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Grande conso

Contenus pornos promus sur Vinted : l’Arcom alerte son homologue lituanienne

Saisie par la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry, l’autorité indépendante a écrit au régulateur du pays où siège la plateforme de revente de vêtements.

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JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Les révélations de l’Informé ont suscité un vif écho, dans la presse et au gouvernement. Le vendredi 7 novembre, nous avions raconté comment de nombreux profils Vinted détournent le célèbre site de vêtements d’occasion pour promouvoir leur contenu érotique ou pornographique hébergé sur d’autres sites, sous couvert de vendre des habits. Depuis, différentes institutions se sont saisies de l’affaire, qui soulève de sérieuses questions sur la protection des mineurs en ligne. En effet : si officiellement Vinted est « destiné à être utilisé par des personnes de plus de 18 ans », selon les conditions d’utilisation, dans les faits aucun contrôle d’âge ne leur empêche d’y accéder. Ce dimanche 16 novembre, la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry a annoncé avoir saisi l’Arcom, avant d’assurer lundi matin sur France Info : « Quand vous êtes une plateforme aussi grande, aussi importante et aussi familiale que Vinted, vous avez la responsabilité des annonces qui sont sur votre site ».

Selon nos informations, le régulateur indépendant n’a pas traîné : il a écrit aux autorités lituaniennes, où la société a son siège. « L’Arcom confirme avoir été saisie par la haute-commissaire à l’Enfance, indique l’autorité à l’Informé. Le régulateur a, par ailleurs, informé dès vendredi son homologue lituanien, compétent pour superviser les obligations de Vinted issues du règlement sur les services numériques ». De fait, et malgré nos révélations, de nombreux profils continuent d’enfreindre le règlement de Vinted. La société nous avait pourtant confirmé, lors de notre première enquête, que « la promotion de services sexuels est interdite sur Vinted ». Mais le stratagème mis au jour par l’Informé, est bien rodé, et passe régulièrement sous les radars.

Sous prétexte de vendre des maillots ou des dessous, ces profils mettent en ligne des photos suggestives, qui servent en réalité de produit d’appel pour renvoyer vers leur compte Onlyfans ou Mym, plateformes où sont commercialisés des contenus sexuellement explicites sur abonnement. Ou bien vers la messagerie Telegram, où se monnaient là aussi des « nudes », des vidéos pornos, des « cam » ou des sous-vêtements portés. Lors de nos recherches, nous avons interrogé plus de vingt profils usant de cette méthode, dont plusieurs sont toujours en ligne. Comme cette jeune femme qui indique son pseudo Telegram, et nous répond, lorsqu’on la contacte, qu’elle vend des « photos intimes » pour 10 euros, un film où elle se masturbe à 20 euros, voire une « sextape » à 30 euros.

« Chez Vinted, nous appliquons une politique de tolérance zéro en matière de communications sexuelles non sollicitées ou de promotion de services sexuels, et nous n’autorisons pas les images de nudité sur la plateforme, répond une nouvelle fois la société, contactée par l’Informé ce lundi. Nous n’autorisons pas les membres à utiliser les annonces pour promouvoir des sites web pour adultes, et nous prenons des mesures contre les annonces ou les profils de ce type dès que nous en avons connaissance ». Questionné sur les différents signalements, le site indique : « Nous nous tenons également à la disposition des autorités publiques afin de répondre à leurs éventuelles questions et d’avancer ensemble en faveur d’un espace numérique plus sûr ».

Si Vinted n’est pas la seule plateforme à faire face à ces usages détournés, ses 23 millions d’utilisateurs en France lui donnent une force de frappe considérable. Et le gouvernement ne veut pas être encore accusé de retard après la polémique Shein. Fin octobre, après la découverte de poupées à caractère pédopornographique dans les rayons du e-commerçant, des signalements ont été effectués au procureur de la République ou à l’Arcom. Vendredi, dans une assignation dévoilée par l’Informé, le gouvernement a même demandé le blocage du site chinois pour au moins trois mois en France.