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Continuer la lectureEmballages : Ipackchem (déjà) remis en vente
Actionnaire depuis seulement deux ans, le fonds SK Capital a mandaté deux banques d’affaires pour céder ce fabricant de bidons destinés aux matières chimiques sensibles.
Il est le grand spécialiste des emballages « barrière », ces bidons et barils utilisés pour transporter et stocker en sécurité des produits chimiques dangereux. Avec 1 400 salariés et treize sites répartis entre neuf pays (France, États-Unis, Chine, Hongrie…), Ipackchem fournit plus de 500 entreprises dans le monde, à l’instar de Syngenta et Dow Chemical. Sur le plan actionnarial, l’industriel aux racines stéphanoises a enchaîné trois LBO depuis 2014. Le dernier a été bouclé début 2021 pour environ 300 millions d’euros avec SK Capital, un fonds américain habitué à investir dans les métiers de la chimie. Mais les choses pourraient encore changer : l’actionnaire majoritaire cherche à céder sa place. Selon nos informations, l’investisseur a confié un mandat de vente à deux banques, Goldman Sachs et le conseil indépendant William Blair. Contactés par l’Informé, SK Capital et Ipackchem n’ont pas donné suite à nos sollicitations.
Alors que le marché des fusions-acquisitions et des LBO tourne au ralenti depuis des mois, rares sont les entreprises remises en vente si rapidement. « Beaucoup de fonds n’avaient pas anticipé qu’une cession d’Ipackchem puisse être au menu dès maintenant, observe un financier. De ce fait, les jeux semblent assez ouverts entre les investisseurs désireux de se positionner, il n’y a pas véritablement de favori. Et il ne serait pas surprenant de voir aussi des industriels dans les discussions. » Si le dossier fait son apparition dès aujourd’hui, c’est parce qu’Ipackchem ne connaît pas vraiment la crise. Son activité progresse vite : entre 2020 et 2022 (comptes clôturés en juin), le chiffre d’affaires est déjà passé de 95 à 173 millions d’euros et l’Ebitda a doublé pour atteindre 40 millions. Les ventes progresseront encore sur l’exercice 2023, notamment grâce au rachat de TPG aux États-Unis. Et selon plusieurs sources, l’Ebitda d’Ipackchem devrait s’établir entre 50 et 60 millions d’euros. « La croissance vient moins des acquisitions que du gain de nouveaux contrats », explique un proche du groupe.
Les contenants fabriqués par Ipackchem sont utilisés pour transporter une palette assez large de produits : parfums, engrais, carburants de spécialité, arômes, encres, revêtements… L’entreprise doit notamment son succès à un procédé innovant d’extrusion-soufflage à base d’un mélange gazeux de fluor et d’azote. Celui-ci permet de fixer une barrière fluorée à l’intérieur du bidon, de manière à sécuriser le contenu. Récemment, le groupe a d’ailleurs un peu fait parler de lui à Saint-Victor-sur-Loire, près de Saint-Etienne, où il souhaite produire du fluor… Comme l’a expliqué le quotidien régional Le Progrès fin décembre, le projet suscite de l’émotion chez des riverains, inquiets des conséquences environnementales et sanitaires alors que le site est implanté près d’une réserve naturelle.