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Continuer la lectureElle fabrique pour LVMH et Hermès, Maroquinerie Thomas s’ouvre à un fonds
L’entreprise familiale spécialisée dans le travail du cuir, du textile et de la soie affiche un chiffre d’affaires record, à 180 millions d’euros.
Le monde du luxe fait rêver les consommateurs, tout comme les investisseurs. Preuve en est, l’un des principaux sous-traitants français de LVMH et de Hermès, Maroquinerie Thomas, a pour la première fois de son histoire ouvert son capital à un fonds. Selon nos informations, la branche minoritaire de la famille Thomas a cédé un bout de sa participation à Raise Invest, un véhicule d’investissement créé par Clara Gaymard (ex-patronne de GE France et actuel membre du conseil d’administration de LVMH) et Gonzague de Blignières.
Raise, qui s’est imposé dans le cadre d’une enchère animée par Natixis Partners, ne vient pour autant pas chambouler les équilibres du groupe. Ce dernier reste détenu par une autre branche de la famille Thomas, à l’origine de la création de cette maroquinerie en 1937. Partie d’un premier atelier parisien, dans lequel elle fabriquait des produits vendus sous son nom, l’entreprise est entrée dans l’ère de la sous-traitance dans les années 70. Aujourd’hui, son activité est principalement liée à celle des deux géants tricolores du luxe, qui lui demandent toujours plus de sacs, d’articles de petite maroquinerie et de bagages. Elle emploie aujourd’hui plus de 1 500 salariés et affiche un chiffre d’affaires de l’ordre de 180 millions d’euros (contre 104 millions cinq ans plus tôt), pour un Ebitda d’environ 16 millions, a appris l’Informé.
Avec sa petite dizaine de manufactures dans l’Hexagone, Maroquinerie Thomas joue la carte du « Made in France » et a encore ouvert l’an dernier un site près de Chalon-sur-Saône (en Franche-Comté, où est très présent Hermès). Il y a quelques années, il revendiquait aussi une présence en Italie grâce à son rapprochement avec l’entreprise toscane B&G, et disposait d’un site au Vietnam - nouvel eldorado de la sous-traitance low-cost. Mais la production a été entièrement relocalisée dans l’Hexagone, où les produits LVMH ne croisent jamais ceux de l’éternel concurrent Hermès. À la demande des deux grands donneurs d’ordre, l’entreprise dirigée par Yann Thomas a pris soin de séparer leurs unités de production.
Contactés, Yann Thomas et Natixis Partners n’ont pas souhaité commenter. Raise n’était pas disponible.