Énergie - Environnement

Succession au CEA : la liste de candidats s’allonge

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Dans l’attente de la désignation de l’administrateur général qui succédera à François Jacq à la tête du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, de nouveaux noms émergent.

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VOISIN / Phanie via AFP

Le 29 avril, les commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat ont donné leur aval pour que l’actuel administrateur général (AG) du CEA François Jacq soit transféré à la tête du Centre national d’études spatiales (CNES). Le suspense reste maintenant entier sur le choix de son propre successeur. Un premier round d’entretiens de candidats était prévu à l’Élysée le 6 mai. Mais la sélection du futur administrateur étant entre les mains de cinq acteurs différents (la présidence de la République, Matignon et les trois ministères de tutelle de l’organisme - recherche, armées, énergie et industrie -), le processus pourrait prendre un moment.

Plusieurs candidats sont d’ores et déjà connus. Le premier tiercé comptait des dirigeants proches du CEA : François Gauché, comme l’avait révélé l’Informé le 27 mars, mais aussi Anne-Isabelle Etienvre et David Emond, cités par La Tribune. Le premier, actuellement chez Framatome où il pilote l’entité Healthcare, est un habitué de l’organisme. Il en a géré la direction de l’énergie nucléaire et le programme des réacteurs de 4e génération. Son pedigree a tout pour séduire le nouveau patron d’EDF Bernard Fontana, qui avait d’ailleurs lui-même fait venir cet X-Mines au sein de Framatome, quand François Gauché avait quitté le CEA en froid avec l’administrateur général. Son profil aurait par ailleurs les faveurs du ministère des armées.

Autre postulant issu de la maison : David Emond. Également polytechnicien et ingénieur des mines, il est arrivé au CEA en juin 2019 à l’initiative de François Jacq pour prendre la tête du réacteur de recherche Jules Horowitz - le RJH - en construction à Cadarache. Mais il ne s’entend guère avec Bernard Fontana, qui l’a croisé chez Framatome et l’a volontiers laissé partir au Commissariat à l’énergie atomique.

Anne-Isabelle Etienvre, directrice de la recherche fondamentale au CEA depuis 2023, figure aussi dans les favoris. L’intéressée connaît bien la boutique où elle a travaillé pendant 18 ans, dont six à la tête de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers (Irfu). Cette diplômée de l’ENS et docteur en physique des particules n’a pas pour elle d’appartenir au corps des mines mais peut se prévaloir d’un passage comme conseillère recherche au cabinet de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Sylvie Retailleau, entre 2022 et 2023. Un atout qui ne manquera pas de lui offrir le soutien du ministère de la recherche dans les discussions sur la désignation de l’AG.

À combien a été embauché l’administrateur général du CEA ?

Nommé administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives en 2018, à la suite de Daniel Verwaerde, François Jacq s’est vu attribuer à son arrivée une rémunération annuelle brute de 257 250 euros. Celle-ci est composée d’une part fixe de 210 000 euros et d’une part variable sur objectifs de 47 250 euros.

Mais d’autres profils commencent émerger, comme celui de Sophie Mourlon, actuelle directrice générale de l’énergie et du climat (DGEC). « Son nom est anticipé depuis un moment », gage un spécialiste du secteur. « C’est une possibilité tout à fait envisageable », confirme un autre. Directrice générale adjointe, entre 2011 et 2014, de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) - devenue Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) en 2025 -, elle y avait aussi piloté la direction des équipements sous pression entre 2005 et 2007 et travaillé au bureau de contrôle des chaudières nucléaires. Polytechnicienne, elle est par ailleurs ingénieur du corps des mines, double sésame précieux pour les atomiciens (huit administrateurs du CEA sur les 15 qui y ont été nommés avaient suivi ce cursus).

En attendant la fumée blanche, dans l’hypothèse où la sélection s’éterniserait, la mission d’AG pourrait être confiée par intérim à la secrétaire générale actuelle de l’organisme Marie-Astrid Ravon-Berenguer.

Contactés, David Emond et François Gauché n’ont pas souhaité faire de commentaires ;  Anne-Isabelle Etienvre n’a pas réagi à nos sollicitations et Sophie Mourlon n’était pas en mesure de nous répondre au moment de la parution de cet article.

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