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Grande conso

Les bons résultats de Carrefour font bondir la rémunération d’Alexandre Bompard

Le PDG du distributeur français devrait gagner 10 % de plus qu’en 2021, grâce à une forte progression de son variable, liée aux performances du groupe.

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ERIC PIERMONT / AFP

L’inflation ne touche pas que les produits alimentaires. Elle concerne également la rémunération d’Alexandre Bompard. Les émoluments du PDG de Carrefour devraient en effet bondir de 10 % environ - 9,88 % pour être précis - pour l’année 2022 et atteindre 4,43 millions d’euros. Une somme confortable - ...

Si Alexandre Bompard peut donc espérer empocher 400 000 euros de plus qu’en 2021 - cette augmentation doit encore être validée par les actionnaires lors de l’assemblée générale du 26 mai prochain -, c’est grâce aux bons résultats du groupe qu’il dirige. Le conseil d’administration de Carrefour a examiné les performances de l’exercice précédent et estimé que le PDG avait atteint les objectifs nécessaires pour toucher la totalité de sa part variable, contrairement à 2021. L’instance a par exemple noté la forte progression des ventes (90 milliards d’euros de chiffre d’affaires) à périmètre comparable (+8,5%) et les gains de parts de marché dans tous les pays clés. De quoi largement dépasser la cible initiale. Si le résultat opérationnel courant du groupe n’a été « que » de 2,3 milliards, contre 2,4 attendus, l’objectif de « free cash flow » a été largement dépassé (1,235 milliard d’euros engrangé contre 1,04 ciblé).

D’autres critères extra-financiers ont pesé dans la balance, comme la performance RSE (indice interne et notation environnementale), au bilan bien meilleur qu’espéré, ou la satisfaction client, un peu en dessous en revanche (avec un Net Promoter Score de 47 contre une cible de 50). Enfin, le conseil d’administration a salué « la qualité de la relation avec les organes de gouvernance, du pilotage managérial, et des résultats obtenus ». Résultat ? Alors qu’au moins 140 % des objectifs fixés devaient être atteints pour que le PDG touche l’intégralité de son variable, la jauge s’est établie à 145,2 % en 2022, en vertu des règles de calcul et de pondération. Joint par l’Informé au sujet de l’évolution de la rémunération, le groupe n’a pas souhaité faire de commentaire.

Un bonus en actions de performance est prévu, assorti de conditions

Attention toutefois, lors des précédentes assemblées générales, les actionnaires n’avaient pas montré un enthousiasme farouche à approuver les variables du patron. En mai 2021, ils étaient 63 % à avoir validé la rémunération du PDG, un pourcentage assez faible lors de ce type de rendez-vous, ou l’approbation des résolutions se fait souvent à plus de 90 %. En mai 2022, ils n’étaient même que 59 %.

À plus long terme, Alexandre Bompard, arrivé aux commandes de Carrefour à l’été 2017, pourrait aussi toucher un bonus non négligeable grâce aux actions de performance qui lui ont été attribuées l’an dernier. Estimation du pactole, qui représente un peu plus de la moitié de sa rémunération globale maximum ? Environ 2,5 millions d’euros. Pour le toucher, il faudra que des conditions de performance aient été atteintes… et que le PDG soit toujours présent dans l’entreprise le 16 février 2025. Le conseil d’administration du groupe le souhaite : l’instance a proposé de renouveler, avec un an d’avance, le mandat d’Alexandre Bompard pour une durée de trois ans. De manière à s’aligner parfaitement sur la durée du plan stratégique « Carrefour 2026 ».