Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Nutri-Score : tous les détails du nouveau barème

L’Informé dévoile le nouveau mode de calcul et les barèmes du Nutri-Score qui entreront en vigueur en 2024. Les produits contenant trop de sucre, de sel ou des édulcorants de synthèse seront plus pénalisés.

Photo
MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

Les ingénieurs de Nestlé, Danone et compagnie vont pouvoir commencer à sortir leurs calculettes. L’Informé a mis la main sur le projet d’arrêté interministériel précisant les nouvelles modalités de calcul du Nutri-Score qui doit entrer en vigueur début 2024 (voir document ci-dessous). Ces règles, plu...

Apposé sous forme de logo sur la face avant des emballages, le Nutri-Score est basé sur une échelle de 5 couleurs (du vert foncé au rouge), associée à des lettres allant de A à E, et doit inciter à choisir des denrées alimentaires au bon profil nutritionnel. La note de chaque produit est le résultat d’un savant calcul de points, opéré à partir de sa composition : les ingrédients jugés néfastes pour la santé (selon leur proportion) apportent des points négatifs (sucre, sel, gras saturés…), les ingrédients sains des points positifs (protéines, légumes…). Le site OpenFoodFacts a calculé par exemple que le paquet de 8 tranches de jambon cuit à l’étouffée de marque Herta affichait la note de 5 en points positifs (grâce à son apport en protéines) mais en perdait 9 en points négatifs (essentiellement à cause de la présence excessive de sel). À l’arrivée, un score nutritionnel de 4 (9-5) et une note de C.

Établi en 2017, cet algorithme va donc voir certains paramètres changer. La composante positive sera désormais calculée sur un maximum de 17 points, contre 15 aujourd’hui, répartis en trois catégories (quantité de fibres notée de 0 à 5 points, quantité de protéines, de 0 à 7, et quantité de fruits, légumes et légumes secs, de 0 à 5). La composante négative sera davantage prise en compte puisqu’elle pourra peser un total de 55 points maximum, contre 40 points précédemment. Auparavant, le sel et le sucre pouvaient représenter un maximum de 10 points chacun (une pénalité, diraient certains). Désormais, une teneur élevée en sucre pourra coûter jusqu’à 15 points, et une quantité importante de sel jusqu’à 20 points. Avec des barèmes plus sévères qui plus est : avoir 30 grammes de sucre/100 grammes de produit coûtera 8 points dans la composante négative, contre 6 seulement aujourd’hui. Les boissons feront aussi l’objet d’une attention spécifique : la présence d’édulcorants de synthèse entraînera un « malus » de 4 points de composante négative. Jusqu’alors, cet élément ne rentrait pas en ligne de compte.

Toutes ces évolutions doivent permettre « une meilleure différenciation entre les aliments selon leur teneur en sucres et sel, entre les aliments complets riches en fibres et les aliments raffinés, une meilleure classification des poissons gras, des huiles moins riches en graisses saturées et de la volaille par rapport à la viande rouge » précisent les autorités françaises dans leur dossier de dépôt.

L’impact du Nutri-Score est non négligeable pour les fabricants. Des Pays-Bas à l’Espagne, en passant par la France (mais pas en Italie, qui refuse ce système), cet outil les incite à revoir en permanence leurs recettes pour être mieux-disant et séduire le consommateur : les études indiquent que les produits ayant un très bon Nutri-Score se vendent généralement mieux que leurs homologues présentant une mauvaise note. Reste que son utilisation est basée sur le volontariat, et de nombreux industriels préfèrent encore ne pas afficher le (mauvais) résultat de leurs produits sur les emballages, de Nutella à Coca-Cola. Il y a un an, l’UFC Que Choisir relayait ainsi que 40 % du marché alimentaire français n’utilisait pas ce système d’étiquetage nutritionnel.

Pour s’adapter au nouveau barème, les entreprises qui jouent le jeu disposeront d’une période transitoire de 24 mois durant laquelle elles pourront commercialiser des produits avec le Nutri-Score calculé selon l’ancienne version de l’algorithme.