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Contrat de Mbappé : la Liga attaque le PSG à Bruxelles… et se sépare de Juan Branco

La ligue de football espagnole s’est désistée de son action devant le Conseil d’État entamée après la prolongation du contrat de Kylian Mbappé pour un montant record. Pour mieux attaquer le club parisien auprès de la justice européenne.

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Vasile Mihai-Antonio / Getty Images

Fin du match aller, victoire du PSG par forfait. La Liga Nacional de Fútbol Profesional, la ligue de foot espagnole, vient de se désister, le 14 mars, de la procédure qu’elle intentait devant le Conseil d’État contre le club parisien et la Ligue de Football Professionnelle (LFP). « C’est une décision de mon client dont je ne peux révéler les raisons », a indiqué maître Pinatel à l’Informé. Après avoir été déboutée de son action en référé, la Liga avait déposé un recours en août dernier.

L’organisation ibérique avait décidé de saisir la justice après le renouvellement du contrat de Kylian Mbappé au PSG pour un montant record de 630 millions d’euros bruts sur trois ans. Elle estimait que la LFP n’aurait pas dû le valider en raison d’une infraction au « fair-play financier » - une règle de l’UEFA qui veut que les clubs se financent par leurs recettes propres - et demandait alors son abrogation. Aux yeux des instances espagnoles, l’écurie parisienne et la Ligue 1 pratiquent une concurrence déloyale par rapport au championnat espagnol. Si la procédure en France est abandonnée, hors de question toutefois de ne pas poursuivre cette croisade. « Nous continuerons certainement à porter ce sujet et en particulier dans le cas du PSG, explique Joris Evers, porte-parole de la Liga. On se tourne désormais vers Bruxelles, il s’agit simplement d’un changement de juridiction. Il est évident que ce club est financé par de l’argent qui ne provient pas de son activité footballistique avec des montants injustifiés, en particulier des parrainages et des accords commerciaux, équivalant à une aide d’État [le club de la capitale est détenu par le Qatar NDLR] ». Contactée, la LFP n’a pas souhaité faire de commentaires tandis que le PSG ne nous a pas répondu.

L’an dernier, l’avocat de la Liga, Juan Branco (qui n’a pas retourné nos appels), avait annoncé être prêt à en découdre y compris devant les plus hautes instances européennes. Mais ce n’est pas lui qui portera ce dossier à Bruxelles nous a appris l’organisation espagnole. « Les choses vont bouger cet été, ajoute Joris Evers. Le PSG est l’un des clubs à avoir de mauvaises pratiques mais il n’est pas le seul, ajoute-t-il. En Premier League [le championnat anglais NDLR], des propriétaires continuent de verser des fonds dans des clubs qui fonctionnent à perte. ».

La ligue ibérique cherche à dénoncer les énormes moyens financiers dont disposent certaines équipes détenues par des États richissimes (Manchester City avec les Émirats arabes unis, Newcastle et l’Arabie saoudite…) ou des milliardaires : Chelsea, par exemple, désormais possédé par le milliardaire américain Todd Boehly, n’a pas hésité à dépenser 555 millions d’euros en quelques mois pour acquérir 15 joueurs selon l’Observatoire du football CIES.

Ces derniers jours, la Liga a déjà fort à faire. Son président, Javier Tebas, est pris dans un scandale révélé par la Vanguardia. Le quotidien espagnol l’accuse d’avoir transmis une fausse preuve à la justice à l’encontre d’anciens dirigeants du FC Barcelone pris dans une affaire de soupçons de corruption d’arbitres. Depuis, le club Catalan a appelé publiquement à sa démission. Sur Twitter, le 3 avril dernier, Javier Tebas s’est défendu. Pour lui, l’article de la Vanguardia est faux et « de plus nous n’accusons personne. Tout est faux, c’est de l’auto-victimisation ».