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Médias - Culture

Andreane Chamberland obtient moins qu’espéré après son accident dans Les Anges

Victime d’une chute sur le tournage des Vacances des Anges 3 sur NRJ12, elle avait réclamé des indemnités à la société de production.

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Domine Jerome / Domine Jerome/ABACA

C’est une victoire en demi-teinte. Le 16 octobre dernier, la Cour d’appel de Paris a condamné la Grosse Équipe, société de production de l’émission dérivée des Anges de la téléréalité Les vacances des Anges à verser 13 000 euros à son ancienne salariée, Andreane Chamberland. C’est bien moins que ce qui lui avait été accordé en première instance : le conseil des prud’hommes de Paris préconisait alors de lui attribuer 71 000 euros, soit 58 000 euros de plus. Pour comprendre l’affaire, retour en 2016, quand la Québécoise se révèle au public avec sa participation aux Anges de la téléréalité 8 à Hawaï, diffusés sur NRJ12. Elle y marquera notamment les esprits pour avoir été la cible d’une autre « ange », Jazz Correia, lors d’une séquence très médiatisée. Deux ans plus tard, la Canadienne est invitée à participer aux Vacances des Anges 3, autre programme de la Grosse Équipe, toujours sur NRJ12. Pour cette seconde émission, tournée du 24 au 31 mai 2018, Andreane Chamberland est alors engagée en tant qu’ « intervenante spécialisée statut cadre ». Pour cela, elle doit toucher 5 515 euros en tout.

Mais quelques jours seulement après le début du tournage en Espagne, l’influenceuse suivie par 606 000 personnes sur Instagram est victime d’un accident, lors d’une sortie en buggy conduit par un autre participant. Lourdement blessée au visage, à la clavicule et à l’épaule, la jeune femme doit alors être hospitalisée et ne peut poursuivre l’émission. Devant le refus de la Grosse Équipe de lui accorder une indemnité, elle décide d’attaquer la boîte de prod’, devant le conseil de prud’hommes de Paris pour manquement à l’obligation de sécurité, travail dissimulé et perte de chance de conclure des partenariats commerciaux. Avec succès : le 29 janvier 2021, la juridiction lui a accordé 20 000 euros de dommages et intérêts pour manquement à l’obligation de sécurité et perte de chance, ainsi que près de 52 000 euros d’indemnité pour travail dissimulé.

Une décision dont la Grosse Équipe, depuis rachetée par Arthur, a fait appel. De son côté, la Canadienne a demandé lors de cette procédure de deuxième instance plus de 160 000 euros à son employeur. Pour justifier une partie de cette somme réclamée au titre d’heures supplémentaires effectuées, la candidate a expliqué avoir « été amenée à travailler 7 jours sur 7 et été filmée 24 heures sur 24, étant ainsi à la disposition de son employeur ». Un argument auquel la Cour a été sensible : « contractuellement, la salariée était susceptible d’être filmée, jour et nuit, sans aucun moment de pause. Elle était ainsi, sur l’ensemble de la relation de travail, à la disposition de son employeur ». Pour cela, 1 500 euros de rappel de salaires lui ont été accordés. La même somme lui a également été accordée pour réparer son droit à repos quotidien qui n’avait pas été respecté.

Concernant le manquement à l’obligation de sécurité, la candidate a fait notamment valoir que, malgré sa demande, elle n’avait pu obtenir un casque de sécurité pour monter sur le buggy « au motif que cela ne serait pas esthétique ». En sus, « le conducteur roulait à une vitesse élevée et n’a pu éviter une pierre présente sur la route » : la Grosse Équipe « ne pouvait ignorer le danger de cette activité », menée « sur des routes tortueuses de montagne ». Ici aussi, la Cour a acquiescé et ordonné à la Grosse Équipe de verser 10 000 euros de dommages et intérêts à Andreane Chamberland.

C’est au niveau de la notion de travail dissimulé que la Cour a opéré un revirement. Estimant que le paiement d’une indemnité pour travail dissimulé n’était possible que lors de la rupture d’un contrat de travail et qu’il n’y avait ici pas eu de rupture, la juridiction a infirmé le jugement de première instance, qui prévoyait le versement de 52 000 euros. Aussi, la juridiction a déclaré irrecevable la demande de compensation liée à la perte de chance de conclure des partenariats commerciaux.

Interrogé, le conseil de la Grosse Équipe Bettina Sion salue une décision « logique ». « Les modifications par rapport au jugement de première instance sont justifiées clairement par la Cour d’appel, indique l’avocate. Le travail dissimulé n’est pas qualifié, cela devait donc être infirmé et ça a été le cas. »