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Médias - Culture

Denis Brogniart a gagné le totem du business

Émissions, publicités, séminaires, livres… L’animateur de Koh-Lanta multiplie les activités… et les cachets.

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ERIC DERVAUX / Hans Lucas via AFP

« L’entrepreneur, quand il a amélioré son chiffre d’affaires, l’année d’après il veut encore l’améliorer. » Fin 2023, Denis Brogniart délivrait ses conseils dans une demi-douzaine de vidéos courtes sur la page Facebook d’Aleo, une agence de communication pour les TPE et PME avec laquelle il collabore...

Figure emblématique de l’émission Koh-Lanta depuis 2002, la star du PAF - par ailleurs speaker lors de la cérémonie de clôture des JO ce dimanche- a fondé la société Denis Brogniart Communication en 2006. Cette structure dont il est l’unique gérant et associé centralise ses différents cachets : ceux qu’il perçoit de TF1 en tant que présentateur, d’entreprises avec lesquelles il noue des partenariats, et de la société TF1 Factory qui le rémunère pour faire la promotion d’une marque ou animer des événements privés d’entreprise à la demande de la chaîne.

Le premier point, à savoir les revenus issus de son activité d’animateur, notamment pour Koh-Lanta, Ninja Warrior ou District Z, a beaucoup fait parler début 2022. Le 5 février dans « Touche pas à mon poste People », le chroniqueur Matthieu Delormeau affirmait que Denis Brogniart touchait 35 000 euros pour chacune des émissions de Ninja Warrior. Des propos démentis par le principal intéressé deux jours plus tard dans Télé Star : « Je n’ai jamais gagné 35 000 euros par émission, ni sur Ninja Warrior, ni dans aucune de mes émissions […] Je ne suis pas payé en salaire, mais en cachet sur ma société. Et quand je gagne 10, il en reste 3, pour vous donner une idée du rapport. »

Si la rémunération que se verse le présentateur n’est pas connue, ses dividendes sont quant à eux bien visibles dans les comptes de sa société. En 2019, il s’est versé 200 000 euros, suivis de 150 000 l’année d’après. Le plus gros dividende reste celui de 2021, avec 1,3 million d’euros perçus par le présentateur. Une belle année donc, durant laquelle sa société avait enregistré un bénéfice de 1,2 million d’euros. En 2022, il a touché 200 000 euros de dividende, pour un bénéfice de 1,16 million d’euros. Et encore, il aurait pu se verser plus : à fin 2022, l’entreprise affiche des réserves de près d’1,5 million d’euros.

Des sommes qui proviennent en partie des multiples partenariats que noue le présentateur via TF1 Factory, filiale du groupe audiovisuel qui vend les services des animateurs et journalistes de ses antennes regroupés dans un catalogue de 42 « talents ». Les personnalités peuvent ensuite intervenir « pour vos événements internes (animations et conférences) ou pour vos campagnes de communication (brand content, influence, campagne digitale…) », selon les mails de contact envoyés aux entreprises et consultés par Capital, selon qui ces prestations pouvaient être facturées 15 000 euros. Au passage, TF1 prend une commission de 10 à 15 %.

C’est ainsi que l’on a pu voir Denis Brogniart présenter, à la manière d’une épreuve Koh-Lanta, un jeu créé par le Crédit Agricole pour ses salariés... mais aussi dévoiler le SUV Peugeot 3008 ; faire la promotion de l’application de paiement Paylib ou encore de la start-up de paiement sécurisés pour l’achat et la vente de véhicules d’occasion, Depopass. Interrogé par Le Parisien, le touche à tout assumait totalement ce mélange des genres : « TF1 est aussi une entreprise d’image et moi je suis salarié de TF1 tout en étant aussi à mon compte. Donc, soit c’est TF1 qui a un projet pour moi, qui m’en parle et j’accepte ou non, soit c’est moi qui ai un projet et je demande à TF1 s’il est opportun de le faire. »

En plus de ces prestations avec TF1 Factory, Denis Brogniart signe donc des contrats publicitaires de son côté. Difficile de démêler les deux, mais citons parmi les opérations non revendiquées par TF1 Factory, des spots pour Ligne bis, qui propose à ses clients un numéro de téléphone virtuel à donner à la place de ses vraies coordonnées ; pour Accuevue et ses lentilles de contact grâce auxquelles la vedette peut « lire le journal sans tendre les bras »  ; pour Pringles en 2021 avec le vidéaste Jhon Rachid durant l’Euro de football. Denis Brogniart a également réalisé deux spots télévisés pour Assu 2000 en 2020 et début 2022, avant la mise en examen du PDG de la société d’assurance, Jacques Bouthier, pour viols, agressions sexuelles et proxénétisme - mise en examen suite à laquelle l’animateur a demandé à l’entreprise de cesser d’utiliser son image.

Nintendo Switch, 123 pare-brise, la fédération française d’équitation, Nissan… C’est aussi lui. Il travaille également avec le distributeur de cartouches d’encre France Toner depuis 2021. Il a d’ailleurs accompagné le lancement du nouveau projet de son PDG Jérôme de France : Black Idol, une entreprise qui commercialise des cafés brûleurs de graisse, anti-âge, facilitant la digestion et régulant le cholestérol.

Pour son rôle d’ambassadeur d’Alltricks, site de vente en ligne spécialisé dans le vélo, la course et les sports outdoor racheté en 2019 par Decathlon, Denis Brogniart a cette fois été rémunéré en actions. C’est ainsi qu’il est entré au capital de l’entreprise en 2022. « Nous cherchions un porte-étendard capable de rassembler une communauté, engagé dans le sport et proche des gens : il coche toutes les cases, expliquait Gary Anssens, fondateur et président d’Alltricks, dans les colonnes du Parisien. Le montant de sa participation reste confidentiel. »

Denis Brogniart trouve aussi le temps d’animer des séminaires d’entreprises et des rencontres entre dirigeants et décideurs. Le 21 décembre 2023, il était le maître de cérémonie du gala de l’énergie, organisé par la Maison de l’énergie, une entreprise suisse qui fournit des systèmes de production d’énergie renouvelable - panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, etc. Le Business Club Group, qui possède 54 antennes dans l’hexagone et veut « provoquer une alchimie entre les mondes du business, du sport et de la politique » en a aussi fait son invité vedette. Denis Brogniart a participé à un rendez-vous de l’Artois Business Club le 9 juin 2017 et de l’Argento et Sud Rhin Business Club deux ans plus tard. Prochain déjeuner : le 19 novembre, au Flandres Business Club, pour parler des « multiples facettes du journalisme ».

Ultime source de revenu pour l’animateur ? L’édition. Son roman, Un soldat presque exemplaire, publié en 2021 aux éditions Flammarion, puis en poche chez J’ai lu en 2023, s’est écoulé à 10 000 exemplaires au total. Et son essai Mes secrets de Koh-Lanta, paru en 2010 avec une préface de Zinédine Zidane, s’était vendu à 6 700 exemplaires. S’il a touché 10 % de droits d’auteur sur chaque ouvrage vendu, comme cela se fait généralement dans le milieu, on peut estimer qu’il a empoché 33 000 euros grâce à ces deux livres.

Contacté, Denis Brogniart n’a pas répondu à nos sollicitations.