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Continuer la lectureLes drôles de comptes du CSE de Randstad Inhouse
Hôtels, voyages… Un rapport d’expert accablant pointe les dépenses faramineuses du comité de ce géant de l’intérim mais aussi l’absence de justificatifs. Au point que la direction envisage des suites judiciaires.
Grosse ambiance au CSE de Randstad Inhouse. Les élus du Comité social et économique de cette entité employant 27 000 permanents ou intérimaires sont désormais priés de garder une distance de sécurité. « Les réunions plénières se tiendront exceptionnellement et temporairement toutes en distanciel, et cela jusqu’au 30 septembre 2023 », a fait savoir le DG du groupe, Gaëtan Deffrennes, dans un mail envoyé aux membres de l’instance. En cause ? Des « insultes, menaces et invectives » proférées lors de la dernière rencontre, le 23 juin. « L’ambiance est détestable, avec un manque de savoir-vivre et de politesse de la part de la majorité des élus présents, soupire un membre. Dès qu’ils peuvent faire des coups en douce, ils le font, le tout avec une agressivité permanente. »
L’objet de la discorde ? Les comptes, pour le moins surprenants, du CSE. Le cabinet Ideo a passé au crible les dépenses opérées par le comité en 2022… Et les épingle dans un rapport accablant, consulté par L’Informé. D’abord, les experts relèvent d’étonnants montants alloués aux nuits d’hôtel (25 276 euros), aux repas et consommations (24 376) et surtout aux indemnités kilométriques (527 922 euros !). Dans un courriel interne, Gaëtan Deffrennes s’étonne lui aussi de pareils frais, représentant à eux seuls « 47 % des dépenses de fonctionnement du CSE ». Des défraiements considérables qui se font parfois de manière un peu légère, qui plus est. Ideo note ainsi que les frais kilométriques ont non seulement été remboursés sur la simple « base de pièces déclaratives » mais qu’il reste « 36 554 € à justifier ». Et le directeur général de rappeler : « Plusieurs élus ont demandé le détail des remboursements de frais par élu bénéficiaire. J’en sollicite moi-même le détail avec communication des justificatifs. Aujourd’hui, cette demande est restée sans réponse. »
Au-delà, le cabinet pointe les comptes déficitaires de l’instance. Alors que la direction octroie des dotations au comité pour deux raisons - les activités sociales et culturelles et les activités économiques professionnelles (frais internes du CSE) - les deux postes se retrouvent dans le rouge, respectivement de 410 013 euros et 254 376 euros. « Le temps affecté à la gestion de la trésorerie du CSE est nettement insuffisant, tacle le rapport. On ne peut gérer un budget de plus ou moins 2 millions d’euros en si peu de temps. » La direction a bien saisi le juge des référés, qui a ordonné à la trésorière et à son adjoint du comité de lui remettre les documents comptables de l’exercice 2021, 2022 et 2023. Mais selon le patron, les élus ne se sont pas mis en conformité.
Le 23 juin dernier, les comptes présentés par le cabinet ont finalement été approuvés… Même si l’expert s’est dit incapable « d’attester de la cohérence et de la vraisemblance des comptes annuels pris dans leur ensemble ». La direction a annoncé « se réserver des poursuites judiciaires à engager ». Contactés, la secrétaire, la trésorière et le trésorier adjoint ne nous ont pas répondu. Tout comme Gaëtan Deffrennes.