Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Particuliers employeurs : la présidente historique de la Fepem visée par une plainte pour abus de confiance

Marie Béatrice Levaux et son ex-directeur de cabinet sont mis en cause par plusieurs membres de la direction.

Photo
Pixel-Shot - stock.adobe.com

Grabuge à la Fédération des particuliers employeurs de France. Plus communément appelée « Fepem », cette organisation fondée en 1948 défend les droits des 3,3 millions de particuliers français qui emploient à domicile plus d’1,3 million de salariés. Reconnaissance du statut de particulier employeur, ...

Pour comprendre, retour au début de l’année 2024. En février, une enquête est confiée à un cabinet d’audit externe après que la direction de la Fepem a été alertée de possibles faits de harcèlement moral et sexuel mettant en cause Michaël Christophe et deux de ses collègues. Dans son rapport, le cabinet conclut à une situation particulièrement délétère, menant à une situation d’inconfort, de malaise voire de mal-être chez certains.

En parallèle, une enquête interne est aussi menée. Investigation durant laquelle la direction indique avoir découvert des éléments d’un autre ordre. Ainsi, Sigried Debruyne et le directeur général exécutif Pierre-Olivier Ruchenstain dénoncent dans leurs plaintes des « détournements du temps de travail commis au préjudice de la Fepem » par Christophe. Selon eux, « de nombreux évènements n’ayant pas attrait à ses missions » ont été identifiés sur le calendrier de l’employé, comme des réunions « Comité francophonie JAF » hebdomadaire, Marie Béatrice Levaux étant représentante légale de l’association des jeunes ambassadeurs francophones (JAF). Des rendez-vous par la suite supprimés de son agenda, mais l’analyse « a conclu à une concomitance quasi parfaite » entre les calendriers de Christophe et de Levaux « à propos de réunions de préparation et d’évènements organisés pour l’association JAF ». Ainsi, certains membres de la Fepem reprochent au directeur de cabinet d’avoir, sur son temps de travail dédié à la Fepem et avec les moyens qui lui étaient alloués, mené des missions au service de la JAF et non de la Fepem. Pour prouver leur dire, les membres mécontents ont exhumé plusieurs mails envoyés en ce sens par le directeur de cabinet. Selon eux, ces messages prouvent que le cadre a « oeuvré depuis de nombreux mois, voire années, pour la création de l’association JAF et les activités de Marie Béatrice Levaux en lien avec la francophonie ». Des actes constitutifs, toujours selon eux, d’abus de confiance. Pour l’ensemble des faits qui lui ont été reprochés, Michaël Christophe a finalement été licencié pour faute grave le 30 mai dernier.

Dans la plainte, qui vise à la fois Marie Béatrice Levaux, Michaël Christophe, et la JAF, la Fepem dénonce donc le préjudice subi en raison des détournements de Christophe de son temps de travail, et de l’utilisation à des fins personnelles par Marie Béatrice Levaux des fonds consacrés par la Fepem à sa rémunération.

Ce mercredi,, les adhérents de la Fepem ont été invités à participer à un Conseil des présidents, nom donné au conseil d’administration de la structure. À l’ordre du jour ? Un « point sur la situation et les tensions au sein de la Fédération et du Bureau Exécutif », suivi d’un « vote sur les mesures à engager le cas échéant ». Selon nos informations, une autre plainte visant la présidente Marie Béatrice Levaux serait actuellement à l’étude par certains membres de la Fepem.

Contacté par l’Informé, Michaël Christophe n’a pas répondu à notre sollicitation. Marie Béatrice Levaux nous a transmis ce message : « Je n’ai pas connaissance de la plainte déposée à mon encontre mais je suis déterminée, si tel est le cas, à défendre mon honneur et ma probité par tous les moyens mis à ma disposition par la loi. Je conteste avoir commis la moindre infraction. Au-delà de la dénonciation calomnieuse que constitue la plainte que vous évoquez, je regrette profondément la déstabilisation de la FEPEM qui en résulte, au vu des avancées obtenues au bénéfice des 5 millions de particuliers employeurs et des salariés du secteur pendant les 15 dernières années. » Sigried Debruyne et Pierre-Olivier Ruchenstain pour leur part nous ont indiqués : « On nous a dit que déposer cette plainte relevait du suicide collectif de notre fédération, mais ne pas le faire nous aurait rendus complice. Nous irons au bout de cette procédure dans l’intérêt des particuliers employeurs que la Fepem représente. »