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Grande conso

Épicerie fine : Maïsadour cherche un repreneur pour Comtesse du Barry

Le groupe coopératif du Sud Ouest a lancé un processus de cession il y a plusieurs mois pour cette marque emblématique ainsi que pour son réseau de magasins, en grandes difficultés.

Capture d’écran Google Street View
Capture d’écran Google Street View

C’est une marque centenaire bien connue des gastronomes. Spécialiste du foie gras notamment, Comtesse du Barry pourrait bientôt changer de mains : selon nos informations, son propriétaire actuel, la coopérative Maïsadour, a enclenché un processus de cession il y a plusieurs mois et celui-ci serait désormais bien avancé. Un projet que le groupement agricole confirme à l’Informé. Le repreneur devra aimer les défis, car la Comtesse n’est pas au meilleur de sa forme.

Au-delà d’une brève éclaircie post covid, le chiffre d’affaires ne cesse de baisser : sur le dernier exercice, clos mi 2025, l’activité en propre du réseau de 41 boutiques (dont une à Monaco) a vu ses revenus chuter de 6,5 % pour atteindre 16,2 millions d’euros. Quant à la rentabilité, elle n’est plus au rendez-vous depuis bien longtemps : l’enseigne de centre-ville a cumulé 13 millions d’euros de déficit opérationnel ces dix dernières années et enregistré des pertes nettes de plus en plus élevées (2,2 millions en 2023, 2,9 millions en 2024 et 3,9 millions en 2025).

Comtesse du Barry a pourtant connu de beaux moments de gloire. Créée en 1908, elle a très tôt pris le virage de la vente par correspondance, participé à la démocratisation du foie gras et, dans les années 60, à celle des magrets de canards avec André Daguin, l’un des chefs réputés de l’époque… En 2011, quand Maïsadour rachète la marque à sa famille fondatrice, les Lacroix, elle compte alors 63 points de vente (en propre et en franchise) et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. La belle est déjà un peu endormie mais la coopérative, propriétaire de Delpeyrat, pense pouvoir lui redonner toute sa splendeur. Le plan de l’époque ? Jouer la carte de la gastronomie française à l’étranger en ouvrant des boutiques dans les capitales mondiales, tout en reprenant l’expansion en France. Mais le déploiement ne se déroule pas vraiment comme prévu, notamment à cause des difficultés du commerce de centre-ville, et l’aventure finit par coûter cher au groupe du sud-ouest. En 2021, il sort le chéquier pour racheter les 30,5 % de Comtesse du Barry détenus par Idia Capital et Grand Capital Sud Ouest, deux filiales du Crédit Agricole. Puis dernièrement, il convertit 12 millions d’euros de créances en capital, avant d’apurer les pertes de l’entreprise.

Dans son rapport d’activités 2024-2025, la coopérative agricole fait état d’un chiffre d’affaires global de 1,4 milliard d’euros. Son pôle gastronomie, composé notamment des marques de foie gras, pèse 227 millions d’euros, dont 75 % en GMS, essentiellement avec la marque Delpeyrat, alors que Comtesse du Barry ne pèse que 7 % de ce total. Un poids désormais marginal. Dès le mois de septembre dernier, Maïsadour a d’ailleurs formellement sorti cette filiale de son pôle gastronomie, pour la migrer vers sa holding Aramis, une manœuvre en forme de prélude à une cession. Ce qui devrait permettre au groupe de Haut-Mauco, dans les Landes, de se concentrer sur un sujet d’une tout autre ampleur. À savoir son projet de rapprochement à venir avec une autre coopérative, Euralis.