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Continuer la lectureLe discounteur Klo en passe de fermer ses portes
Créé suite à la reprise d’une trentaine de magasins Tati, Klo se présentait comme un spécialiste du déstockage et des bonnes affaires. Mais l’aventure tourne court, avec des magasins qui ferment les uns après les autres.
« Liquidation totale. -70 % sur tout le magasin avant fermeture définitive ». Ces derniers temps, les devantures Klo font peine à voir. Créée il y a deux ans seulement, l’enseigne de déstockage plie boutique. Selon nos informations, sur la quarantaine de points de vente recensés il y a un an, près de 35 sont définitivement fermés et les quelques rescapés prévoient de baisser le rideau dans les semaines à venir. Si aucune liquidation judiciaire n’est enregistrée au tribunal de commerce, pour les employés, l’avenir ne fait aucun doute. « Nous connaissons déjà la date de fermeture de notre magasin, soupire un vendeur du Klo de Coignières, en Ile de France. Le 31 décembre. »
Un secteur en surchauffe ?
Voilà un triste dénouement pour une toute jeune chaîne. Créée début 2020, elle est née du démantèlement de Tati : une partie des implantations arborant le vichy rose et bleu ont été reprises par le groupe GPG pour être transformées en Gifi, et une trentaine d’autres sont devenues des Klo, sous l’impulsion de Christophe James, ex-directeur des opérations de Tati, entouré de quelques managers intéressés par son projet. Son idée ? Proposer des prix cassés sur les grandes marques alimentaires, d’hygiène ou textile, tout au long de l’année. La chaîne tablait sur un catalogue de 5 000 produits et des magasins de 1 650 m² en moyenne. Elle prévoyait de s’approvisionner en circuit court et d’alimenter sa chasse aux bonnes affaires en récupérant les surstocks et fins de série auprès de fournisseurs ou de distributeurs. Un modèle de déstockage à très fort potentiel, surtout en période de crise de pouvoir d’achat… Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu.
D’abord, le premier magasin devait ouvrir le 28 mars 2020 à Limoges, suivi rapidement par vingt-huit autres. Mais cette date correspond au premier d’une longue série de confinements en France, des périodes extrêmement pénalisantes pour les vendeurs de « biens non essentiels ». Comme démarrage, on pouvait rêver mieux. Si le parc de Klo s’est un peu étoffé, pour atteindre plus de 40 points de vente, la dynamique commerciale n’a pas pris. « Le marché du discount non alimentaire est en croissance à deux chiffres mais c’est un sport extrêmement exigeant, explique Yves Marin, associé pour le cabinet de conseil Bartle. Il nécessite une taille critique pour acheter des volumes suffisants à bas prix. Si les ventes et la fréquentation ne sont pas au niveau, cela peut rapidement compliquer la bonne marche des opérations. »
Et à ce jeu, le petit Klo a dû faire face à une concurrence sérieusement renforcée ces dernières années. De nouveaux acteurs sont apparus, comme B&M (qui a racheté Babou), Normal, ou surtout Action, et d’autres se sont incroyablement développés, comme Gifi, ou Centrakor. Désormais, beaucoup d’intervenants se disputent donc les clients… Mais aussi les bonnes affaires à dénicher chez les fournisseurs ! Malgré nos nombreuses relances, aucun dirigeant de Klo n’a répondu à nos questions sur les raisons de son échec, mais la déroute de l’enseigne résonne avec les difficultés rencontrées par Noz il y a peu. La chaîne française de déstockage a brutalement fermé 24 magasins en septembre, faute d’avoir suffisamment de produits disponibles à la vente. « Ces deux dernières années, le contexte économique a engendré des difficultés d’approvisionnement chez nos fournisseurs. Les opportunités d’achats étant par conséquent moins nombreuses, nous n’avions plus la possibilité d’approvisionner correctement nos 325 magasins Noz » justifiait l’entreprise sur les réseaux sociaux. Selon Ouest France, cela porte à près de 40 le nombre d’unités fermées depuis le début de l’année et 50 à 60 Noz sont encore sur la sellette. Preuve que le secteur est sous tension, comme Klo a pu malheureusement s’en rendre compte.