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Continuer la lectureTeract (Jardiland, Boulangerie Louise) perd son patron de l’alimentaire
Jocelyn Olive quitte le groupe alors que cette branche tarde à décoller. Un des investisseurs vient aussi de se désengager.
Les départs s’enchaînent chez Teract. Quelques semaines après celui du directeur général délégué Guillaume Darrasse, parti rejoindre l’état-major d’Auchan, l’Informé a pris connaissance du départ de Jocelyn Olive. Ce dernier était jusqu’ici directeur général adjoint en charge de l’alimentaire, l’un d...
En attendant l’arrivée de son/sa remplaçant(e), c’est Ludovic Holinier, l’actuel directeur général délégué de Teract, en place depuis le 1er mars qui assurera l’animation des équipes et la direction générale de Boulangerie Louise, la principale acquisition de Teract à ce jour. Les autres enseignes comme Jardiland, Gamm Vert, Frais d’ici ou Grand marché La Marnière ont été apportées dans la corbeille de la mariée lors de la création de l’entreprise par les principaux actionnaires de Teract comme le groupe InVivo ainsi que Moez-Alexandre Zouari. Précisons que l’homme d’affaires Matthieu Pigasse et Xavier Niel (actionnaire à titre individuel de l’Informé) sont également parmi les membres fondateurs de Teract, qui compte plus de 1 700 magasins à ce jour.
Avant de se lancer dans la restauration, Jocelyn Olive a évolué chez L Capital, fonds contrôlé par Bernard Arnault, puis chez un autre financier, Fondations Capital, où il avait contribué au rachat de Courtepaille. Notre homme avait ensuite quitté le private equity pour participer à la relance de Burger King en France en 2012, avant de rejoindre Buffalo Grill en 2018 afin de redresser l’enseigne. En 2021, il avait célébré ses retrouvailles avec Courtepaille en reprenant la chaîne de steakhouses pour la rapprocher de Buffalo Grill au sein d’un nouvel ensemble, baptisé Napaqaro. Un pari perdant puisque Courtepaille n’a pas pu éviter la liquidation judiciaire en 2023. Jocelyn Olive était déjà parti vers de nouveaux horizons : Teract l’avait en effet recruté en novembre 2022, où il ne sera donc resté que 18 mois. Aurait-il été déçu de sa feuille de route chez Teract ? A-t-il été poussé dehors ou a-t-il cédé aux sirènes d’une autre entreprise ? Contacté par nos soins, le principal intéressé n’a pas donné suite à nos demandes.
À l’heure du bilan, ce dernier n’aura pas pu ou su accélérer le développement de Teract dans le commerce alimentaire. Le plan initial était de faire de l’entreprise, à terme, un vrai concurrent de Grand Frais, spécialisé dans le frais et le local, autour de l’enseigne Grand marché La Marnière. Mais celle-ci ne rassemble encore que trois magasins. En tenant aussi compte des boulangeries Louise, des sept magasins Bio & Co ainsi que des neuf corners installés dans des magasins Gamm Vert, le chiffre d’affaires consolidé de Teract dans l’alimentaire n’était encore que de 73,7 millions d’euros au premier semestre de l’exercice 2023-2024, tandis qu’il s’élevait à 320 millions dans l’animalerie-jardinerie.
Le fonds Mirova a quitté le capital de Teract
La valorisation de Teract semble pâtir de ce retard à l’allumage. Son cours de Bourse navigue actuellement aux alentours de 0,75 euro, contre 9,50 euros en août 2022, juste après sa constitution autour de l’activité distribution d’InVivo. Conséquence : la capitalisation de l’entreprise ne s’élève aujourd’hui qu’à 55 millions d’euros, sachant que sa dette financière nette, fin 2023, s’élevait à 534 millions. Et cette évolution fait grincer des dents. Selon nos informations, Mirova, qui détenait 5,2 % du capital, vient tout juste de céder ses positions.
Le mouvement n’est pas anodin, puisqu’il était le troisième actionnaire, derrière In Vivo (75,9 %) et 2MXOrganic (12,7 %), le véhicule commun de Moez-Alexandre Zouari, Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Sa participation était même trois fois plus importante que celle de Bpifrance (1,6 %). Mirova, un gestionnaire d’actifs positionné sur l’investissement socialement responsable et affilié à Natixis IM, aurait été déçu par la lenteur du développement de Teract, alors qu’il avait misé sur un modèle de distribution intégrée basé sur le local. A contrario, un autre investisseur français, Sycomore AM, s’est tout récemment renforcé au capital pour détenir 4,9 % - une participation comptabilisée dans le flottant de l’entreprise. Ce dernier tablerait sur le large potentiel de rebond de Teract, et flaire la bonne affaire au regard du cours de Bourse actuel.