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Grande conso

Arthur perd face aux Benetton dans l’affaire des dosettes de café

Depuis dix ans, l’animateur de TF1 réclamait 14 millions d’euros suite à un investissement malheureux dans une société suisse rivale de Nespresso.

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Colin Max/ABACA

Arthur aura (vraiment) tout tenté mais, cette fois, c’est terminé. La Cour de cassation vient de mettre un terme définitif à un combat que l’animateur mène depuis onze ans contre la famille Benetton : la haute juridiction a rejeté son ultime pourvoi. L‘objet de cette bataille corsée ? Ethical Coffee ...

Mécontent de voir son argent s’évaporer dans les vapeurs de café, le présentateur de Vendredi tout est permis avait attaqué en justice 21 Centrale Partners et ses anciens dirigeants Alessandro Benetton, Gérard Pluvinet et Cédric Abitbol. Il leur réclamait 14 millions d’euros correspondant à son investissement malheureux et aux opportunités que cette opération lui a fait rater, telle que le rachat de l’hôtel Mercure de la porte de Versailles à Paris.

Son argument ? Il aurait investi en 2010 sur la base d’un plan d’affaires élaboré par 21 Centrale Partners « mensonger » et « totalement faux », selon lui. Il est vrai que ce business plan reposait sur des prévisions très optimistes : 4 milliards de capsules vendues et un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros en 2011. La réalité sera toute autre avec des revenus 40 fois inférieurs, plombés par une bataille juridique engagée par Nespresso…

Pour confirmer ses dires, Arthur a même obtenu une attestation en sa faveur de Jean-Paul Gaillard, président fondateur d’ECC et ancien cadre de Nespresso. Malgré cela, l’animateur a été débouté fin 2020 par le tribunal de commerce de Bobigny, qui l’a condamné à payer 50 000 euros de frais de justice. « Le business plan ne repose pas sur des hypothèses fantaisistes », ont estimé les juges consulaires. En effet, les prévisions reposaient sur un objectif de vente de capsules fixé par le patron, Jean-Paul Gaillard lui-même. Il avait ensuite été validé par les cabinets Kurt Salmon et Deloitte, et corroboré par la banque Rothschild. Par ailleurs, une nouvelle levée de fonds avait eu lieu en 2014-15 sur une valorisation encore plus élevée. Arthur aurait d’ailleurs pu vendre ses actions à cette occasion, mais le tribunal relève qu’il ne l’a pas fait…

Tenace, l’animateur télé n’a pas lâché l’affaire et contesté ce jugement, toujours en vain. En novembre 2022, la cour d’appel de Paris l’a débouté, et condamné à payer 25 000 euros de frais de procédure. Les juges d’appel ont estimé sa plainte irrecevable pour des raisons de forme. Ils ont rappelé qu’Arthur avait investi dans ECC via sa holding française Arthur World Finance. Ensuite, il avait transféré toutes les participations d’Arthur World Finance vers une nouvelle structure créée au Luxembourg et baptisée AW Equity. Cette opération avait eu lieu le 4 mai 2012, deux jours avant l’élection de François Hollande qui avait promis de taxer les très hauts revenus… Ce transfert vers un paradis fiscal fera d’ailleurs scandale lorsqu’il sera révélé quelques mois plus tard par Charlie Hebdo et Mediapart, mais c’est une autre histoire. Finalement, la procédure contre les Benetton avait été lancée par la société luxembourgeoise. Seulement voilà, les juges d’appel ont estimé qu’elle n’était pas compétente pour le faire. Pour eux, c’était la holding française qui avait subi le préjudice, et donc elle qui aurait dû saisir la justice. Arthur s’est alors pourvu en cassation, Mais sa plainte vient donc, une nouvelle fois, d’être jugée irrecevable. Le présentateur de Vendredi tout est permis avait aussi attaqué en justice les Benetton en Italie, mais sans succès là encore.

Reste un dernier volet de l’affaire. La vedette a récemment intenté un procès, avec neuf autres investisseurs d’ECC, contre Nespresso cette fois, selon la Tribune de Genève. Tous réclament 278 millions de francs suisses (300 millions d’euros) pour avoir bloqué durant trois ans la commercialisation de leurs dosettes. Une procédure de conciliation devait se tenir en février.

Contactée, la porte-parole d’Arthur Françoise Doux n’a pas souhaité faire de commentaire.