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Grande conso

Maje, La Mie Câline, Jimmy Fairly… du beau monde sur le dossier Minelli

La chaîne de magasins de chaussures et de maroquinerie avait été placée en redressement judiciaire en avril. Les candidats au rachat sont nombreux mais peu généreux.

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MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

L’avenir de Minelli, placé en redressement judiciaire début avril, ne tient plus à grand-chose. Alors que les candidats à la reprise avaient jusqu’à ce lundi pour déposer leur dossier, du beau monde s’est présenté… mais sans offrir beaucoup. Ainsi l’enseigne Maje (groupe SMCP) propose de ne récupérer que deux boutiques sur les 21 que compte encore le chausseur : les magasins parisiens des avenues Mac-Mahon et Ternes, pour 550 000 euros. La marque pour hommes Father & Sons, elle, met sur la table 450 000 euros pour la seule adresse des Ternes. Le lunettier Jimmy Fairly s’intéresse aux points de vente des Ternes et de Bordeaux, pour lesquels il est prêt à débourser respectivement 751 000 euros et 251 000 euros. Enfin, la Mie Câline voudrait racheter le point de vente de la rue de la République à Avignon pour 150 000 euros.

Un seul candidat a déposé une offre globale, qui permettrait à Minelli de survivre. Il s’agit du groupe de transport et de logistique Baghaira, basé à Bourg-en-Bresse. Que vient faire une telle société dans le commerce de chaussures et de maroquinerie ? « Diversification », répond son patron, Augustin Dufaure de Lajarte, dans son dossier. Ce jeune entrepreneur, qui revendique un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros, propose de reprendre, pour 300 000 euros, la marque, ses fichiers clients, ses stocks (évalués à 2,7 millions d’euros), son site e-commerce, mais aucune de ses 21 dernières boutiques. Son projet : relancer Minelli via son site en ligne et des marketplaces (Galeries Lafayette, Zalando, Sarenza, etc.), avant d’envisager éventuellement des corners en grands magasins. Seuls 9 des 86 emplois actuels seraient maintenus, tous au siège de Gémenos (Bouches-du-Rhône).

« Un modèle 100 % digital supprime la cause structurelle d’échec des deux reprises précédentes par Minelli (San Marina en 2022, puis DS Invest/Mes Demoiselles Paris en 2024) », estime le candidat. Il prévoit de confier le sourcing et la production à un partenaire industriel et table sur diverses synergies : internaliser le transport et la logistique, confiés jusqu’alors à des prestataires, dégagerait ainsi une économie d’environ 150 000 euros.

Baghaira dit travailler pour Galeries Lafayette, le BHV, le groupe LVMH, Stellantis, ou encore Les Mousquetaires. Mais Augustin Dufaure de Lajarte a aussi fait parler de lui, en septembre 2025, en se déclarant intéressé par la reprise, via un consortium, de l’exploitation des remontées mécaniques du domaine skiable de Villard-de-Lans. Là-même où l’ex-joueur star de basket, Tony Parker, veut investir.

À noter que Philippe Sayada, ancien professionnel de la mode et de l’horlogerie, a aussi déposé une offre de reprise globale, mais sans précisions sur son périmètre exact et pour seulement 2 euros.