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Continuer la lectureThales Simulation & Training réduit la voilure
En manque de commandes, l’entité du groupe dédiée à la formation et à la simulation pour les forces armées terrestres réaffecte ses effectifs en interne.
Dix-huit mois après avoir finalisé le rachat de Ruag Simulation & Training (S&T), Thales déchante. Faute de résultats suffisants, le groupe présidé par Patrice Caine revoit à la baisse ses ambitions dans l’activité de systèmes de simulateurs et d’entraînement pour les forces armées terrestres, rachetée en mai 2022. Entre concurrence exacerbée et contrats insuffisamment rentables, l’entité désormais rebaptisée Thales Simulation & Training, est contrainte de réduire la voilure : un plan en cours de déploiement doit réaffecter en interne des salariés travaillant sur le segment « industrie et production ». L’accord signé en septembre avec les organisations syndicales prévoit le détachement de collaborateurs volontaires au sein de la Business line Training & simulation, logée dans le périmètre de Thales Avionics, en vue de conserver les compétences.
Reprise par Thales pour 120 millions d’euros, l’ex-filiale du géant suisse de l’aérospatial et de la défense Ruag a contre-performé ces derniers mois : l’exercice 2022 s’est soldé par un résultat négatif de 30 millions d’euros. À titre indicatif, le chiffre d’affaires atteignait environ 90 millions d’euros en 2021. Le carnet de commandes est en recul et les contrats enregistrés par la société avant d’intégrer Thales n’ont pas permis de sauver les meubles. Les activités des deux entreprises sont pourtant complémentaires, avec un suisse spécialiste de la simulation live (utilisée lors d’exercices réels) et un Thales davantage axé sur les technologies virtuelles.
Le géant tricolore espérait donc se renforcer sur les solutions de T&S pour les forces armées terrestres, points forts de Ruag S&T… et se retrouve déçu : le groupe dirigé par Patrice Caine prévoit même des pertes d’exploitation sur plusieurs exercices consécutifs. En novembre 2021, il tablait pourtant sur le potentiel de ce « marché extrêmement porteur (...) en pleine digitalisation ». La reprise devait permettre de développer sur les marchés français, suisse, allemand et émirati où le Suisse était bien implanté. Au total, 500 salariés de l’ex-Ruag avaient rejoint le millier de collaborateurs de la Business Line T&S, également active sur les marchés aérien et naval.
L’intégration dans Thales s’est accompagnée d’un changement de gouvernance. Fin septembre, Laurent Barraco a cédé la présidence de Thales S&T à Philippe Bragard, pour rejoindre l’activité des véhicules et systèmes tactiques de Thales. Un an plus tôt, le directeur général François Traxel - un ancien de Ruag - avait, lui, laissé sa place à Frédéric Mangeant.