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Grande conso

Carrefour s’associe aux supérettes autonomes Api en milieu rural

Le premier magasin autonome Api, développé par une start-up de Nouvelle Aquitaine, va ouvrir ses portes la semaine prochaine en Charente. Une quarantaine devrait suivre, dans des zones délaissées par les commerces, avec un approvisionnement géré auprès de Carrefour.

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API

Revitaliser les campagnes, lutter contre l’isolement, et réimplanter des commerces de proximité à prix accessibles : voilà le (vaste) projet de la start-up française Api. Créée en 2021, elle développe des supérettes autonomes à déployer dans les zones rurales dépourvues d’épiceries. Le 15 novembre à Claix (Charente), la première unité ouvrira ses portes, sur une surface de 40 m2, avec une offre de 700 références (produits frais, surgelés, droguerie hygiène et snacking). Ce magasin, qui n’a pas besoin de personnel permanent pour tourner, sera ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Ce sera le premier d’une longue liste : suivent Marsac en décembre, Sers en janvier, l’entreprise visant 40 adresses à fin 2023… Et l’Informé a appris qu’elle ne s’étendra pas seule. La jeune pousse s’est trouvé un partenaire de renom, Carrefour, qui lui fournira l’essentiel des produits en rayon. 70% de l’offre sera ainsi composée de marque distributeur Carrefour pour répondre à la demande de prix accessibles.

Avec API, point de magasins autonomes façon Amazon Go (des supérettes sans personnel bourrées de caméras et de capteurs pour analyser les mouvements et les articles pris en main) ou Carrefour Flash (un test du même ordre lancé à Paris en novembre 2021). Les trois co-fondateurs, Alex Grammatico, Julien Nau et Jean-Luc Treillou, revendiquent des échoppes low tech, avec un dispositif simple déniché dans les pays nordiques. Pour entrer dans le magasin, il suffit de disposer de l’application Api sur son smartphone (il est également possible de demander sa carte nominative au maire du village). Elle génère un QR code qui, passé devant un capteur à l’entrée, débloque la porte. Une fois dans le point de vente, il n’y a plus qu’à faire ses emplettes, scanner les produits à la caisse, et payer en carte bancaire, ou directement via l’appli.

Un magasin sans personnel, aux prix calqués sur les supermarchés

« Nous serons très vigilants sur les prix que nous allons pratiquer, assure Marie-Laure Basset, directrice générale d’Api, une entreprise à mission. L’idée est d’aller au-delà de simples courses de dépannage.  » Pour assurer le remplissage des supérettes, un gestionnaire de magasin sera présent tous les jours à heure fixe. Au-delà des produits Carrefour, API souhaite également mettre en avant des producteurs locaux, qui disposeront gratuitement d’un espace pour proposer leurs produits. Et pour assurer le développement et faciliter la gestion de ces supérettes, les implantations se feront idéalement par grappes de 5 magasins sur un territoire donné. Les besoins pour poser une boîte sont simples : un terrain viabilisé, un accès à l’électricité et c’est tout. Le magasin, conçu sur un modèle de mobil-home, peut être déplacé facilement si nécessaire.

Pour Carrefour, aucun investissement coûteux en vue : le groupe ne fera qu’alimenter les stocks des points de vente. L’intérêt ? Profiter d’un petit courant d’affaires supplémentaire. Mais aussi mettre en avant, une nouvelle fois ses marques de distributeur, sur laquelle l’entreprise compte beaucoup, surtout en cette période d’inflation et de crise du pouvoir d’achat. La directrice générale d’Api nous a précisé qu’à ce jour, il n’existait pas de lien capitalistique entre Api et Carrefour. Mais qui sait, un jour…