Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Particuliers employeurs : en crise, la Fepem en passe de révoquer son bureau exécutif

Une partie de la direction accuse d’abus de confiance la présidente historique de cette puissante fédération.

Photo
Andrey Popov / stock.adobe.com

Les ennuis ne sont pas terminés pour la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), puissante organisation chargée de défendre les droits de 3,3 millions de particuliers français, employeurs à domicile de plus d’1,3 million de salariés. Ce mardi, nous révélions les soupçons d’abus de confiance qui pèsent sur Marie Béatrice Levaux, présidente de la structure depuis 2002, et son ex-directeur de cabinet Michaël Christophe. Une plainte déposée par la coprésidente de la fédération Sigried Debruyne et son directeur général exécutif Pierre-Olivier Ruchenstain accuse Marie Béatrice Levaux d’avoir missionné Michaël Christophe sur des sujets totalement étrangers à la Fepem, sur son temps de travail.

Ce mercredi 19 juin, un conseil des présidents, équivalent d’un conseil d’administration ici, s’est réuni pour faire le « point sur la situation et les tensions au sein de la Fédération et du Bureau Exécutif ». Balayant les accusations d’abus de confiance qui visent leur dirigeante historique, certains participants ont présenté, dans une ambiance particulièrement tendue, la crise comme un simple « conflit de personnes » au sein du bureau exécutif.

Ce dernier rassemble la dépositaire de la plainte, Sigried Debruyne, ainsi que la troisième co-présidente Pascale Villiers et trois vice-présidents de la fédération. L’assemblée, sous le regard attentif de deux huissiers de justice mobilisés par les deux camps, a voté en faveur d’une remise en cause de cette instance : le 10 juillet prochain, les participants devront se prononcer sur sa révocation. « Tout cela ressemble à des représailles, dénonce un proche du dossier. Un retournement de situation est opéré : celle qui lance l’alerte est celle qui est sur la sellette. C’est une catastrophe pour la Fepem », poursuit-il, dénonçant une tentative d’« étouffement » de l’affaire.

Déjà, lors d’un précédent conseil des présidents le 23 mai, nombre de participants avaient appelé à étouffer l’affaire et à la régler en interne, dénonçant un risque de « suicide collectif » de la fédération si une plainte pénale venait à être déposée. Certains d’entre eux avaient également rappelé leur attachement à Marie Béatrice Levaux et salué son action à la tête de la Fepem.

S’emparant également du dossier, la section SMA CFDT de l’organisation s’est fendue d’un tract intitulé « malaise à la Fepem », dans lequel était invoquée une « enquête ayant révélé des malversations ». Et de conclure : « Nous mettrons tout en œuvre pour préserver vos intérêts et la pérennité de l’ensemble des structures, indépendamment de tous jeux de pouvoir et d’influence politique. »