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Grande conso

Comment Zara surnage dans un secteur en désolation

L’enseigne renforce sa domination sur l’industrie française de la mode, marquée par les redressements judiciaires, liquidations et rachats.

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Dans un marché français du prêt-à-porter qui s’effiloche, Zara tire son épingle du jeu. L’Informé a récupéré les résultats financiers de l’enseigne dans l’Hexagone (clos en janvier 2023), et ils ont de quoi écœurer la concurrence : son chiffre d’affaires a encore progressé de 28 % sur un an, à 1,6 mi...

Bien-sûr, la société profite d’un effet de comparaison favorable avec l’année 2021, marquée par le troisième confinement durant lequel elle avait dû fermer ses points de vente. Mais l’enseigne fait tout de même bien mieux que le reste du secteur, en plein marasme. Fin août, la marque Naf Naf confirmait sa demande de placement en redressement judiciaire. Elle rejoignait ainsi la longue liste des enseignes en grande difficulté économique, avec Kookaï, qui attend un repreneur, Camaïeu, qui doit se relancer en septembre 2024 après sa liquidation l’automne dernier, Pimkie ou encore San Marina. Le malaise est structurel : d’après le lobby tricolore du prêt-à-porter et de ses distributeurs, l’Alliance du Commerce, le marché local a perdu 7 % de sa valeur entre 2019 et 2022. Déjà en 2017, l’Institut français de la mode (IFM) observait une perte de valeur de 14 % sur les dix années précédentes.

Dans un contexte pareil, comment expliquer la performance de Zara ? D’après Guy-Noël Chatelin, associé au cabinet de conseil EY-Parthenon, la force de l’enseigne réside dans son « agilité à repérer les tendances, les modèles portés par des célébrités ou des influenceurs, et à les reproduire en temps record ». La chaîne s’appuie pour cela sur des processus optimisés, des circuits rationalisés en flux tendus, et tire profit de sa position dominante sur le marché. « Compte tenu des volumes que la marque Zara et sa maison mère Inditex (Massimo Dutti, Bershka, Pull & Bear…) représentent au niveau mondial, ils sont priorisés par ses partenaires industriels et logistiques » lorsqu’il s’agit de répondre aux appels d’offres ou d’honorer les commandes, explique le consultant.

Rouleau compresseur de la mode, le distributeur se montre aussi très réactif pour ouvrir des magasins… ou les fermer, dès qu’il juge leurs performances décevantes. D’après ses comptes, Zara a baissé le rideau de trois boutiques en France l’an dernier, sur la centaine détenue dans le pays.

Sa politique sociale a d’ailleurs suscité des tensions avec les syndicats. En août 2021, la CGT a ainsi saisi le tribunal administratif afin de contester un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), également critiqué par la CFDT, qui décidait du licenciement de 72 salariés. La cour administrative d’appel de Paris a finalement annulé l’homologation du PSE litigieux en janvier 2022. Zara a alors cherché à casser l’arrêt en le portant devant le Conseil d’État, mais l’institution a refusé son pourvoi en décembre 2022.

À noter qu’au niveau mondial, la situation de Zara et de sa maison mère est au beau fixe également : Inditex a publié des profits vertigineux de 2,51 milliards d’euros, en hausse de 40 %, au premier semestre 2023.