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Industrie

Le Pentagone compte sur les industriels français pour surveiller l’espace

La récente mission du CNES aux États-Unis a ouvert de nombreuses opportunités. Reste à les concrétiser.

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EVA HAMBACH / AFP

Fin 2023, l’Informé vous racontait les tribulations du CNES aux États-Unis, bien décidé à faciliter l’implantation d’acteurs tricolores au Colorado. À peine deux mois plus tard, les premiers contacts ont déjà porté leurs fruits. Selon nos informations, le pôle d’innovation Catalyst Campus, à Colorado Springs, souhaite ouvrir à des entreprises françaises un programme de surveillance de l’espace financé par le Pentagone via l’Air Force Research Lab (AFRL).

En toute logique, le CNES devrait pousser les consortiums qu’il avait sélectionnés en décembre 2022 dans le cadre de son appel d’offres « catalogue de données pour la surveillance pour l’espace ». Mêlant jeunes pousses et acteurs historiques, ils portent des projets axés sur des capteurs optiques et radars (Arianegroup/Eutelsat/Magellium/Sodern et Aldoria/Onera/CS Group), une solution de surveillance des constellations de satellites par radiofréquence (Safran Data Systems) et enfin des satellites dédiés à l’observation des débris et objets spatiaux (U-Space/Airbus Defence and Space et Infinite Orbits/Telespazio/IMCCE/IRT Saint-Exupéry). Ils ont été financés via le plan d’investissements France 2030, qui prévoit 1,5 milliard d’euros pour le spatial.

D’autres domaines de collaboration ont été esquissés. Le Space Information Sharing and Analysis Center (ISAC), également au Colorado, envisage de travailler avec le CNES sur la question de la cybersécurité spatiale. Cette organisation constitue la principale source d’information du secteur spatial américain sur les menaces pouvant peser sur ses activités, en lien avec plusieurs agences étatiques : NASA, Space Force, NSA, etc.

L’University of Colorado Boulder voudrait aussi s’associer au CNES dans le cadre d’un programme dédié à la médecine spatiale. Enfin, au moins trois entreprises américaines du Colorado envisagent d’installer en France leurs futures antennes européennes : le spécialiste optique Ball Aerospace & Technologies, le fabricant de satellites Blue Canyon Technologies et la société de cybersécurité Gigit.

Reste à savoir si toutes ces pistes aboutiront. Certes, la volonté de rapprochement entre les États-Unis et l’Hexagone sur le spatial a clairement été affirmée par Emmanuel Macron et Joe Biden en novembre 2022. « Nous avons déjà plusieurs success story de start-up franco-américaines telles que Loft Orbital et e-Space qui représentent plus d’une centaine d’emplois à Toulouse, ont levé plusieurs centaines de millions d’euros et ont plusieurs satellites en orbite », indique d’ailleurs le CNES à l’Informé. Mais au-delà du Colorado, le CNES s’intéresse aussi au Texas, où il devrait prochainement annoncer plusieurs projets. Signataire d’une « déclaration d’intention de développement économique » avec la France à l’été 2023, l’État du sud a accueilli lors de la visite de décembre une délégation d’entreprises françaises du NewSpace conduite par le ministre du commerce extérieur Olivier Becht, comprenant Watt & Wells, Aldoria, Coreod Space, The Exploration Company, Space Flight Institute, Leanspace et Interstellar Lab.

Pour des raisons de moyens humains et financiers, le CNES va devoir fixer des priorités.