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Continuer la lectureLa ligue de football se fâche avec un des ses sponsors, Viber
L’appli de téléphonie et de messagerie vient d’être condamnée à verser 142.320 euros à la LFP.
L’idylle entre la Ligue de football professionnel (LFP) et Viber aura été de courte durée. En 2019, l’application de téléphonie et de messagerie était devenue le sponsor de la compétition d’e sport e-Ligue 1, une déclinaison du jeu vidéo Fifa d’Electronic Arts dédiée au championnat français. A l’époque, les partenaires ne tarissaient pas d’éloges l’un sur l’autre. « La LFP est très heureuse d’accueillir Rakuten Viber », déclarait l’association du ballon rond dans un communiqué. « Être partenaire d’une compétition d’envergure comme la e-Ligue 1 nous permet d’aller à la rencontre de nouveaux utilisateurs », ajoutait Viber.
Le contrat devait durer trois ans, mais les rapports ont très rapidement viré à l’aigre. En cause : un succès mitigé du programme. En janvier 2020, Viber s’est plaint auprès de son coéquipier que le nombre de participants était « bien moindre qu’annoncé », et demandait « un geste financier fort » ; en clair, une grosse ristourne sur les 75.000 euros que devait payer le sponsor chaque année.
De fait, en mars 2020, le nombre d’utilisateurs uniques plafonnait à 15.000 personnes. Très loin des « 100.000 joueurs en 3 saisons » revendiqués par la LFP dans le communiqué publié avec Viber. Très loin, aussi, d’une « audience » de 45.000 joueurs pour la saison 2017-18 qu’avait vantée la Ligue dans une présentation faite au futur sponsor.
La LFP reste droit dans ses bottes
Voyant que la LFP ne cédait pas, Viber a refusé de payer la première année. Lorsqu’en mars 2020 le championnat s’est arrêté à cause du Covid, l’appli a tout simplement rompu le contrat, invoquant un « cas de force majeure ».
Une décision inacceptable pour la Ligue de foot, qui attaque alors son ancien partenaire devant le tribunal de commerce de Paris, lui réclamant 190.769 euros pour avoir résilié l’accord de manière « fautive et abusive ». En retour, la filiale du japonais Rakuten riposte et exige 308.510 euros pour « dol » et « manquement aux obligations contractuelles », estimant que son consentement a été « vicié ».
Devant le tribunal, la Ligue admet que l’audience de 45.000 joueurs vendue à son partenaire correspondait en réalité au nombre d’inscrits, et que seuls 40% des inscrits se convertissaient en joueurs effectifs. Malgré tout, selon nos informations, les juges consulaires ont finalement tranché en faveur de la LFP, condamnant Viber à lui verser 142.320 euros. Pour eux, « le contrat ne contient aucun engagement relatif au nombre de joueurs participant à la compétition, ni aucune indication sur le nombre attendu de joueurs L’indicateur portant sur le nombre de joueurs uniques n’apparaît qu’après la signature du contrat ». Dès lors, « il n’y a eu ni mensonge, ni manœuvre, ni dissimulation intentionnelle de la part de LFP ».
Le tribunal estime aussi que Viber n’était pas en droit de résilier l’accord, malgré l’arrêt de la compétition. Certes, cette interruption « a entraîné pour Viber une perte d’audience non contestable auprès de la cible des joueurs de l’e.Ligue 1 ». Mais il rappelle que le gouvernement avait pris une ordonnance en mars 2020 interdisant d’utiliser l’urgence sanitaire pour rompre des contrats avant terme.
Contactés, la LFP n’a pas répondu. L’avocat de Viber, Xavier Pernot, a indiqué avoir fait appel.