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Industrie

Ardian espère enfin boucler la vente de l’expert du contrôle qualité Trigo

L’investisseur espère séduire un acheteur anglo-saxon pour cette entreprise de 10 000 salariés très liée aux constructeurs automobiles et à l’aéronautique.

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ROBERTO PFEIL / AFP

Cette fois-ci sera-t-elle la bonne pour Ardian ? Actionnaire majoritaire de Trigo depuis 2016, l’investisseur de la place Vendôme compte bien se défaire de sa participation dans un avenir proche, presque cinq ans après avoir envisagé une première fois de la céder. Selon nos informations, le financier a mandaté la banque d’affaires américaine Baird pour aider le spécialiste du contrôle qualité industriel à trouver preneur.

Le choix de cette structure de conseil méconnue en France - mais qui a déjà eu l’occasion de travailler avec Ardian dans le passé - n’est pas le fruit du hasard. « L’idée est d’identifier un investisseur anglo-saxon très loin du village parisien du private equity », croit savoir un banquier d’affaires. D’autres sources évoquent une volonté de trouver un acquéreur industriel américain pour Trigo. « Il pourrait y avoir de bonne complémentarité avec ce profil d’acheteur, dans la mesure où sur ses 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise en réalise 150 millions outre-Atlantique, juge un connaisseur du dossier. Et puis Ardian aurait peut-être plus de facilités pour céder Trigo à meilleur prix qu’avec un fonds, dans la mesure où un industriel peut se permettre de payer un peu plus du fait des perspectives de synergies. »

Trigo est chargé par ses clients industriels d’inspecter le bon fonctionnement de leur chaîne de production et de contrôler la qualité des pièces sortant de leurs usines. Employant pas moins de 10 000 collaborateurs, il travaille sur 14 sites en France et plus de 500 autres dans 28 pays. Sous l’égide d’Ardian (et de son précédent actionnaire, le fonds IK), la société s’était efforcée à réduire sa dépendance très forte à PSA (ou Stellantis) et Renault. Si Trigo a notamment ajouté des constructeurs étrangers comme Toyota ou Volkswagen à la liste de ses clients, il s’est aussi diversifié dans d’autres secteurs, en particulier l’aéronautique. Mais le Covid-19, qui a provoqué des tensions chez les donneurs d’ordre, a entraîné une baisse sensible de son Ebitda, douchant à l’époque toute possibilité de cession. Celui-ci s’est nettement repris pour ressortir entre 55 et 60 millions en 2023 (en norme post IFRS 16). Reste à savoir quel pourrait être l’impact de la morosité ambiante du secteur automobile, en particulier en Europe, sur l’activité de Trigo.