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Continuer la lectureLes ventes de Primark bondissent de 35 % en France
Grâce à ses vêtements à prix cassés et une expansion galopante, le roi de la fast fashion a repris des couleurs en France après deux années compliquées.
Primark reprend son inexorable ascension en France, façon rouleau compresseur. Selon les données auxquelles nous avons eu accès, la chaîne de fast fashion a vu ses ventes progresser de 35 % pour atteindre 766 millions d’euros en 2022 (exercice clos le 31 août dernier). C’est 200 millions d’euros de p...
La réussite de cette enseigne d’origine irlandaise, implantée en France depuis 2013 seulement, tranche dans un secteur du textile plutôt morose. Malgré tous les messages des pouvoirs publics et des associations vis-à-vis de l’impact écologique et social de la fast fashion, les clientes et clients se pressent chez Primark, capable de proposer des t-shirts à 3 euros ou des robes à 10 euros. Les images de consommateurs ressortant de ses magasins les bras chargés de monceaux d’articles et de nombreux sacs frappés du logo bleu vert émeraude sont devenues légion. « L’enseigne est la mieux disante sur les prix, les clients le savent, cela les porte alors que les tensions sur le pouvoir d’achat sont très fortes, souligne Frank Rosenthal, spécialiste en marketing du commerce. Mais la chaîne a aussi su moderniser son concept : elle parle de plus en plus de développement durable, de qualité des produits, propose de plus en plus de licences, et les magasins sont plus beaux qu’avant... »
Alors que de nombreuses marques du secteur de l’habillement baissent définitivement le rideau, son positionnement assumé paye. À l’inverse d’un autre géant (chinois) de la fast fashion, le site Shein, elle ne propose pas (encore) de vente en ligne, et mise tout sur ses très grands magasins (surface moyenne d’au moins 5 000 m2) aux airs de caverne d’Ali Baba pour ados et petits budgets. Dans une interview accordée au Journal du Net en mars, Christine Loizy, directrice générale de Primark France résumait les piliers de son modèle inchangé depuis sa création : « Notre marge produit est très basse. Nous ne faisons pas de publicité. Que ce soit à Londres ou à Paris, dans nos 419 magasins, la gamme de produits est la même. Nous concevons des produits simples et nous agglomérons les volumes. »
La barre du milliard d’euros bientôt franchie ?
La marque britannique, propriété du conglomérat anglais Associated British Foods, ne manque pas de projets. En novembre dernier, elle avait annoncé la création de 800 nouveaux emplois à terme (en plus des 5 800 existants) et l’investissement de 100 millions d’euros en France, avec 7 nouveaux magasins à venir. Ceux d’Angers, Brest et Saint-Etienne ont depuis ouvert au public, les prochains sur la liste étant Nantes, Rouen, Mulhouse, et Grenoble. Au rythme actuel, le milliard d’euros de chiffre d’affaires devrait être atteint très rapidement dans l’Hexagone. Comme en témoignent les derniers résultats semestriels d’Associated British Foods en avril. En Europe, les ventes à surfaces comparables (donc sans compter les ouvertures) de Primark bondissaient de 8%, avec des performances en amélioration constante dans plusieurs pays. Dont la France. Contactée, la direction de Primark France n’avait pas répondu à nos sollicitations.