levallois-Perret. Et le contrat d’assurance stipulait : « Le véhicule sera utilisé par Teddy Riner et en aucun cas celui-ci ne sera donné en location ».

Pour sa défense, le porteur de la flamme olympique a avancé plusieurs arguments. Tout d’abord, sur les années concernées, il était en pleine préparation des JO de Rio et du championnat du monde à Budapest et il n’aurait donc pas profité des automobiles. Ensuite, les attentats terroristes de 2015 auraient porté atteinte à ses affaires en raison du ralentissement du marché du tourisme et des loisirs. Ceci expliquant que les deux voitures n’aient rien rapporté. Mais les services de Bercy ont balayé ces éléments. D’une part, l’entraînement du champion « ne l’a pas privé de la possibilité de conduire les deux véhicules en litige ». Et, d’autre part, concernant le contexte économique post-attentats, « aucun élément permettant de mesurer l’impact de ces évènements sur l’activité de la société » n’a été apporté. Le fisc a donc considéré que les charges des deux voitures étaient en fait un avantage en nature attribué par Pullman Rent au judoka, « au motif qu’elles n’ont pas été engagées dans l’intérêt de l’entreprise dans le cadre de son activité de location mais ont constitué des rémunérations et avantages occultes pour Teddy Riner ».

Logiquement, le trentenaire a donc écopé d’un redressement sur cet avantage en nature, en rattrapage des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu dont il aurait dû s’acquitter. Sa contribution exceptionnelle sur les hauts revenus a aussi été revue à la hausse. Pis encore, il a dû payer une majoration de 40 % pour manquement délibéré, laissant à supposer une intention volontaire d’éluder l’impôt. Teddy Riner peut encore faire appel et pourra dans tous les cas s’acquitter de la douloureuse : sur les trois derniers exercices, Pullman Limousine Services lui a versé 1,2 million d’euros de dividendes via sa société.

Cette mésaventure n’a pas non plus entamé son amour des belles mécaniques. Dans un portrait que lui a consacré M le magazine du Monde, peu avant les JO de Paris en 2024, le judoka est décrit au volant d’une Rolls-Royce qui « se fraye un chemin à vive allure au milieu de la circulation chaotique de Marrakech. » « Je suis un filou, sourit-il en conduisant. Et j’aime les belles voitures. » Attention toutefois : s’il devient un jour président de la République comme il l’a très sérieusement envisagé dans plusieurs interviews, il devra dire adieu aux voitures de luxe et opter pour la DS N°8 de l’Elysée. Contactés, ni Teddy Riner, ni son club le PSG, ou sa société Pullman Limousine Services n’ont répondu à nos sollicitations.

Droit de réponse de la société Pullman Limousine Service

Contrairement à ce qui est indiqué dans votre article, la société Pullman Limousine n’a rien à voir avec ce dossier et n’a jamais fait l’objet d’un redressement fiscal et d’un jugement devant le tribunal administratif, qui par ailleurs, a été contesté en appel.

La réponse de l’Informé

Nous avons évoqué un redressement fiscal « lié » à sa société de location de voitures de luxe, Pullman Limousine. Pullman Rent, la société de Teddy Rinner, qui a effectivement fait l’objet du redressement fiscal, préside et contrôle à 50% Pullman Limousine, la société chargée de la location de véhicules. Les deux sociétés sont domiciliées à la même adresse.