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Médias - Culture

Éric Zemmour fait condamner son ancien éditeur Albin Michel

L’homme politique gagne en appel contre la maison qui devait éditer son livre « La France n’a pas dit son dernier mot ». Celle-ci avait rompu leur contrat en 2021 en raison de ses ambitions présidentielles.

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LUDOVIC MARIN / AFP

Éric Zemmour n’a pas dit son dernier mot. Après avoir perdu une première manche face à son ancien éditeur, Albin Michel, le président fondateur du parti Reconquête vient de remporter le match retour. La raison de ce duel ? En 2021, le journaliste du Figaro, pas encore déclaré à l’élection présidentie...

Le polémiste, qui s’est finalement autoédité, a contesté cette rupture, jugée « unilatérale, malveillante, brutale et abusive » et a attaqué Albin Michel en justice, en lui réclamant 3,9 millions d’euros de dommages et intérêts. Après avoir perdu en première instance en 2023, Éric Zemmour a fait appel de cette décision. Cette fois, il a partiellement obtenu gain de cause. Dans une décision rendue le 21 mars, le juge estime qu’aucun accord (...) pour la résiliation du contrat n’est caractérisé » et que le texte « ne prévoit pas de cas où l’éditeur peut unilatéralement résilier le contrat, en dehors du défaut de remise du manuscrit. » La rupture d’Albin Michel est donc fautive et la société doit verser 10 000 euros de dommages et intérêts à Éric Zemmour, plus 7 000 euros de frais de procédure.

C’est toutefois loin du 1,3 million d’euros réclamés en appel par l’essayiste. Il affirmait que le livre n’avait « pas rencontré le succès escompté » puisqu’il avait dû trouver rapidement un nouvel éditeur. Il ajoutait que le refus d’Albin Michel était « la traduction d’une campagne orchestrée contre sa personne, visant à contrarier ses ambitions politiques ». Et qu’elles avaient été « divulguées sans son consentement sur la place publique par le communiqué d’Albin Michel en les dénigrant ». Albin Michel a rétorqué que son ex-poulain avait mené une campagne de sape contre l’éditeur, et endommagé considérablement son image. Autant d’arguments que n’a pas retenus la cour.

Le contrat prévoyait le versement de 100 000 euros d’à-valoir (des avances sur les futures ventes du livre). En pratique, l’éditeur lui avait versé une première tranche de 30 000 euros, le solde devant être empoché à la livraison du manuscrit. Lors de la rupture, Albin Michel avait tout de même accepté de lui laisser cette première tranche, indiquant : « vous êtes libre de vous engager en signant un nouveau contrat avec l’éditeur de votre choix, et nous sommes convenus que la somme de 30 000 euros que vous aviez perçue à signature vous restera acquise. » En première instance, le juge avait pourtant contraint l’écrivain à rembourser cette somme, mais cette décision a été infirmée en appel.

Dans l’urgence, Éric Zemmour avait dû publier l’ouvrage lui-même grâce à sa propre maison d’édition, Rubempré. Toutefois, pour le distribuer, il avait reçu le soutien d’Editis, à l’époque filiale du groupe Vivendi contrôlé par Vincent Bolloré. À ce jour, le pamphlet s’est écoulé à 300 979 exemplaires selon Gfk, dont plus de 272 000 en 2021. Cela a permis à Rubempré de dégager 329 000 euros de bénéfices cette année-là, comme l’avait révélé la Lettre.

Son opus suivant, Je n’ai pas dit mon dernier mot, a aussi été autoédité et distribué en 2023 par Editis, mais a connu un moins bon résultat. Il s’est écoulé à 67 000 copies, soit pratiquement cinq fois moins que le précédent, selon les derniers chiffres de Gfk.

Contacté, Éric Zemmour, n’a pas répondu à nos sollicitations. De son côté, Albin Michel, a indiqué « ne pas s’être encore décidé » sur la suitte à donner à cette affaire. « Notre avocat Me Christophe Bigot étudie la question », ajoute le groupe. Tous deux peuvent encore se pourvoir en cassation.